Formation médicale, repensée.
Trois cours complets pour le médecin généraliste, fondés sur les recommandations les plus récentes et adaptés à la réalité du cabinet en Tunisie. Chaque module combine cours synthétique, cas clinique, QCM commenté et algorithme décisionnel.
Sources de référence
- 1. ESC 2024 — Management of elevated blood pressure and hypertension
- 2. IDSA 2025 — Complicated Urinary Tract Infections
- 3. AAP Bronchiolitis 2014 (réaffirmée 2024) + RSV Prevention 2025
- 4. Adaptations CNAM Tunisie · médicaments locaux disponibles
Choisir un module
Hypertension artérielle : la révolution ESC 2024
Nouveaux seuils, nouvelle classification « PA élevée », bithérapie d'emblée, place des SGLT2i, dépistage de l'hyperaldostéronisme.
Infections urinaires : refonte IDSA 2025
Nouvelle classification, antibiothérapie de 1ʳᵉ ligne, durées raccourcies, place des fluoroquinolones, switch IV→PO.
Bronchiolite : moins en faire, mieux soigner
Diagnostic clinique, soins de support, critères d'hospitalisation, place du nirsévimab et de la vaccination maternelle.
Diabète type 2 : les standards ADA 2025
Cibles glycémiques, algorithme médicamenteux, place des SGLT2i et GLP-1 RA, prévention cardiovasculaire et rénale.
Pneumonie communautaire : stratification et traitement
Score CRB-65, antibiothérapie selon sévérité, durées raccourcies, critères d'hospitalisation, particularités tunisiennes.
Dyslipidémie : ESC 2024 et cibles LDL agressives
Nouvelles cibles LDL selon le risque CV, statines, ézétimibe, inhibiteurs PCSK9, traitement non-pharmacologique.
Fibrillation auriculaire : ABC de la prise en charge
Anticoagulation (AOD vs AVK), score CHA₂DS₂-VASc, contrôle de fréquence, cardioversion, ablation.
Dépistage des cancers fréquents en MG
Cancer colorectal, sein, col utérin, prostate, poumon : recommandations 2024, rôle du MG, dépistage en Tunisie.
Douleur thoracique et SCA : triage au cabinet
Diagnostic différentiel, score HEART, ECG clés, prise en charge pré-hospitalière, délais door-to-balloon.
Insuffisance cardiaque : les 4 piliers thérapeutiques
IEC/ARA2/ARNI, bêtabloquants, ARM, SGLT2i — indications, cibles de dose, suivi ambulatoire.
Hypothyroïdie : diagnostic et suivi en MG
Interprétation TSH, Hashimoto, traitement substitutif par lévothyroxine, populations particulières (grossesse, sujet âgé).
BPCO et Asthme adulte : GOLD 2025 & GINA 2024
Diagnostic spirométrique, classification GOLD, bronchodilatateurs LAMA/LABA/CSI, exacerbations, plans d'action asthme.
Hypertension artérielle
D'après les ESC 2024 Guidelines for the management of elevated blood pressure and hypertension · Eur Heart J 2024
Le cours
Définition et épidémiologie
L'hypertension artérielle (HTA) reste la première cause modifiable de mortalité cardiovasculaire mondiale. En Tunisie, sa prévalence est estimée à 30-35 % chez l'adulte, avec un taux de contrôle inférieur à 30 %. Le médecin généraliste est en première ligne pour son dépistage, son diagnostic et son suivi.
Les ESC 2024 ont introduit une nouvelle classification simplifiée en trois catégories, fondée sur la mesure de PA en cabinet (au moins deux mesures, à deux consultations distinctes, avec appareil validé).
| Catégorie | PAS (mmHg) | PAD (mmHg) | Conduite |
|---|---|---|---|
| PA non élevée | < 120 | < 70 | Hygiène de vie, suivi à 5 ans |
| PA élevée (nouveau) | 120-139 | 70-89 | Évaluation risque CV, traitement si haut risque |
| Hypertension | ≥ 140 | ≥ 90 | Confirmation hors cabinet, traitement |
Physiopathologie en bref
L'HTA résulte d'une interaction complexe entre facteurs génétiques, environnementaux (excès de sel, sédentarité, alcool, stress, obésité) et hormonaux (système rénine-angiotensine-aldostérone, catécholamines). 90-95 % des HTA sont essentielles ; 5-10 % sont secondaires (hyperaldostéronisme primaire +++, sténose des artères rénales, phéochromocytome, Cushing, SAOS).
Confirmer le diagnostic
La PA mesurée au cabinet est sujette à l'effet blouse blanche (PA cabinet élevée mais normale en ambulatoire) et à l'HTA masquée (PA cabinet normale mais élevée en ambulatoire). Les ESC 2024 renforcent fortement la place des mesures hors cabinet.
Méthode de mesure correcte au cabinet :
- Patient au repos depuis 5 minutes, assis, dos calé, pieds au sol
- Brassard adapté au tour de bras, posé sur peau nue
- Bras à hauteur du cœur, au repos sur la table
- Au moins 2 mesures espacées d'1-2 minutes ; faire la moyenne
- Mesurer aux deux bras à la 1ʳᵉ consultation (retenir la valeur la plus élevée)
- Pas de tabac, café, ou exercice dans les 30 minutes précédentes
Mesure ambulatoire (essentielle !)
| Méthode | Seuils HTA | Avantages |
|---|---|---|
| MAPA 24 h | Diurne ≥ 135/85 Nocturne ≥ 120/70 24h ≥ 130/80 | Référence, détection « non-dippers », HTA nocturne |
| Auto-mesure (HBPM) | Moyenne ≥ 135/85 | Disponible, observance, suivi long terme |
Protocole d'auto-mesure recommandé : appareil oscillométrique validé au bras, 3 mesures matin + 3 mesures soir pendant 7 jours consécutifs ; éliminer le 1ᵉʳ jour ; faire la moyenne des autres mesures.
Bilan initial du patient hypertendu
Le bilan vise à : (1) confirmer le diagnostic, (2) évaluer le retentissement (atteinte d'organes cibles), (3) chercher une cause secondaire, (4) stratifier le risque cardiovasculaire global.
| Examen | Recherche |
|---|---|
| Ionogramme + créat + DFG | IRC, hypokaliémie (orientation hyperaldo) |
| Glycémie à jeun + HbA1c | Diabète associé |
| Bilan lipidique (EAL) | Risque CV global |
| BU + microalbuminurie | Atteinte rénale précoce |
| ECG 12 dérivations | HVG, ischémie, troubles du rythme |
| NFS · TSH · acide urique | Bilan général · comorbidités |
| Rapport aldostérone/rénine (nouveau) | Hyperaldostéronisme primaire (5-10 % des HTA !) |
Évaluation du risque cardiovasculaire
Utiliser SCORE2 (40-69 ans) ou SCORE2-OP (70-89 ans). Patients automatiquement haut risque : ATCD de maladie CV, diabète avec atteinte d'organe, IRC sévère, hypercholestérolémie familiale, HTA grade 3 (≥ 180/110).
Mesures hygiéno-diététiques (à TOUS les patients)
- Réduction du sel : viser < 5 g/j (~ 2 g de sodium). Effet attendu : -4 à -5 mmHg de PAS
- Augmentation du potassium alimentaire (fruits, légumes, légumineuses) sauf si IRC. Nouveauté ESC 2024
- Activité physique : ≥ 150 min/sem aérobie modérée + renforcement 2-3 fois/sem
- Perte de poids si IMC > 25 (1 kg perdu = ~1 mmHg de PAS en moins)
- Réduction de l'alcool : < 100 g/sem ; l'abstinence est préférée selon ESC 2024
- Arrêt du tabac : impact CV majeur
- Régime DASH ou méditerranéen : -8 à -14 mmHg de PAS
Traitement médicamenteux : la stratégie 2024
Les ESC 2024 confirment le principe de bithérapie d'emblée chez la majorité des patients, en privilégiant la combinaison fixe (single-pill combination) pour améliorer l'observance.
Exceptions où monothérapie possible : sujet âgé fragile, HTA grade 1 à faible risque, certains effets indésirables anticipés.
| Combinaison préférée | Exemples (Tunisie) | Indications |
|---|---|---|
| IEC ou ARA2 + Inhibiteur calcique | Périndopril/Amlodipine, Valsartan/Amlodipine | Première intention chez la plupart |
| IEC ou ARA2 + Diurétique thiazidique | Périndopril/Indapamide, Losartan/HCT | HTA + œdèmes, sujet âgé, IC |
| IEC/ARA2 + ICA + Thiazidique | Triple combinaison fixe | HTA non contrôlée sous bithérapie |
| + Spironolactone | 25-50 mg/j | HTA résistante (4ᵉ ligne) |
Cible tensionnelle : la stratégie « opt-out »
Pour la plupart des patients, viser une PAS entre 120 et 129 mmHg si la cible est tolérée. Pour la PAD, < 80 mmHg.
| Population | Cible PAS | Cible PAD |
|---|---|---|
| Adulte général HTA | 120-129 mmHg | < 80 mmHg |
| Sujet âgé robuste < 85 ans | 120-129 mmHg si toléré | < 80 mmHg |
| Sujet âgé fragile ou ≥ 85 ans | < 140 mmHg | < 90 mmHg |
| Diabète, IRC, post-AVC | 120-129 mmHg | < 80 mmHg |
| HTA + intolérance | < 140 mmHg | < 90 mmHg |
SGLT2i et HTA : la nouveauté
Les inhibiteurs du SGLT2 (dapagliflozine, empagliflozine) sont désormais recommandés en cas d'HTA associée à : DT2, insuffisance cardiaque, IRC (DFG ≥ 20). Effet anti-HTA modéré (-3 à -5 mmHg) mais bénéfice cardio-rénal majeur.
Rythme du suivi
- Initiation : contrôle PA à 2-4 semaines
- Adaptation : contrôle à 4-8 semaines après chaque changement
- Patient stable contrôlé : tous les 3-6 mois
- Bilan annuel : ionogramme, créat, glycémie, EAL, BU, ECG si modifications
- Auto-mesure : 1 série de 7 jours avant chaque consultation de suivi
HTA résistante
PA non contrôlée malgré ≥ 3 antihypertenseurs (dont un diurétique) à doses optimales. Démarche :
- Vérifier l'observance
- Éliminer une pseudo-résistance (effet blouse blanche)
- Rechercher une HTA secondaire (hyperaldostéronisme +++, SAOS, sténose A. rénale)
- Optimiser le traitement : ajout de spironolactone 25-50 mg
- Discuter une dénervation rénale (centre expert) — Classe IIb 2024
- Confirmer l'HTA hors cabinet (MAPA / HBPM) avant de traiter
- Nouvelle catégorie « PA élevée » 120-139/70-89 : à traiter si haut risque CV
- Cible PAS 120-129 mmHg chez la majorité (stratégie opt-out)
- Bithérapie d'emblée en combinaison fixe pour l'observance
- Dépistage systématique de l'hyperaldostéronisme chez tout HTA
- SGLT2i si HTA + DT2/IRC/IC
Le cas
Comment confirmer l'HTA non contrôlée ? Quel objectif viser ? Quelle stratégie thérapeutique ? Cinq questions pour structurer votre raisonnement.
Confirmer le diagnostic
Nouvelle classification
Objectif tensionnel
Stratégie thérapeutique
Bilan associé
L'arbre décisionnel
+ Mesures hygiéno-diététiques
puis + Spironolactone (HTA résistante)
Auto-mesure régulière
Pas de traitement médicamenteux
Mesures hygiéno-diététiques
Infections urinaires
D'après IDSA 2025 Clinical Practice Guideline · Complicated Urinary Tract Infections (Trautner et al.)
Le cours
Épidémiologie
Les infections urinaires (IU) sont l'une des infections bactériennes les plus fréquentes en médecine générale. Une femme sur deux aura au moins un épisode au cours de sa vie ; chez l'homme, le risque est plus faible (~14 %) mais augmente nettement après 50 ans.
Le germe principal est Escherichia coli (70-90 % des cystites simples), suivi par Proteus mirabilis, Klebsiella pneumoniae, Staphylococcus saprophyticus. La résistance bactérienne (notamment aux fluoroquinolones et au TMP-SMX) augmente fortement, justifiant une refonte des recommandations IDSA en juillet 2025.
La nouvelle classification IDSA 2025
L'IDSA a simplifié la classification en se basant sur des éléments cliniques observables au point de soins, plutôt que sur des facteurs anatomiques :
| Type | Définition | Cliniquement |
|---|---|---|
| IU non compliquée (cystite simple) | Infection limitée à la vessie | Brûlures, pollakiurie, urgenturie Sans fièvre, lombalgie, signe systémique |
| IU compliquée | Infection ayant dépassé la vessie | Fièvre, frissons, lombalgie, sepsis Pyélonéphrite, présence de cathéter |
Cas particuliers à connaître
- Bactériurie asymptomatique : présence de bactéries sans symptôme. Ne se traite pas, sauf : grossesse, geste urologique invasif programmé.
- Cystite récidivante : ≥ 2 épisodes/6 mois ou ≥ 3 épisodes/an. Bilan urologique.
- IU homme : toujours faire un ECBU. Souvent associée à une atteinte prostatique.
- IU sur sonde : très fréquente. Ne traiter que si symptomatique. Retirer ou changer la sonde.
- Pyélonéphrite : forme typique d'IU compliquée. Fièvre + lombalgie + signes urinaires.
Cystite simple : diagnostic clinique
Chez la femme, devant des signes urinaires bas (brûlures, pollakiurie, impériosité) sans fièvre ni douleur lombaire, le diagnostic repose sur :
- L'interrogatoire et l'examen clinique (apyrétique, pas de douleur lombaire)
- La bandelette urinaire (BU) : leucocytes (+) et/ou nitrites (+) sur 1ʳᵉ miction du matin (ou ≥ 4 h après)
Interprétation BU : Leucocytes (+) ET nitrites (+) = très évocateur ; Leucocytes (+) seuls = possible ; BU complètement négative = très bonne valeur prédictive négative.
Quand faire un ECBU ?
L'ECBU n'est pas systématique pour une cystite simple chez la femme. Indications absolues :
- Grossesse
- Échec du traitement de 1ʳᵉ intention
- Cystite récidivante (≥ 2/6 mois ou ≥ 3/an)
- Terrain particulier (diabète déséquilibré, immunodépression sévère)
- Toujours chez l'homme
- Suspicion d'IU compliquée (fièvre, lombalgie)
- Pyélonéphrite (avant antibiothérapie)
- Sondage urinaire avec symptômes
Seuils de positivité ECBU : leucocyturie ≥ 10⁴/mL + bactériurie ≥ 10³/mL chez la femme symptomatique (E. coli) ; ≥ 10⁵/mL pour les autres germes.
Quand faire une imagerie ?
- Cystite simple : aucune imagerie
- Cystite récidivante : échographie rénale et vésicale
- Pyélonéphrite simple : échographie dans les 24 h pour éliminer obstacle
- Pyélonéphrite compliquée / sepsis : uroscanner
- IU homme récidivante : échographie endo-rectale, uroscanner
Cystite simple : 1ʳᵉ ligne
Les antibiotiques de 1ʳᵉ intention sont ceux qui combinent excellente efficacité, faible résistance, peu d'effets secondaires, et préservation des autres antibiotiques.
| Antibiotique | Posologie | Durée | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Fosfomycine-trométamol | 3 g PO | Dose unique | 1ʳᵉ ligne · Monuril® · à jeun, le soir, après miction |
| Nitrofurantoïne | 100 mg × 2/j PO | 5 jours | 1ʳᵉ ligne · CI si DFG < 30, fin de grossesse |
| Pivmécillinam | 400 mg × 3/j PO | 5 jours | 2ᵉ ligne · disponibilité variable |
- Fluoroquinolones : risques d'EI graves (tendinopathies, anévrysmes aortiques, troubles psychiatriques, allongement QT).
- Amoxicilline et amoxicilline-clavulanate : taux de résistance élevés (> 30 %).
- TMP-SMX : utilisable seulement si résistance locale < 20 %.
- C3G orales : sélection forte de BLSE.
Pyélonéphrite aiguë / IU compliquée sans gravité
Démarche en 4 étapes : (1) ECBU avant ATB, (2) bilan minimal, (3) ATB probabiliste, (4) imagerie selon contexte.
| Antibiotique probabiliste | Posologie | Durée totale |
|---|---|---|
| Ceftriaxone (C3G) | 1 g IM ou IV/j | 7 jours (avec relais PO) |
| Ciprofloxacine PO | 500 mg × 2/j | 5-7 jours |
| Lévofloxacine PO | 500-750 mg/j | 5-7 jours |
Choix de la fluoroquinolone : uniquement si pas d'exposition aux FQ dans les 12 derniers mois. Vérifier l'antibiogramme dès qu'il est disponible.
IU compliquée avec sepsis
- Hospitalisation
- Antibiothérapie IV : C3G (ceftriaxone, céfépime) ± aminoside (gentamicine 5-7 mg/kg ×1/j pendant 48-72 h)
- Si suspicion de BLSE : carbapénème (imipénème, méropénème, ertapénème)
- Adaptation rapide selon l'antibiogramme
Switch IV → PO et durée
- Amélioration clinique (apyrexie depuis ≥ 24-48 h, hémodynamique stable)
- Tolérance digestive de la voie orale
- Disponibilité d'un antibiotique oral efficace selon l'antibiogramme
Durées raccourcies (IDSA 2025) : 5-7 jours si fluoroquinolone, 7 jours si non-fluoroquinolone. 7 jours si bactériémie associée. Cette durée s'applique même chez l'homme (avant on traitait 14-21 jours).
Cystite récidivante
Définition : ≥ 2 épisodes en 6 mois ou ≥ 3 épisodes/an. Démarche :
- ECBU à chaque épisode avec antibiogramme
- Bilan urologique : échographie rénale et vésicale (résidu post-mictionnel)
- Mesures préventives :
- Hydratation abondante (≥ 1,5 L/j)
- Mictions régulières, miction post-coïtale
- Hygiène intime : essuyage d'avant en arrière
- Lutter contre la constipation
- Canneberge (cranberry) : niveau de preuve faible
- Œstrogènes locaux chez la femme ménopausée (preuves modérées)
- Antibioprophylaxie à discuter en dernier recours
IU et grossesse
Toute bactériurie doit être traitée, même asymptomatique.
- BU systématique à chaque consultation prénatale, ECBU si BU positive
- ECBU systématique au 4ᵉ mois
- Antibiotiques utilisables : pivmécillinam, fosfomycine, nitrofurantoïne (sauf en fin de grossesse), C3G
- Contre-indiqués : fluoroquinolones, tétracyclines, sulfamides au 3ᵉ trimestre
- Durée : 7 jours pour cystite (pas de dose unique)
IU chez l'homme
Toute IU chez l'homme est considérée comme potentiellement compliquée (atteinte prostatique fréquente).
- ECBU systématique avant antibiothérapie
- Examen clinique : TR pour rechercher prostatite
- Antibiothérapie : fluoroquinolone ou TMP-SMX (bonne diffusion prostatique) selon antibiogramme
- Durée : 7 jours pour cystite simple (IDSA 2025), 14 jours si prostatite, jusqu'à 21-28 jours si prostatite chronique
- Bilan urologique si récidive
IU sur sonde
- Bactériurie asymptomatique sur sonde : ne pas traiter
- Traiter uniquement si signes cliniques (fièvre, sepsis)
- Retirer ou changer la sonde avant ECBU
- Limiter l'usage des sondes au strict nécessaire
Critères de gravité imposant l'hospitalisation
- Sepsis ou choc septique
- Vomissements empêchant la voie orale
- Doute diagnostique
- Immunodépression sévère
- Obstacle urinaire (lithiase, tumeur)
- Échec d'un traitement ambulatoire
- Conditions sociales défavorables
- Femme enceinte avec PNA
Le cas
Classification
Examens
Traitement 1ʳᵉ ligne
Évolution défavorable
Durée et switch
L'arbre décisionnel
OU Nitrofurantoïne 100 mg ×2 × 5 j
C3G IV ± aminoside
OU Ciprofloxacine 500 ×2 PO
7 j total · switch PO précoce
| Situation | 1ʳᵉ ligne | Durée |
|---|---|---|
| Cystite simple femme | Fosfomycine 3 g PO | Dose unique |
| PNA sans gravité | Ceftriaxone 1 g/j IM/IV → PO | 7 j total |
| IU compliquée + sepsis | C3G IV ± aminoside | 7-10 j |
| IU homme | FQ ou TMP-SMX selon ECBU | 7 j (cystite) à 14 j (prostatite) |
Bronchiolite du nourrisson
D'après AAP Bronchiolitis Clinical Practice Guideline (Ralston 2014, réaffirmée 2024) + AAP RSV Prevention Policy 2025
Le cours
Définition
La bronchiolite aiguë est une infection virale aiguë des voies respiratoires inférieures touchant le nourrisson de 1 à 23 mois, caractérisée par une obstruction des petites voies aériennes (bronchioles) entraînant une dyspnée expiratoire avec sibilants ou crépitants.
C'est la première cause d'hospitalisation du nourrisson de moins d'un an. Pic épidémique en saison froide (octobre-mars). En Tunisie, la saison s'étale d'octobre à février-mars.
Étiologie virale
| Virus | Fréquence | Particularités |
|---|---|---|
| VRS (virus respiratoire syncytial) | 50-80 % | Cause principale · Formes les plus sévères |
| Rhinovirus | 10-30 % | Souvent associé à VRS · Risque accru d'asthme ultérieur |
| Métapneumovirus humain (hMPV) | 5-10 % | Tableau clinique similaire au VRS |
| Parainfluenza, Influenza, Adénovirus, SARS-CoV-2 | Reste | Co-infections fréquentes |
Physiopathologie en bref
Le virus infecte l'épithélium des bronchioles, entraînant : (1) nécrose et desquamation épithéliale, (2) œdème et hypersécrétion de mucus, (3) obstruction luminale par bouchons muqueux et débris cellulaires. Conséquences : distension thoracique, hypoxémie, épuisement respiratoire.
L'inflammation est essentiellement virale et obstructive, pas bronchospastique — c'est pourquoi les bronchodilatateurs et les corticoïdes sont inefficaces.
Facteurs de risque de forme sévère
- Âge < 3 mois (notamment < 6 semaines)
- Prématurité < 32 SA
- Cardiopathie congénitale hémodynamiquement significative
- Dysplasie bronchopulmonaire
- Immunodéficience
- Maladie neuromusculaire
- Trisomie 21
- Tabagisme passif au domicile
- Absence d'allaitement maternel
- Précarité sociale
Diagnostic clinique
Le diagnostic est exclusivement clinique. Aucun examen complémentaire n'est utile en routine.
Tableau typique :
- Phase initiale (J1-J3) : rhinopharyngite (rhinorrhée, toux sèche, fébricule)
- Phase d'état (J3-J5, pic) : toux + dyspnée expiratoire avec polypnée, tirage, sibilants ± crépitants
- Phase de récupération (J5-J14) : amélioration progressive ; toux résiduelle 2-3 semaines
Évaluation de la sévérité
| Sévérité | FR | Tirage | SpO₂ AA | Alimentation |
|---|---|---|---|---|
| Légère | < 60/min | Absent ou minime | ≥ 95 % | Conservée |
| Modérée | 60-70/min | Modéré | 90-94 % | Diminuée (50-75 %) |
| Sévère | > 70/min ou apnées | Marqué (geignement, BAN) | < 90 % | Refus |
Examens complémentaires : ce qu'il NE faut PAS faire en routine
- Radiographie thoracique : n'améliore pas le pronostic, augmente les ATB inappropriés
- Test viral (PCR, immunofluorescence VRS) : n'influence pas la prise en charge
- NFS, CRP, procalcitonine : non discriminants
- Gaz du sang : sauf forme grave
Indications de la radiographie thoracique :
- Doute diagnostique (cardiopathie, corps étranger, pneumonie focale)
- Aggravation clinique secondaire (suspicion de surinfection)
- Forme sévère ne s'améliorant pas comme attendu
- Foyer auscultatoire focalisé
Diagnostics différentiels à évoquer
- Asthme du nourrisson (≥ 3 épisodes de dyspnée sifflante)
- Pneumonie bactérienne (fièvre élevée, foyer focal)
- Inhalation de corps étranger (début brutal, syndrome de pénétration)
- Cardiopathie congénitale décompensée
- Coqueluche (toux quinteuse, apnées chez le très jeune nourrisson)
- Mucoviscidose ou autre pathologie pulmonaire chronique
Le principe : « Less is more »
La bronchiolite ne se traite pas médicamenteusement. Le mantra de l'AAP est moins en faire, mieux soigner. Les soins de support sont la pierre angulaire.
Ce qui marche : les soins de support
- Désobstruction des voies aériennes supérieures : sérum salé physiologique 0,9 % en gouttes nasales + mouche-bébé, avant chaque biberon et au coucher.
- Hydratation : maintenir un apport hydrique correct ; fractionner les biberons ; sonde gastrique ou voie IV si refus alimentaire majeur
- Position proclive à 30°
- Antipyrétique (paracétamol 15 mg/kg toutes les 6 h) si fièvre > 38,5°C
- Aération de la chambre, hygiène des mains des soignants
- Surveillance par les parents avec consignes de reconsultation claires
Ce qui ne marche pas (à NE PAS prescrire)
| Traitement | Recommandation AAP | Pourquoi ? |
|---|---|---|
| Salbutamol nébulisé / spray | NON recommandé | Pas de bénéfice démontré · Pas de bronchospasme |
| Épinéphrine nébulisée | NON recommandée en routine | Effet temporaire · Ne réduit pas l'admission |
| Corticoïdes systémiques | NON recommandés | Aucun bénéfice (Cochrane) |
| Antibiotiques | NON sauf surinfection bactérienne | Origine virale · Sélection de résistance |
| Kinésithérapie respiratoire | NON recommandée | Inefficace · Stressante pour le nourrisson |
| Sérum salé hypertonique aux urgences | NON | Pas de réduction d'hospitalisation |
| Antitussifs, mucolytiques | NON | Inefficaces et potentiellement dangereux |
Cas particuliers : prescriptions encadrées
- Antibiotiques : uniquement si surinfection bactérienne documentée (pneumonie radiologique focale, OMA purulente, IU associée).
- Salbutamol : un essai unique peut être tenté chez l'enfant > 6 mois avec terrain atopique fort, à interrompre si pas de réponse claire.
Oxygénothérapie
- Indication : SpO₂ < 90 % persistante en air ambiant
- Modalités : lunettes nasales basses ou Hood ; ajuster pour SpO₂ entre 92-96 %
- Surveillance : oxymétrie continue en phase aiguë
- HFNC ou VNI en cas d'échec de l'O₂ standard
Hydratation
- Fractionner les biberons
- Désobstruction nasale avant chaque tétée
- Si refus / vomissements : sonde nasogastrique (préférée à la voie IV chez le nourrisson)
- Voie IV si SNG mal tolérée ou contre-indiquée
Critères d'hospitalisation
- SpO₂ < 90 % persistante en air ambiant
- Détresse respiratoire sévère (FR > 70, tirage marqué, geignement, BAN, cyanose)
- Apnées ou pauses respiratoires
- Refus alimentaire ou hydratation impossible
- Signes de déshydratation
- Terrain à risque : âge < 3 mois, prématuré < 32 SA, cardiopathie, immunodéficience, DBP
- Aggravation rapide ou doute diagnostique
- Conditions sociales défavorables
Critères de sortie d'hospitalisation
- Amélioration du travail respiratoire
- SpO₂ ≥ 92 % en air ambiant pendant ≥ 6 h (y compris pendant le sommeil)
- Hydratation et alimentation orale satisfaisantes
- Parents formés à la surveillance et aux signes d'alerte
- Suivi médical organisé (consultation à 48-72 h)
Conseils aux parents (à expliquer SYSTÉMATIQUEMENT)
Évolution attendue : pic des symptômes à J3-J5, amélioration progressive sur 7-14 jours, toux résiduelle possible 2-3 semaines.
Signes d'alerte imposant la reconsultation immédiate :
- Aggravation de la gêne respiratoire (FR rapide, tirage marqué, geignement, cyanose)
- Refus alimentaire majeur (< 50 % de la ration habituelle)
- Déshydratation (couches sèches, fontanelle déprimée)
- Fièvre > 39°C persistante ou apparition tardive
- Somnolence inhabituelle, irritabilité, hypotonie
- Pauses respiratoires (apnées) — surtout chez le nourrisson de moins de 3 mois
Prévention
Mesures non spécifiques :
- Lavage des mains avec solution hydro-alcoolique avant tout contact avec le nourrisson
- Éviter la fumée de tabac au domicile
- Allaitement maternel exclusif jusqu'à 6 mois
- Limiter l'exposition aux personnes enrhumées en saison épidémique
- Aération régulière des pièces
Prévention spécifique du VRS (révolution 2023-2025) :
| Stratégie | Modalités | Indications |
|---|---|---|
| Nirsévimab (Beyfortus®) | AC monoclonal IM Dose unique Protection ~5-6 mois | Tous nourrissons < 8 mois nés pendant ou avant la saison RSV |
| Vaccination maternelle RSVpreF (Abrysvo®) | 1 dose IM 32-36 SA | Femmes enceintes 32-36 SA en saison VRS |
| Palivizumab (ancien standard) | 15 mg/kg IM 1×/mois pendant la saison | Nourrissons à très haut risque, sans accès au nirsévimab |
Le cas
Diagnostic
Traitement
Hospitalisation
Surveillance
Prévention RSV
L'arbre décisionnel
Pas de radio, pas de test viral, pas de bilan
Pas de DR sévère
Alimentation OK
Désobstruction nasale + hydratation
Éducation parentale
Réévaluation à 24-48 h
Tirage modéré
Alimentation difficile
Hospitalisation si pas d'amélioration
DR sévère / apnées
Refus alimentaire
Terrain à risque
O₂ si SpO₂ < 90 %
Hydratation SNG ou IV
HFNC/VNI si échec O₂
- Diagnostic clinique : pas de radio, pas de test viral, pas de bilan en routine
- Less is more : pas de salbutamol, corticoïdes, antibio, kiné
- Soins de support : désobstruction nasale, hydratation, paracétamol si fièvre
- O₂ uniquement si SpO₂ < 90 % persistante
- Critères d'hospitalisation : sévérité clinique > âge seul
- Éducation parentale : signes d'alerte clairement expliqués
- Prévention RSV : nirsévimab ± vaccination maternelle 32-36 SA
Diabète type 2
D'après ADA Standards of Care in Diabetes 2025 · Diabetes Care 2025;48(Suppl.1)
Le cours
Épidémiologie
Le DT2 touche 537 millions de personnes dans le monde (IDF 2021) et représente 90-95 % des cas de diabète. En Tunisie, sa prévalence est estimée à 15,4 % chez l'adulte. C'est la première cause d'insuffisance rénale terminale, de cécité et d'amputation non traumatique dans les pays développés.
Physiopathologie
Le DT2 résulte d'une insulinorésistance progressive (muscle, foie, tissu adipeux) combinée à une insuffisance sécrétoire des cellules β. Les « ominous octet » de DeFronzo décrivent 8 organes impliqués : foie, muscle, graisse, pancréas (β et α), rein, cerveau, intestin.
Critères diagnostiques
| Test | Seuil diagnostique | Remarque |
|---|---|---|
| Glycémie à jeun | ≥ 1,26 g/L (7,0 mmol/L) | À confirmer sur 2 prélèvements |
| HGPO 2h | ≥ 2,0 g/L (11,1 mmol/L) | Après 75 g de glucose |
| HbA1c | ≥ 6,5 % | Méthode certifiée NGSP/DCCT |
| Glycémie aléatoire + symptômes | ≥ 2,0 g/L | Pas de confirmation nécessaire si symptômes |
Dépistage
Dépister tout adulte à risque : IMC ≥ 25 + 1 facteur de risque (ATCD familial, HTA, dyslipidémie, SAOS, sédentarité, ethnie à risque), ou tout adulte ≥ 45 ans. Si normal : redépistage tous les 3 ans.
Évaluation initiale du patient diabétique
| Examen | But | Rythme |
|---|---|---|
| HbA1c | Équilibre glycémique | 3-6 mois (1×/an si stable) |
| Ionogramme + créat + DFG | Néphropathie, IRC | 1×/an |
| Microalbuminurie (RAC) | Atteinte rénale précoce | 1×/an |
| Bilan lipidique | Risque CV global | 1×/an |
| ECG de repos | Cardiopathie ischémique silencieuse | Initial puis selon risque |
| Fond d'œil | Rétinopathie | Tous les 1-2 ans |
| Examen des pieds | Neuropathie, artériopathie | 1×/an (monofilament, pouls) |
| PA + poids + tour de taille | Syndrome métabolique | Chaque consultation |
Cibles glycémiques ADA 2025
| Population | HbA1c cible | Glycémie à jeun | Glycémie post-prandiale (2h) |
|---|---|---|---|
| Adulte général | < 7 % | 0,80-1,30 g/L | < 1,80 g/L |
| Jeune, longue espérance de vie | < 6,5 % | 0,70-1,20 g/L | < 1,60 g/L |
| Sujet âgé fragile, comorbidités | < 8 % (8,5 %) | 1,00-1,80 g/L | < 2,00 g/L |
| Insuffisance rénale terminale | 7-8 % | Individualiser | Individualiser |
Pilier 1 : hygiène de vie (base incontournable)
- Perte de poids ≥ 5-10 % si surpoids — effet majeur sur HbA1c (-0,5 à -1 %)
- Activité physique : ≥ 150 min/semaine d'aérobie + renforcement 2-3×/sem
- Régime méditerranéen ou DASH, pauvre en sucres raffinés et graisses saturées
- Arrêt du tabac et limitation de l'alcool
Pilier 2 : traitement pharmacologique — algorithme ADA 2025
- Si ATCD CV, IC ou IRC : commencer par SGLT2i (dapagliflozine, empagliflozine) ou GLP-1 RA (sémaglutide, liraglutide) indépendamment de l'HbA1c
- Si obésité prédominante : privilégier GLP-1 RA (effet poids -5 à -15 kg) ± SGLT2i
- Si coût/tolérance limitants : metformine en 1ʳᵉ ligne reste acceptable
- Intensification si HbA1c non contrôlée à 3 mois
| Classe | Molécules (Tunisie) | Effet HbA1c | Avantages | Précautions |
|---|---|---|---|---|
| Metformine | 500-2000 mg/j | -0,9 à -1,2 % | Neutre poids, faible coût, CNAM | CI si DFG < 30, arrêt si contraste IV |
| SGLT2i | Dapagliflozine 10 mg, Empagliflozine 10-25 mg | -0,5 à -0,9 % | Cardio-rénal, poids ↓, PA ↓ | Mycoses génitales, DKA euglycémique |
| GLP-1 RA | Sémaglutide SC/PO, Liraglutide | -0,8 à -1,5 % | Poids ↓↓, CV bénéfice | Nausées, coût élevé, CI si gastroparésie |
| Sulfamides | Glimépiride 1-6 mg, Glibenclamide | -0,8 à -1,2 % | Faible coût, CNAM | Hypoglycémie, prise de poids |
| Inhibiteurs DPP-4 | Sitagliptine 100 mg, Saxagliptine | -0,5 à -0,8 % | Neutres CV, bien tolérés | Pancréatite rare, adapter si IRC |
| Insuline | Basale (glargine, détémir), rapide | -1 à -2 % | Efficacité maximale | Hypoglycémie, prise de poids |
Insulinothérapie : quand et comment ?
- HbA1c très élevée (> 10 %) avec symptômes ou catabolisme
- Échec combinaison orale bien conduite
- Commencer par insuline basale (glargine) au coucher : 10 UI puis titrer +2 UI tous les 3 j si Gaj > 1,30 g/L
- Ajouter insuline rapide aux repas si glycémies post-prandiales non contrôlées
Prévention des complications
| Complication | Dépistage | Prévention/Traitement |
|---|---|---|
| Néphropathie | RAC + DFG 1×/an | IEC/ARA2 + SGLT2i si RAC > 30 mg/g |
| Rétinopathie | Fond d'œil 1-2×/an | Contrôle glycémique + HTA, laser si proliférante |
| Neuropathie | Monofilament + pouls annuels | Soins de pied, duloxétine/prégabaline si algique |
| Maladie CV | ECG, selon symptômes | Statine + aspirine si ATCD CV, SGLT2i/GLP-1 RA |
| Pied diabétique | Inspection chaque consultation | Éducation ++ , référence podologie si plaie |
- SGLT2i ou GLP-1 RA en 1ʳᵉ ligne si ATCD CV, IC ou IRC
- Cible HbA1c < 7 % pour la majorité, individualisée
- Dépistage annuel des complications (rein, œil, pied, cœur)
- Fond d'œil + examen des pieds à chaque suivi annuel
- Statine si LDL > 0,7 g/L ou risque CV élevé
Le cas
1ʳᵉ ligne thérapeutique
Cible HbA1c
Surveillance annuelle
Statine et DT2
SGLT2i et rein
L'arbre décisionnel
+ Metformine si DFG ≥ 30
± GLP-1 RA si obésité
+ Metformine
± SGLT2i ou DPP4i selon tolérance
Insuline basale si HbA1c > 10 %
Bilan annuel complications
Pneumonie communautaire
D'après ATS/IDSA CAP Guidelines 2019 + ERS/ESCMID 2023 + adaptations ATBVAC Tunisie
Le cours
Définition
La pneumonie aiguë communautaire (PAC) est une infection du parenchyme pulmonaire acquise en dehors de l'hôpital (ou dans les 48 h suivant l'admission). C'est la première cause de décès par infection dans les pays développés et une cause majeure de mortalité en Tunisie.
Agents responsables
| Agent | Fréquence | Tableau typique |
|---|---|---|
| Streptococcus pneumoniae | 30-40 % | Fièvre brutale, frissons, point de côté, expectoration rouillée |
| Mycoplasma pneumoniae | 15-20 % | Début progressif, toux sèche, sujet jeune, forme atypique |
| Legionella pneumophila | 5-10 % | Fièvre élevée, diarrhée, hyponatrémie, Legionella Ag urinaire + |
| Chlamydia pneumoniae | 5-10 % | Forme atypique, toux persistante |
| Virus (Grippe, COVID-19, RSV) | Variable | Contexte épidémique, début brutal |
| Germes gram-négatifs | < 5 % ambulatoire | Terrain fragilisé, BPCO, alcoolisme |
Score CRB-65 (triage ambulatoire)
| Critère | Valeur | Points |
|---|---|---|
| Confusion | Nouveau trouble de la conscience | 1 |
| Respiratory rate | FR ≥ 30/min | 1 |
| Blood pressure | PAS < 90 mmHg ou PAD ≤ 60 mmHg | 1 |
| 65 | Âge ≥ 65 ans | 1 |
Score 0 : traitement ambulatoire. Score 1-2 : hospitalisation à discuter. Score ≥ 3 : hospitalisation urgente (mortalité ~30 %).
Diagnostic clinique
La PAC associe : signes fonctionnels respiratoires (toux ± expectoration, dyspnée, douleur thoracique) + fièvre + foyer auscultatoire (crépitants, souffle tubaire) + syndrome interstitiel ou alvéolaire radiologique.
Examens paracliniques
| Examen | Indication | Apport |
|---|---|---|
| Radiographie thoracique | Systématique si diagnostic suspecté | Confirmation, étendue, complications (pleurésie, abcès) |
| NFS + CRP + PCT | Si hospitalisation ou doute | Sévérité, orientation étiologique (PCT élevée → bactérien) |
| ECBC | Forme sévère ou hospitalisation | Identification du germe avant ATB |
| Hémocultures × 2 | Forme sévère, fièvre élevée | Bactériémie (20-30 % des PAC sévères) |
| Ag urinaire Legionella | Forme sévère, Legionella suspectée | Sensibilité 70-80 %, spécificité > 97 % |
| PCR respiratoire multiplex | Contexte épidémique (grippe, COVID) | Orientation étiologique virale |
Critères d'hospitalisation
- Score CRB-65 ≥ 1 (hospitalisation à discuter), ≥ 3 (urgente)
- SpO₂ < 92 % en air ambiant
- Épanchement pleural, abcès, atteinte bilatérale étendue
- Terrain immunodéprimé, comorbidités sévères décompensées
- Conditions sociales défavorables, inobservance prévisible
- Absence d'amélioration à 48-72 h de traitement ambulatoire
Antibiothérapie : stratégie par niveau de sévérité
| Situation | 1ʳᵉ intention | Alternative | Durée |
|---|---|---|---|
| PAC légère, ambulatoire, CRB-65=0 Sujet sain, pas de comorbidité | Amoxicilline 1 g × 3/j PO | Pristinamycine 1 g × 3/j ou Télithromycine | 5 jours |
| PAC légère ambulatoire avec comorbidité (BPCO, DT2, IRC, alcoolisme) | Amoxicilline-clavulanate 1 g × 3/j PO | Lévofloxacine 500 mg/j | 5-7 jours |
| PAC atypique suspectée (Mycoplasme, Chlamydia — sujet jeune, début progressif) | Macrolide (azithromycine 500 mg J1 puis 250 mg) PO | Doxycycline 100 mg × 2/j | 5 jours |
| PAC hospitalisée (non-sévère) | Amoxicilline-clavulanate IV + Macrolide PO ou C3G IV (céfotaxime, ceftriaxone) | Lévofloxacine 500 mg IV/j | 7 jours |
| PAC sévère (USI) | C3G IV + Macrolide IV ou C3G IV + Lévofloxacine IV | Si Legionella : + Azithromycine IV | 7-10 jours |
Réévaluation à 48-72 h (obligatoire en ambulatoire)
Si pas d'amélioration ou aggravation : hospitalisation, changer d'antibiothérapie, élargir le bilan (scanner thoracique, AG Legionella).
Vaccin antigrippal : 1×/an en octobre-novembre. Recommandé chez > 65 ans, grossesse, comorbidités chroniques, soignants. Prévient les PAC grippales et surinfections bactériennes.
- Score CRB-65 pour orienter vers ambulatoire ou hospitalisation
- Radiographie thoracique systématique si suspicion de PAC
- Amoxicilline seule si sujet sain sans comorbidité
- Réévaluation à 48-72 h obligatoire
- Durée 5 jours si bonne réponse initiale (forme légère)
- Vaccination anti-pneumococcique et antigrippale des sujets à risque
Le cas
Score CRB-65
Antibiothérapie
Durée du traitement
Legionella
Prévention
L'arbre décisionnel
Amoxicilline 1g×3/j × 5j
Réévaluation à 48-72 h
Selon terrain, SpO₂, contexte social
7 j total
Bilan complet + hémocultures
Ag Legionella + ECBC
C3G IV + Macrolide IV
Dyslipidémie & cibles LDL
D'après ESC/EAS Guidelines for Dyslipidaemias 2024 · Eur Heart J 2024
Le cours
Définitions
La dyslipidémie désigne toute anomalie quantitative ou qualitative des lipoprotéines : hypercholestérolémie (LDL élevé), hypertriglycéridémie, hypo-HDLémie, ou une combinaison. Le LDL-cholestérol est la cible thérapeutique principale, avec un rôle causal prouvé dans l'athérosclérose.
Physiopathologie simplifiée
Le LDL transporte le cholestérol vers les tissus. Son excès entraîne une accumulation dans la paroi artérielle → formation de plaques athéromateuses → ischémie, rupture de plaque, événements cardiovasculaires. La réduction du LDL (-50 % du LDL réduit le risque CV de ~15-25 % selon les essais).
Stratification du risque CV selon ESC 2024
| Catégorie de risque | Définition | Cible LDL |
|---|---|---|
| Très haut risque | ATCD CV (IDM, AVC, AIT, SCA, revascularisation) DT2 avec atteinte d'organe IRC sévère (DFG < 30) SCORE2 ≥ 10 % | < 0,55 g/L ET réduction ≥ 50 % |
| Haut risque | SCORE2 5-9,9 % DT2 sans atteinte d'organe HTA sévère, IRC modérée | < 0,70 g/L ET réduction ≥ 50 % |
| Risque modéré | SCORE2 1-4,9 % | < 1,00 g/L |
| Risque faible | SCORE2 < 1 % | < 1,16 g/L |
Évaluation initiale
Bilan lipidique complet (à jeun 12 h) : CT, LDL, HDL, TG. Si TG > 4 g/L : mesurer LDL directement (calcul de Friedewald invalide). Calculer le risque CV global avec SCORE2 (adultes 40-69 ans de haut risque comme la Tunisie).
Dépistage
- Homme ≥ 40 ans, femme ≥ 50 ans ou ménopausée
- Tout patient avec FRCV (HTA, DT2, tabagisme)
- Antécédent familial de dyslipidémie ou maladie CV précoce
- IMC ≥ 30 ou syndrome métabolique
Hypercholestérolémie familiale (HF) — ne pas manquer
Évoquer si LDL > 1,90 g/L + ATCD familial de maladie CV précoce + xanthomes. Score de Dutch Lipid Clinic Network. Référence en centre spécialisé. Traitement systématique dès le diagnostic.
Hypertriglycéridémie
- TG > 1,50 g/L : modifier le mode de vie (alcool, sucres, poids)
- TG > 5 g/L : risque de pancréatite aiguë → fibrate (fénofibrate) ou oméga-3 à forte dose en urgence
Étape 1 : mesures hygiéno-diététiques (base de tout traitement)
- Réduire les graisses saturées (< 7 % AET) : viandes rouges grasses, fromages, charcuterie, huile de palme
- Augmenter les fibres solubles (avoine, légumineuses, pomme), oméga-3 (poisson gras)
- Phytostérols (margarine enrichie) : réduction LDL ~10 %
- Perte de poids, activité physique régulière : HDL ↑, TG ↓
- Arrêt du tabac : augmente le HDL
Étape 2 : traitement médicamenteux
| Classe | Molécules (Tunisie) | Réduction LDL | Indication |
|---|---|---|---|
| Statines forte intensité | Atorvastatine 40-80 mg Rosuvastatine 20-40 mg | 40-55 % | 1ʳᵉ ligne tous risques, sauf intolérance |
| Statines modérée intensité | Atorvastatine 10-20 mg Simvastatine 20-40 mg | 25-40 % | Risque modéré ou intolérance forte dose |
| Ézétimibe | 10 mg/j | 15-20 % | Ajout si cible non atteinte sous statine |
| Inhibiteurs PCSK9 | Alirocumab SC, Évolocumab SC | 50-65 % | Très haut risque non contrôlé, HF, intolérance totale aux statines |
| Inclisiran | Injection SC 2×/an | 50 % | Alternative iPCSK9, 2 injections/an |
| Fénofibrate | 200 mg/j | Peu sur LDL TG ↓ 25-40 % | Hypertriglycéridémie sévère (> 5 g/L) |
Suivi biologique
- Bilan lipidique à 4-12 semaines après initiation/changement pour vérifier l'efficacité
- ASAT/ALAT à 3 mois si symptômes hépatiques (surveillance systématique non recommandée)
- CPK uniquement si myalgies
- Une fois la cible atteinte : bilan lipidique annuel
- Cible LDL selon le risque CV (très haut risque = < 0,55 g/L)
- Statine forte intensité en 1ʳᵉ ligne
- Ajouter ézétimibe si cible non atteinte
- iPCSK9 si très haut risque non contrôlé sous statine + ézétimibe
- Ne jamais arrêter les statines sans chercher une alternative
- Mesures hygiéno-diététiques toujours associées
Le cas
Cible LDL atteinte ?
Intensification du traitement
Intolérance aux statines
Hypertriglycéridémie
Hypercholestérolémie familiale
L'arbre décisionnel
(Atorvastatine 40-80 mg)
(Atorvastatine 20-40 mg)
si LDL > cible
puis iPCSK9 si insuffisant
Suivi à vie
Fibrillation auriculaire
D'après ESC 2023 FA Guidelines · Eur Heart J 2023
Le cours
Définition et épidémiologie
La fibrillation auriculaire (FA) est l'arythmie cardiaque soutenue la plus fréquente. Elle touche 2-4 % de la population adulte, avec une prévalence croissante avec l'âge (≥ 10 % après 75 ans). C'est la principale cause d'AVC cardio-embolique (30 % des AVC).
Classification ESC 2023
| Type | Durée | Caractéristiques |
|---|---|---|
| FA primo-diagnostiquée | 1ᵉʳ épisode | Tout type |
| FA paroxystique | < 7 jours | Terminaison spontanée |
| FA persistante | > 7 jours | Nécessite cardioversion |
| FA persistante longue durée | > 12 mois | Cardioversion envisagée |
| FA permanente | Acceptée | Pas de cardioversion |
Score CHA₂DS₂-VASc
| Critère | Points |
|---|---|
| C — Insuffisance cardiaque / FEVG ≤ 40 % | 1 |
| H — Hypertension artérielle | 1 |
| A₂ — Âge ≥ 75 ans | 2 |
| D — Diabète type 2 | 1 |
| S₂ — AVC / AIT / embolie systémique | 2 |
| V — Maladie vasculaire (IDM, AOMI) | 1 |
| A — Âge 65-74 ans | 1 |
| Sc — Sexe féminin | 1 |
Anticoagulation recommandée : score ≥ 2 chez l'homme, ≥ 3 chez la femme.
Diagnostic ECG
Absence d'ondes P + rythme irrégulier (intervalles RR variables) + trémulations auriculaires 350-600/min. Fréquence ventriculaire variable selon la conduction AV.
Bilan initial
| Examen | But |
|---|---|
| ECG 12 dérivations | Confirmer FA, ischémie, WPW |
| Échocardiographie | FEVG, valvulopathie, thrombus OG |
| TSH | Hyperthyroïdie (cause curable) |
| NFS + iono + créat + bilan hépatique | Bilan général, adaptation AOD |
| Holter ECG 24 h / 7 j | FA paroxystique (palpitations intermittentes) |
Score HAS-BLED
Score ≥ 3 = haut risque hémorragique → ne contre-indique pas l'anticoagulation mais impose correction des facteurs modifiables (HTA non contrôlée, AINS, alcool).
Approche ABC (ESC 2023)
- A — Anticoagulation : prévention du risque thrombo-embolique
- B — Better symptom management : fréquence OU rythme
- C — Comorbidity management : HTA, IC, DT2, SAOS, obésité
A — Anticoagulation : AOD en 1ʳᵉ intention
| AOD | Dose standard | Dose réduite |
|---|---|---|
| Apixaban | 5 mg × 2/j | 2,5 mg × 2/j (≥ 2 critères : âge ≥ 80, poids ≤ 60 kg, créat ≥ 133) |
| Rivaroxaban | 20 mg/j (au dîner) | 15 mg/j si DFG 15-50 |
| Dabigatran | 150 mg × 2/j | 110 mg × 2/j si ≥ 80 ans |
B — Contrôle de fréquence
Cible FC repos < 110/min. 1ʳᵉ ligne : β-bloquant (bisoprolol, métoprolol). Alternative : inhibiteur calcique non-DHP (vérapamil, diltiazem — CI si FEVG < 40 %). 2ᵉ ligne : digoxine (sédentaire, IC).
B — Contrôle de rythme
Cardioversion électrique ou médicamenteuse (amiodarone, flécaïnide — CI si cardiopathie). Ablation par cathéter en centre spécialisé pour FA paroxystique symptomatique.
FA et cardioversion : règles d'anticoagulation
FA > 48 h ou durée inconnue : anticoagulation ≥ 3 semaines avant cardioversion (ou ETO sans thrombus), puis ≥ 4 semaines après. FA < 48 h documentée : cardioversion possible avec anticoagulation immédiate + 4 semaines après.
- CHA₂DS₂-VASc ≥ 2 (H) / ≥ 3 (F) → anticoagulation par AOD
- FA valvulaire (valve mécanique, RM) → AVK obligatoire
- Aspirine seule = inefficace pour prévention AVC
- Contrôle de fréquence : cible FC < 110/min, β-bloquant 1ʳᵉ ligne
- Approche ABC : Anticoagulation + symptômes + comorbidités
Le cas
Score CHA₂DS₂-VASc
Choix de l'anticoagulant
Contrôle de fréquence
Cardioversion
FA valvulaire vs non-valvulaire
L'arbre décisionnel
sauf FA valvulaire → AVK
Réévaluer annuellement
Cible FC < 110/min repos
± Ablation (centre expert)
Dépistage des cancers
D'après HAS 2024 · USPSTF 2024 · INCa 2024
Le cours
Rôle du MG dans le dépistage
Le médecin généraliste est l'acteur central du dépistage des cancers. Il identifie les patients éligibles, propose et coordonne le dépistage, interprète les résultats et oriente vers le spécialiste. En Tunisie, les cancers les plus fréquents sont : sein (femme), colorectal, poumon, col utérin, prostate.
Cancer colorectal (CCR) — dépistage de référence
| Population | Méthode | Rythme |
|---|---|---|
| Risque moyen (50-74 ans) | Test immunologique fécal (FIT/Hémocult II) | Tous les 2 ans |
| Risque élevé (ATCD personnel, parent 1ᵉʳ degré < 60 ans) | Coloscopie | Tous les 5 ans |
| Risque très élevé (PAF, Lynch) | Coloscopie ± oncogénétique | Annuel ou selon protocole |
Cancer du sein — dépistage
| Population | Méthode | Rythme |
|---|---|---|
| Femme 50-74 ans (risque moyen) | Mammographie bilatérale ± échographie | Tous les 2 ans |
| Risque élevé (ATCD familial 1ᵉʳ degré, mutation BRCA1/2) | IRM mammaire + mammographie | Annuel dès 30 ans |
| Femme 40-49 ans (risque moyen) | Mammographie si demande informée | Tous les 2 ans (à discuter) |
Cancer du col utérin — dépistage
| Âge | Méthode | Rythme |
|---|---|---|
| 25-30 ans | Cytologie cervicale (frottis) | Annuel, puis tous les 3 ans si 2 négatifs |
| 30-65 ans | Test HPV co-test ou seul | Tous les 5 ans |
En Tunisie : frottis disponible, test HPV en cours de déploiement. Vaccination HPV recommandée filles 11-14 ans (rattrapage jusqu'à 19 ans).
Cancer de la prostate — dépistage controversé
Pas de dépistage systématique recommandé. PSA sur demande informée : homme 50-70 ans avec espérance de vie > 10 ans, après discussion des bénéfices/risques (surdiagnostic, surtraitement). Homme à haut risque (origine africaine, ATCD familial) : discussion à 40-45 ans. Valeur seuil PSA > 4 ng/mL (variable selon âge).
Cancer du poumon — dépistage par scanner faible dose
Recommandé (USPSTF 2021, HAS 2022) pour : tabagisme actif ou sevré < 15 ans, ≥ 20 PA, âge 50-80 ans. Scanner thoracique faible dose annuel. En Tunisie : non encore organisé, à proposer aux patients éligibles en centre spécialisé.
Signaux d'alarme — ne pas manquer
- Digestif : rectorragie inexpliquée, modification du transit > 4 sem, masse abdominale
- Sein : masse palpable, écoulement mamelonnaire, rétraction cutanée
- Poumon : toux persistante > 3 sem chez fumeur, hémoptysie, AEG
- Prostate : dysurie + PSA > 10 ng/mL, métastases osseuses
- Col utérin : saignements post-coïtaux, métrorragies
Anémie ferriprive inexpliquée chez l'adulte
Toujours évoquer un cancer digestif occulte. Coloscopie + FOGD selon le contexte. Bilan complet avant de conclure à une cause fonctionnelle.
Rôle du MG dans l'annonce
Le MG est souvent le premier médecin contacté après l'annonce d'un cancer. Il coordonne le parcours de soins, soutient le patient et sa famille, gère les complications du traitement (mucite, neutropénie, effets des immunothérapies).
Vaccination et prévention primaire
- HPV : filles + garçons 11-14 ans (schéma 2 doses), rattrapage jusqu'à 19 ans (3 doses). Prévient 90 % des cancers du col utérin
- Hépatite B : prévient le carcinome hépatocellulaire
- Arrêt du tabac : réduit de 90 % le risque de cancer du poumon et de nombreux autres
- Alimentation : régime méditerranéen, limiter charcuteries et alcool
- Obésité : facteur de risque de 13 types de cancers
- CCR : FIT tous les 2 ans (50-74 ans)
- Sein : mammographie tous les 2 ans (50-74 ans)
- Col utérin : frottis puis test HPV (25-65 ans)
- Prostate : PSA sur demande informée — pas de dépistage systématique
- Poumon : scanner faible dose si tabagisme ≥ 20 PA, 50-80 ans
- Tout signal d'alarme → orientation urgente < 2 semaines
Le cas
Dépistage du CCR
Dépistage du sein
Dépistage du col utérin
Dépistage du poumon
Signal d'alarme
L'arbre décisionnel
Coloscopie si positif
Douleur thoracique & SCA
D'après ESC ACS Guidelines 2023 · Eur Heart J 2023
Le cours
Définitions et classification
Le syndrome coronarien aigu (SCA) désigne un spectre de pathologies dues à une ischémie myocardique aiguë :
| Type | ECG | Troponine | Prise en charge |
|---|---|---|---|
| STEMI | Sus-décalage ST ≥ 1 mm (≥ 2 dérivations) | Élevée | Angioplastie en urgence (< 90 min) |
| NSTEMI | Sous-décalage ST, onde T négative, ou normal | Élevée | Hospitalisation + coronarographie dans 72 h |
| Angor instable | Sous-décalage ST ou normal | Normale | Hospitalisation + évaluation |
Physiopathologie
Rupture ou érosion d'une plaque athéromateuse instable → activation plaquettaire → thrombus → occlusion coronaire partielle ou totale → ischémie/nécrose myocardique. Le délai de revascularisation est le principal déterminant du pronostic.
Score HEART (triage de la douleur thoracique)
| Critère | 0 | 1 | 2 |
|---|---|---|---|
| History | Non évocatrice | Modérément évocatrice | Très évocatrice |
| ECG | Normal | BBG, repolarisation | Sus/sous-décalage ST significatif |
| Age | < 45 ans | 45-64 ans | ≥ 65 ans |
| Risk factors | Aucun | 1-2 FRCV | ≥ 3 FRCV, ATCD CV, diabète |
| Troponin | Normale | 1-3× la normale | > 3× la normale |
Score ≤ 3 : faible risque (sortie possible si troponines négatives à 0 et 2 h). Score 4-6 : risque intermédiaire (surveillance). Score ≥ 7 : haut risque (coronarographie dans 72 h).
Diagnostic différentiel de la douleur thoracique
| Diagnostic | Signes clés | Examen clé |
|---|---|---|
| SCA | Oppression, irradiation bras/mâchoire, sueurs, facteurs de risque CV | ECG + Troponine |
| Embolie pulmonaire | Dyspnée, tachycardie, signes TVP, facteurs de risque | D-dimères + Angio-scanner |
| Dissection aortique | Douleur déchirante, migration, différence PA entre bras | Angio-scanner thoracique |
| Péricardite | Douleur positionnelle, frottement, sus-décalage diffus concave | ECG + Échocardiographie |
| Pneumothorax | Douleur unilatérale, asymétrie auscultatoire, dyspnée | Radiographie thoracique |
| Douleur musculo-squelettique | Douleur à la palpation, posturale, tachycardie absente | Clinique |
ECG clés à connaître
- STEMI antérieur : sus-décalage V1-V4 (occlusion IVA)
- STEMI inférieur : sus-décalage D2, D3, aVF (occlusion coronaire droite)
- STEMI latéral : sus-décalage D1, aVL, V5-V6
- NSTEMI/angor instable : sous-décalage ST, onde T négative, ou ECG normal
- Péricardite : sus-décalage concave diffus + sous-décalage PR
STEMI : prise en charge pré-hospitalière (chaque minute compte)
- ECG confirmant le STEMI → SAMU 15 IMMÉDIATEMENT
- Aspirine 250-500 mg PO à mâcher (si pas d'allergie)
- Ticagrélor 180 mg ou Clopidogrel 600 mg (selon protocole local)
- Dérivé nitré sublinguale si PA systolique > 90 mmHg et pas de STEMI inférieur avec bradycardie
- O₂ si SpO₂ < 90 %
- Accès veineux, monitoring, défibrillateur prêt
- Délai door-to-balloon < 90 min
NSTEMI / Angor instable
- Hospitalisation urgente en unité de soins coronaires
- Aspirine 250 mg + Ticagrélor 180 mg (ou Clopidogrel 300 mg)
- Anticoagulation : fondaparinux 2,5 mg SC ou HBPM (énoxaparine)
- Coronarographie dans les 72 h (24 h si haut risque)
Traitement de fond post-SCA
| Médicament | Durée | But |
|---|---|---|
| Aspirine 75-100 mg/j | À vie | Antiplaquettaire |
| Ticagrélor 90 mg × 2/j ou Clopidogrel 75 mg/j | 12 mois | Double antiplaquettaire |
| Statine forte dose (Atorvastatine 40-80 mg) | À vie | LDL < 0,55 g/L |
| IEC ou ARA2 | À vie (surtout si FEVG réduite) | Remodelage ventriculaire |
| β-bloquant | À vie si FEVG réduite | Protection myocardique |
Suivi post-SCA en MG
- Consultation 1-2 semaines après la sortie
- Vérifier la tolérance et l'observance de la double antiplaquettaire
- Contrôle du bilan lipidique à 4-6 semaines (cible LDL < 0,55 g/L)
- Surveillance de la créatinine et de la kaliémie sous IEC
- Réhabilitation cardiaque (programme supervisé de 8-12 semaines)
- Arrêt du tabac définitif — aide au sevrage
- Déclaration à l'assurance si conduite d'un véhicule (délai variable selon les pays)
- ECG immédiat (dans les 10 min) devant toute douleur thoracique
- STEMI → SAMU + Aspirine + Ticagrélor → angioplastie < 90 min
- Score HEART pour triage du NSTEMI/angor instable
- Post-SCA : double antiplaquettaire 12 mois + statine forte dose + IEC
- Ne jamais manquer une dissection aortique
Le cas
Geste prioritaire
STEMI identifié
Score HEART
Traitement post-SCA
Dissection aortique — diagnostic différentiel
L'arbre décisionnel
Aspirine 250 mg PO
Héparine selon protocole
Délai door-to-balloon < 90 min
Troponine sériée
Coronarographie dans 72 h
Troponine à 0 et 2 h
Sortie si troponines négatives
Insuffisance cardiaque
D'après ESC Heart Failure Guidelines 2023 · Eur Heart J 2023
Le cours
Définition et classification
L'insuffisance cardiaque (IC) est un syndrome clinique caractérisé par des symptômes et/ou signes typiques associés à une anomalie structurelle ou fonctionnelle du cœur. Prévalence : 1-2 % de la population adulte, 10 % après 70 ans. Mortalité à 5 ans ~50 %. Première cause d'hospitalisation après 65 ans.
Classification selon la FEVG (ESC 2023)
| Type | FEVG | Particularités |
|---|---|---|
| IC à FEVG réduite (IC-FEr) | < 40 % | Pronostic le plus sévère, traitement le mieux codifié |
| IC à FEVG légèrement réduite (IC-FEmr) | 41-49 % | Entité intermédiaire, traitement similaire à IC-FEr |
| IC à FEVG préservée (IC-FEp) | ≥ 50 % | Fréquente (50 %), traitement surtout symptomatique |
Causes principales
- Cardiopathie ischémique (40-50 %) — coronaropathie, post-IDM
- Cardiomyopathie dilatée — idiopathique, alcoolique, virale
- HTA chronique — cardiomyopathie hypertrophique évoluée
- Valvulopathies — RA, IM, IA
- FA chronique — cardiomyopathie rythmique
Critères diagnostiques
Symptômes typiques (dyspnée, orthopnée, œdèmes des chevilles, fatigue) + signes (crépitants, turgescence jugulaire, reflux hépato-jugulaire) + anomalie structurelle/fonctionnelle documentée à l'échocardiographie.
Bilan initial
| Examen | But |
|---|---|
| ECG 12 dérivations | HVG, ischémie, FA, BBG (éligibilité CRT) |
| Échocardiographie | FEVG, volume cavitaire, valvulopathie, HTAP |
| BNP ou NT-proBNP | Confirmation diagnostic, pronostic, suivi |
| NFS + ionogramme + créat + glycémie | Comorbidités, adaptation des médicaments |
| Bilan hépatique + TSH | Causes curables (hypothyroïdie, hémochromatose) |
| Radiographie thoracique | Cardiomégalie, OAP, épanchement pleural |
Classification NYHA (symptômes)
| Classe | Symptômes |
|---|---|
| NYHA I | Pas de limitation — activité physique ordinaire sans symptôme |
| NYHA II | Légère limitation — gêne à l'effort soutenu |
| NYHA III | Limitation marquée — gêne à l'effort modéré (marche à plat) |
| NYHA IV | Gêne au repos ou au moindre effort |
Les 4 piliers du traitement de l'IC-FEr (ESC 2023)
- IEC (ou ARA2 si intolérance, ou ARNI si persistance des symptômes) : réduction mortalité 20-25 %
- β-bloquant cardiosélectif (bisoprolol, carvédilol, succinate de métoprolol) : réduction mortalité 30-35 %
- ARM (antagoniste des récepteurs minéralocorticoïdes : spironolactone, éplérénone) : réduction mortalité 15-30 %
- SGLT2i (dapagliflozine, empagliflozine) : réduction hospitalisations et mortalité CV
Posologies cibles (à atteindre progressivement)
| Médicament | Dose initiale | Dose cible |
|---|---|---|
| Énalapril (IEC) | 2,5 mg × 2/j | 10 mg × 2/j |
| Bisoprolol (β-bloquant) | 1,25 mg/j | 10 mg/j |
| Spironolactone (ARM) | 25 mg/j | 50 mg/j |
| Dapagliflozine (SGLT2i) | 10 mg/j | 10 mg/j (dose fixe) |
| Sacubitril/Valsartan (ARNI) | 24/26 mg × 2/j | 97/103 mg × 2/j |
Traitements additionnels
- Diurétiques de l'anse (furosémide, bumétanide) : soulagement des symptômes de congestion (dyspnée, œdèmes). Pas d'effet sur la mortalité
- Digoxine : en cas de FA associée pour contrôle de la fréquence + réduction des hospitalisations
- Défibrillateur (DAI) : FEVG ≤ 35 % malgré 3 mois de traitement optimal, espérance de vie > 1 an
- Resynchronisation (CRT) : FEVG ≤ 35 % + BBG + QRS ≥ 130 ms malgré traitement optimal
Suivi ambulatoire
- Consultation toutes les 3-6 semaines lors de la phase d'initiation et de titration
- Puis tous les 3-6 mois si stable
- Surveillance systématique : PA, FC, poids (même heure, même balance), œdèmes, ionogramme, créatinine, BNP/NT-proBNP
- Échocardiographie 3-6 mois après optimisation du traitement (évaluation FEVG)
Signes d'alerte d'aggravation
- IC-FEr : 4 piliers simultanés — IEC + β-bloquant + ARM + SGLT2i
- Titration progressive jusqu'aux doses cibles
- Surveillance kaliémie + créatinine après chaque modification
- DAI si FEVG ≤ 35 % malgré 3 mois de traitement optimal
- Furosémide = soulagement des symptômes, pas de bénéfice sur la mortalité
Le cas
Bilan prioritaire
Traitement à optimiser
Surveillance sous ARM
SGLT2i et IC
Critères de DAI
L'arbre décisionnel
IEC/ARA2/ARNI + β-bloquant + ARM + SGLT2i
Contrôle tension + FC + kaliémie + créat
Défibrillateur (DAI) si FEVG ≤ 35 %
Suivi tous les 3-6 mois
Hypothyroïdie & thyroïde
D'après ETA Guidelines 2023 · European Thyroid J 2023
Le cours
Définition et épidémiologie
L'hypothyroïdie est une production insuffisante d'hormones thyroïdiennes par la glande thyroïde. Prévalence : 4-10 % des femmes, 1-3 % des hommes. La maladie de Hashimoto (thyroïdite auto-immune) est la cause la plus fréquente dans les pays développés. En Tunisie, la carence en iode reste une cause à évoquer dans certaines régions.
Classification
| Type | TSH | T4L | Particularités |
|---|---|---|---|
| Hypothyroïdie franche | ↑↑ | ↓ | Symptomatique, traitement obligatoire |
| Hypothyroïdie fruste (subclinique) | ↑ (4,5-10 mUI/L) | Normale | Souvent asymptomatique, traitement discuté |
| Hypothyroïdie centrale | Basse ou normale | ↓ | Pathologie hypophysaire ou hypothalamique |
Causes principales
- Hashimoto : thyroïdite auto-immune (Ac anti-TPO +++)
- Post-thérapeutique : après chirurgie thyroïdienne ou iode radioactif
- Médicaments : amiodarone, lithium, interférons, immunothérapies (anti-PD1)
- Carence en iode (goitre endémique)
- Thyroïdite du post-partum (transitoire)
Symptômes de l'hypothyroïdie
Les symptômes sont polymorphes et souvent insidieux. Ils regroupent : asthénie chronique, prise de poids, constipation, frilosité, sécheresse de la peau, bradycardie, ralentissement psychomoteur, myxœdème, troubles du cycle menstruel (chez la femme), infertilité, hypercholestérolémie. La thyroïde peut être goitreuse ou atrophique.
Interprétation de la TSH
| TSH (mUI/L) | Interprétation | Conduite |
|---|---|---|
| < 0,4 | Freinée → hyperthyroïdie | T4L + T3L + scintigraphie |
| 0,4-4,0 | Normale | Pas de traitement thyroïdien |
| 4,0-10,0 | Hypothyroïdie fruste | T4L + Ac anti-TPO, décision individualisée |
| > 10,0 | Hypothyroïdie franche | T4L + lévothyroxine |
Bilan étiologique
- Ac anti-TPO : marqueur de la thyroïdite de Hashimoto (positifs dans 90 % des cas)
- Ac anti-thyroglobuline : moins spécifiques, peuvent compléter
- Échographie thyroïdienne : évalue la morphologie (goitre, nodule, atrophie), utile si suspicion de nodule mais non indispensable pour le diagnostic d'hypothyroïdie simple
Traitement : la lévothyroxine (LT4)
La lévothyroxine est le traitement de référence. Prise à jeun, 30-60 min avant le petit-déjeuner, ou au coucher (au moins 2 h après le dernier repas).
Doses initiales
- Adulte jeune sans cardiopathie : 1,6 µg/kg/j d'emblée
- Sujet âgé ou cardiopathie connue : 12,5-25 µg/j avec augmentation de 12,5-25 µg toutes les 4-6 semaines
- Hypothyroïdie fruste : démarrer à 25-50 µg/j
Cible thérapeutique
TSH dans les normes du laboratoire (généralement 0,5-2,5 mUI/L). Contrôle TSH 4-6 semaines après chaque changement de dose. Une fois stabilisé : contrôle TSH annuel.
Hypothyroïdie fruste : traiter ou surveiller ?
| Situation | Décision |
|---|---|
| TSH > 10 mUI/L | Traiter (même si asymptomatique) |
| TSH 4,5-10 + symptômes évocateurs | Traiter (essai thérapeutique) |
| TSH 4,5-10 + grossesse ou désir de grossesse | Traiter obligatoirement |
| TSH 4,5-10 + Ac anti-TPO positifs | Traiter ou surveiller rapproché |
| TSH 4,5-10 + sujet > 70 ans asymptomatique | Surveiller (risque iatrogène élevé) |
Populations particulières
- Hypothyroïdie franche (TSH > 10 ou T4L basse) → traiter
- Lévothyroxine à jeun, 30-60 min avant le petit-déjeuner
- Contrôle TSH à 4-6 semaines après chaque modification de dose
- Grossesse : cible TSH < 2,5 mUI/L au 1ᵉʳ trimestre
- Sujet âgé : démarrer à faible dose, cible TSH plus haute
Le cas
Diagnostic
Bilan complémentaire
Traitement initial
Contrôle TSH
Hypothyroïdie et désir de grossesse
L'arbre décisionnel
→ Lévothyroxine d'emblée
(hyperthyroïdie si basse)
BPCO & Asthme adulte
D'après GOLD 2025 · GINA 2024
Le cours
BPCO : définition et épidémiologie
La BPCO (Bronchopneumopathie Chronique Obstructive) est une maladie pulmonaire caractérisée par une obstruction bronchique non complètement réversible, progressive, associée à une réaction inflammatoire des voies aériennes et du poumon à des particules ou gaz nocifs (tabac +++). Prévalence : 5-10 % des adultes > 40 ans. 5ème cause de mortalité mondiale (3ème en 2030).
Asthme : définition
L'asthme est une maladie inflammatoire chronique des voies aériennes caractérisée par une obstruction bronchique variable et réversible, avec hyperréactivité bronchique. Prévalence : 5-10 % en population générale.
BPCO vs Asthme — différences clés
| Caractéristique | BPCO | Asthme |
|---|---|---|
| Âge de début | ≥ 40 ans (fumeur) | Souvent enfance/jeune adulte |
| Cause principale | Tabac (90 %) | Allergie / atopie |
| Obstruction | Fixée (VEMS/CVF < 0,70 post-BD) | Réversible (VEMS ↑ > 12 % post-BD) |
| Progression | Progressive | Variable, épisodique |
| Réponse aux corticoïdes | Partielle (seulement si éosinophiles élevés) | Excellente |
Classification GOLD 2025 (sévérité spirométrique)
| Grade GOLD | VEMS % prédit (post-BD) |
|---|---|
| GOLD 1 — Légère | ≥ 80 % |
| GOLD 2 — Modérée | 50-79 % |
| GOLD 3 — Sévère | 30-49 % |
| GOLD 4 — Très sévère | < 30 % |
Diagnostic de la BPCO — la spirométrie est obligatoire
Le diagnostic de BPCO repose sur la spirométrie post-bronchodilatateur : VEMS/CVF < 0,70 confirme l'obstruction fixée. La spirométrie est souvent insuffisamment prescrite en MG — penser à la demander devant tout fumeur > 40 ans avec dyspnée ou toux chronique.
Évaluation des symptômes — mMRC et CAT
- Score mMRC (dyspnée) : de 0 (essoufflement seulement à l'effort intense) à 4 (essoufflement pour s'habiller). Score ≥ 2 = impact significatif
- CAT (COPD Assessment Test) : 8 questions, score 0-40. Score ≥ 10 = impact significatif
Groupe ABCD (GOLD 2025)
| Groupe | Symptômes | Exacerbations |
|---|---|---|
| Groupe A | Peu (mMRC < 2, CAT < 10) | 0-1 (sans hospitalisation) |
| Groupe B | Importants (mMRC ≥ 2, CAT ≥ 10) | 0-1 (sans hospitalisation) |
| Groupe E | Peu ou importants | ≥ 2 ou ≥ 1 avec hospitalisation |
Diagnostic de l'asthme
Spirométrie avec test de réversibilité : augmentation du VEMS ≥ 12 % ET ≥ 200 mL après salbutamol → confirme la réversibilité. Test de provocation à la métacholine si spirométrie normale mais clinique évocatrice. Hyperéosinophilie sanguine et IgE totales orientent vers l'allergie.
BPCO — traitement pharmacologique (GOLD 2025)
| Groupe GOLD | Traitement initial | Si insuffisant |
|---|---|---|
| Groupe A | Bronchodilatateur longue durée (LAMA ou LABA) | Ajouter 2ᵉ bronchodilatateur |
| Groupe B | LAMA + LABA (double bronchodilatation) | Ajouter CSI si éosinophiles ≥ 300 |
| Groupe E (exacerbations) | LAMA + LABA ± CSI si éosinophiles ≥ 300 | Azithromycine hebdomadaire, roflumilast |
| Classe | Exemples | Mécanisme |
|---|---|---|
| LAMA (anticholinergique longue durée) | Tiotropium (Spiriva®), Uméclidinium, Aclidinium | Bronchodilatation via blocage muscarinique M3 |
| LABA (β2-agoniste longue durée) | Salmétérol, Formotérol, Indacatérol | Bronchodilatation via récepteurs β2 |
| CSI (corticoïde inhalé) | Fluticasone, Budésonide, Béclométhasone | Anti-inflammatoire — uniquement si éosinophiles élevés |
| SABD (courte durée, de secours) | Salbutamol (Ventolin®) | Bronchodilatation de secours |
Asthme adulte — traitement par paliers (GINA 2024)
| Palier | Traitement de fond | Traitement de secours |
|---|---|---|
| Palier 1 (léger intermittent) | Aucun ou CSI faible dose à la demande | SABA (salbutamol) ou CSI-Formotérol à la demande |
| Palier 2 (léger persistant) | CSI faible dose quotidien | SABA ou CSI-Formotérol à la demande |
| Palier 3 (modéré persistant) | CSI dose faible-modérée + LABA | CSI-Formotérol à la demande |
| Palier 4-5 (sévère) | CSI forte dose + LABA ± LAMA ± biothérapies | CSI-Formotérol à la demande |
Exacerbation de BPCO — prise en charge
Définition : aggravation aiguë des symptômes (dyspnée, toux, expectorations) au-delà des variations quotidiennes habituelles.
| Sévérité | Définition | Traitement |
|---|---|---|
| Légère | Traitée à domicile | SABD augmenté + corticoïde oral 5 j (prednisone 40 mg) + ATB si expectoration purulente |
| Modérée | Urgences mais pas USI | SABD nébulisé + corticoïde IV + O₂ (cible SpO₂ 88-92 %) |
| Sévère | Insuffisance respiratoire / USI | VNI (si acidose pH < 7,35) ± intubation |
Mesures non pharmacologiques indispensables
- Arrêt du tabac : seul traitement modifiant la progression de la BPCO
- Vaccination : antigrippale annuelle, antipneumococcique, COVID-19, coqueluche
- Réhabilitation respiratoire : améliore la dyspnée et la tolérance à l'effort (si mMRC ≥ 2)
- Oxygénothérapie longue durée (OLD) : si PaO₂ ≤ 55 mmHg ou SpO₂ ≤ 88 % au repos — améliore la survie
- Éducation thérapeutique : technique d'inhalation, reconnaître les signes d'exacerbation
- BPCO = VEMS/CVF < 0,70 post-BD (spirométrie obligatoire)
- Arrêt du tabac = seul traitement modifiant la progression
- LAMA en 1ʳᵉ ligne (Groupe A/B), LAMA+LABA (Groupe B/E)
- CSI uniquement si éosinophiles ≥ 300/µL
- O₂ si exacerbation : cible SpO₂ 88-92 % (pas plus !)
- Asthme : CSI-Formotérol à la demande dès le palier 1
Le cas
Classification GOLD
Traitement de fond
Oxygénothérapie lors d'exacerbation
Arrêt du tabac
Asthme vs BPCO
L'arbre décisionnel
ou LABA si préféré
± CSI si éosinophiles ≥ 300
Réhabilitation respiratoire si MRC ≥ 2