Avril 2026

MedCours & Pratique

Éd. №1 · Mix Clinique
« Cours, cas, QCM, algorithmes · Recommandations 2024-2025 · Pratique tunisienne »

Formation médicale, repensée.

Trois cours complets pour le médecin généraliste, fondés sur les recommandations les plus récentes et adaptés à la réalité du cabinet en Tunisie. Chaque module combine cours synthétique, cas clinique, QCM commenté et algorithme décisionnel.

03 modules 15 QCM commentés 03 algorithmes ~60 min par module

Sources de référence

  • 1. ESC 2024 — Management of elevated blood pressure and hypertension
  • 2. IDSA 2025 — Complicated Urinary Tract Infections
  • 3. AAP Bronchiolitis 2014 (réaffirmée 2024) + RSV Prevention 2025
  • 4. Adaptations CNAM Tunisie · médicaments locaux disponibles

Choisir un module

01
Module 1 · Cardio-métabolique

Hypertension artérielle : la révolution ESC 2024

Nouveaux seuils, nouvelle classification « PA élevée », bithérapie d'emblée, place des SGLT2i, dépistage de l'hyperaldostéronisme.

Cours · Cas · 5 QCM · Algo À commencer
02
Module 2 · Infectiologie

Infections urinaires : refonte IDSA 2025

Nouvelle classification, antibiothérapie de 1ʳᵉ ligne, durées raccourcies, place des fluoroquinolones, switch IV→PO.

Cours · Cas · 5 QCM · Algo À commencer
03
Module 3 · Pédiatrie

Bronchiolite : moins en faire, mieux soigner

Diagnostic clinique, soins de support, critères d'hospitalisation, place du nirsévimab et de la vaccination maternelle.

Cours · Cas · 5 QCM · Algo À commencer
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Comment utiliser ce cours. Chaque module suit la même structure : (1) cours synthétique avec onglets (Définitions / Diagnostic / Traitement / Suivi) et schémas, (2) cas clinique d'application, (3) 5 QCM avec feedback immédiat, (4) algorithme décisionnel, (5) score et points-clés. Votre progression est sauvegardée localement.
Module 01 · Cardiologie · Médecine interne

Hypertension artérielle

D'après les ESC 2024 Guidelines for the management of elevated blood pressure and hypertension · Eur Heart J 2024

📖

Le cours

Définition et épidémiologie

L'hypertension artérielle (HTA) reste la première cause modifiable de mortalité cardiovasculaire mondiale. En Tunisie, sa prévalence est estimée à 30-35 % chez l'adulte, avec un taux de contrôle inférieur à 30 %. Le médecin généraliste est en première ligne pour son dépistage, son diagnostic et son suivi.

Les ESC 2024 ont introduit une nouvelle classification simplifiée en trois catégories, fondée sur la mesure de PA en cabinet (au moins deux mesures, à deux consultations distinctes, avec appareil validé).

CatégoriePAS (mmHg)PAD (mmHg)Conduite
PA non élevée< 120< 70Hygiène de vie, suivi à 5 ans
PA élevée (nouveau)120-13970-89Évaluation risque CV, traitement si haut risque
Hypertension≥ 140≥ 90Confirmation hors cabinet, traitement
!
Changement majeur 2024. La nouvelle catégorie « PA élevée » (120-139/70-89) reconnaît qu'un risque cardiovasculaire existe déjà dans cette zone. Pour les patients à haut risque CV (≥ 10 % à 10 ans selon SCORE2, diabète, IRC, ATCD CV), un traitement médicamenteux peut être justifié dès 130/80 mmHg.

Physiopathologie en bref

L'HTA résulte d'une interaction complexe entre facteurs génétiques, environnementaux (excès de sel, sédentarité, alcool, stress, obésité) et hormonaux (système rénine-angiotensine-aldostérone, catécholamines). 90-95 % des HTA sont essentielles ; 5-10 % sont secondaires (hyperaldostéronisme primaire +++, sténose des artères rénales, phéochromocytome, Cushing, SAOS).

PA non élevée PA élevée Hypertension < 120/70 120-139 / 70-89 ≥ 140/90 Hygiène de vie Tt si haut risque CV Tt systématique RISQUE CARDIOVASCULAIRE CROISSANT →
Classification ESC 2024 de la pression artérielle

Confirmer le diagnostic

La PA mesurée au cabinet est sujette à l'effet blouse blanche (PA cabinet élevée mais normale en ambulatoire) et à l'HTA masquée (PA cabinet normale mais élevée en ambulatoire). Les ESC 2024 renforcent fortement la place des mesures hors cabinet.

Méthode de mesure correcte au cabinet :

  • Patient au repos depuis 5 minutes, assis, dos calé, pieds au sol
  • Brassard adapté au tour de bras, posé sur peau nue
  • Bras à hauteur du cœur, au repos sur la table
  • Au moins 2 mesures espacées d'1-2 minutes ; faire la moyenne
  • Mesurer aux deux bras à la 1ʳᵉ consultation (retenir la valeur la plus élevée)
  • Pas de tabac, café, ou exercice dans les 30 minutes précédentes

Mesure ambulatoire (essentielle !)

MéthodeSeuils HTAAvantages
MAPA 24 hDiurne ≥ 135/85
Nocturne ≥ 120/70
24h ≥ 130/80
Référence, détection « non-dippers », HTA nocturne
Auto-mesure (HBPM)Moyenne ≥ 135/85Disponible, observance, suivi long terme

Protocole d'auto-mesure recommandé : appareil oscillométrique validé au bras, 3 mesures matin + 3 mesures soir pendant 7 jours consécutifs ; éliminer le 1ᵉʳ jour ; faire la moyenne des autres mesures.

Bilan initial du patient hypertendu

Le bilan vise à : (1) confirmer le diagnostic, (2) évaluer le retentissement (atteinte d'organes cibles), (3) chercher une cause secondaire, (4) stratifier le risque cardiovasculaire global.

ExamenRecherche
Ionogramme + créat + DFGIRC, hypokaliémie (orientation hyperaldo)
Glycémie à jeun + HbA1cDiabète associé
Bilan lipidique (EAL)Risque CV global
BU + microalbuminurieAtteinte rénale précoce
ECG 12 dérivationsHVG, ischémie, troubles du rythme
NFS · TSH · acide uriqueBilan général · comorbidités
Rapport aldostérone/rénine (nouveau)Hyperaldostéronisme primaire (5-10 % des HTA !)
!
Quand penser à une HTA secondaire ? HTA d'apparition brutale, sujet jeune (< 30 ans), HTA résistante, hypokaliémie spontanée, souffle abdominal, signes cliniques évocateurs (Cushing, phéochromocytome, SAOS).

Évaluation du risque cardiovasculaire

Utiliser SCORE2 (40-69 ans) ou SCORE2-OP (70-89 ans). Patients automatiquement haut risque : ATCD de maladie CV, diabète avec atteinte d'organe, IRC sévère, hypercholestérolémie familiale, HTA grade 3 (≥ 180/110).

Mesures hygiéno-diététiques (à TOUS les patients)

  • Réduction du sel : viser < 5 g/j (~ 2 g de sodium). Effet attendu : -4 à -5 mmHg de PAS
  • Augmentation du potassium alimentaire (fruits, légumes, légumineuses) sauf si IRC. Nouveauté ESC 2024
  • Activité physique : ≥ 150 min/sem aérobie modérée + renforcement 2-3 fois/sem
  • Perte de poids si IMC > 25 (1 kg perdu = ~1 mmHg de PAS en moins)
  • Réduction de l'alcool : < 100 g/sem ; l'abstinence est préférée selon ESC 2024
  • Arrêt du tabac : impact CV majeur
  • Régime DASH ou méditerranéen : -8 à -14 mmHg de PAS

Traitement médicamenteux : la stratégie 2024

Les ESC 2024 confirment le principe de bithérapie d'emblée chez la majorité des patients, en privilégiant la combinaison fixe (single-pill combination) pour améliorer l'observance.

Exceptions où monothérapie possible : sujet âgé fragile, HTA grade 1 à faible risque, certains effets indésirables anticipés.

Combinaison préféréeExemples (Tunisie)Indications
IEC ou ARA2 + Inhibiteur calciquePérindopril/Amlodipine, Valsartan/AmlodipinePremière intention chez la plupart
IEC ou ARA2 + Diurétique thiazidiquePérindopril/Indapamide, Losartan/HCTHTA + œdèmes, sujet âgé, IC
IEC/ARA2 + ICA + ThiazidiqueTriple combinaison fixeHTA non contrôlée sous bithérapie
+ Spironolactone25-50 mg/jHTA résistante (4ᵉ ligne)
×
À éviter absolument. La combinaison IEC + ARA2 n'apporte aucun bénéfice et augmente les EI (hyperkaliémie, IRA). Les β-bloquants ne sont plus en 1ʳᵉ intention sauf indication spécifique (post-IDM, IC, FA, angor).

Cible tensionnelle : la stratégie « opt-out »

Pour la plupart des patients, viser une PAS entre 120 et 129 mmHg si la cible est tolérée. Pour la PAD, < 80 mmHg.

PopulationCible PASCible PAD
Adulte général HTA120-129 mmHg< 80 mmHg
Sujet âgé robuste < 85 ans120-129 mmHg si toléré< 80 mmHg
Sujet âgé fragile ou ≥ 85 ans< 140 mmHg< 90 mmHg
Diabète, IRC, post-AVC120-129 mmHg< 80 mmHg
HTA + intolérance< 140 mmHg< 90 mmHg

SGLT2i et HTA : la nouveauté

Les inhibiteurs du SGLT2 (dapagliflozine, empagliflozine) sont désormais recommandés en cas d'HTA associée à : DT2, insuffisance cardiaque, IRC (DFG ≥ 20). Effet anti-HTA modéré (-3 à -5 mmHg) mais bénéfice cardio-rénal majeur.

Rythme du suivi

  • Initiation : contrôle PA à 2-4 semaines
  • Adaptation : contrôle à 4-8 semaines après chaque changement
  • Patient stable contrôlé : tous les 3-6 mois
  • Bilan annuel : ionogramme, créat, glycémie, EAL, BU, ECG si modifications
  • Auto-mesure : 1 série de 7 jours avant chaque consultation de suivi

HTA résistante

PA non contrôlée malgré ≥ 3 antihypertenseurs (dont un diurétique) à doses optimales. Démarche :

  1. Vérifier l'observance
  2. Éliminer une pseudo-résistance (effet blouse blanche)
  3. Rechercher une HTA secondaire (hyperaldostéronisme +++, SAOS, sténose A. rénale)
  4. Optimiser le traitement : ajout de spironolactone 25-50 mg
  5. Discuter une dénervation rénale (centre expert) — Classe IIb 2024
Chez le sujet âgé robuste (< 85 ans, autonome), viser 120-129 mmHg de PAS si toléré. Chez le sujet fragile ou ≥ 85 ans, cible plus souple (< 140 mmHg). Attention : hypotension orthostatique (mesurer PA debout après 1 et 3 min), risque de chutes, polymédication, IRC liée à l'âge. Privilégier IEC ou ARA2 + ICA. Démarrer à demi-dose. Surveillance étroite.
Définition : PA ≥ 140/90 sur 2 mesures à 4 h d'intervalle. HTA chronique : connue avant 20 SA. HTA gravidique : apparition après 20 SA. Pré-éclampsie : HTA + protéinurie ≥ 300 mg/24h. Traitement : α-méthyldopa, labétalol, nifédipine LP. Contre-indiqués : IEC, ARA2, diurétiques, spironolactone. Aspirine 75-150 mg dès 12 SA si haut risque de pré-éclampsie.
Cible 120-129 / < 80 mmHg. Privilégier IEC ou ARA2 (effet néphroprotecteur). Associer SGLT2i (dapagliflozine, empagliflozine). Surveillance microalbuminurie ≥ 1×/an. Statine systématique si LDL > 0,7 g/L.
Cible 120-129 / < 80 mmHg si toléré. IEC ou ARA2 en première intention même si DFG bas (jusqu'à 20-30 mL/min). Surveillance créat + K+ à 1-2 semaines après chaque modification. Une augmentation de créatinine ≤ 30 % est acceptable. SGLT2i (dapagliflozine) recommandé si DFG ≥ 20.
Urgence hypertensive vraie = PA très élevée + atteinte d'organe aiguë (encéphalopathie, OAP, SCA, dissection aortique, AVC, éclampsie) → hospitalisation immédiate, traitement IV, baisse contrôlée (-25 % en 1 h). Poussée hypertensive simple (PA très élevée sans atteinte d'organe) → repos, traitement oral progressif au cabinet, baisse en 24-48 h. Ne jamais faire de baisse brutale.
À retenir absolument
  • Confirmer l'HTA hors cabinet (MAPA / HBPM) avant de traiter
  • Nouvelle catégorie « PA élevée » 120-139/70-89 : à traiter si haut risque CV
  • Cible PAS 120-129 mmHg chez la majorité (stratégie opt-out)
  • Bithérapie d'emblée en combinaison fixe pour l'observance
  • Dépistage systématique de l'hyperaldostéronisme chez tout HTA
  • SGLT2i si HTA + DT2/IRC/IC
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Le cas

M. Slim B., 58 ans, comptable, vous consulte pour un renouvellement d'ordonnance. Vous mesurez sa PA au cabinet : 156/92 mmHg (puis 152/90 après 5 minutes de repos). Il prend depuis 3 ans un IEC seul (énalapril 10 mg/j). Il signale une fatigue récente et des céphalées matinales. Antécédents : dyslipidémie traitée par atorvastatine, tabagisme actif (15 PA), pas d'antécédent cardiovasculaire personnel. BMI : 28,4 kg/m². Glycémie à jeun récente : 1,18 g/L.
Âge58 ans
PA cabinet156/92 mmHg
BMI28,4
Tabagisme15 PA actif
Glycémie1,18 g/L
TraitementÉnalapril 10 mg

Comment confirmer l'HTA non contrôlée ? Quel objectif viser ? Quelle stratégie thérapeutique ? Cinq questions pour structurer votre raisonnement.

1

Confirmer le diagnostic

QCM 01
Pour confirmer l'HTA chez M. Slim, quelle est l'attitude la plus conforme aux ESC 2024 ?
2

Nouvelle classification

QCM 02
La MAPA confirme une PA moyenne diurne de 148/91 mmHg. D'après la classification ESC 2024, comment classer cette PA ?
3

Objectif tensionnel

QCM 03
Quel est l'objectif de PA systolique cible pour M. Slim selon les ESC 2024 ?
4

Stratégie thérapeutique

QCM 04
Sous énalapril 10 mg seul, M. Slim n'est pas contrôlé. Quelle stratégie privilégier ?
5

Bilan associé

QCM 05
Devant cette HTA non contrôlée, quel dépistage spécifique recommandent désormais les ESC 2024 chez tous les hypertendus adultes ?

L'arbre décisionnel

PA cabinet ≥ 140/90 mmHg sur 2 mesures
Confirmation par MAPA ou auto-mesure
PAS ≥ 135 (MAPA diurne) ou ≥ 135/85 (HBPM) ?
OUI · HTA confirmée
Bilan : iono, créat, glycémie, NFS, ECG, BU, EAL, TSH, microalbuminurie, R aldo/rénine
Évaluation risque CV (SCORE2)
Bithérapie en combinaison fixe : IEC/ARA2 + ICA ou + Thiazidique
+ Mesures hygiéno-diététiques
Cible 120-129 atteinte à 1-3 mois ?
NON
Trithérapie : IEC + ICA + Thiazidique
puis + Spironolactone (HTA résistante)
OUI
Suivi 3-6 mois
Auto-mesure régulière
NON · Effet blouse blanche
Surveillance : auto-mesure 1×/an
Pas de traitement médicamenteux
Mesures hygiéno-diététiques
+
SGLT2i et HTA — la nouveauté 2024. Recommandés en cas d'HTA + comorbidité éligible : DT2, IRC (DFG ≥ 20), IC. Bénéfice cardio-rénal majeur en plus de l'effet anti-HTA modéré.
Module 01 · Cardio-métabolique
0/5
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Module 02 · Infectiologie · Médecine générale

Infections urinaires

D'après IDSA 2025 Clinical Practice Guideline · Complicated Urinary Tract Infections (Trautner et al.)

📖

Le cours

Épidémiologie

Les infections urinaires (IU) sont l'une des infections bactériennes les plus fréquentes en médecine générale. Une femme sur deux aura au moins un épisode au cours de sa vie ; chez l'homme, le risque est plus faible (~14 %) mais augmente nettement après 50 ans.

Le germe principal est Escherichia coli (70-90 % des cystites simples), suivi par Proteus mirabilis, Klebsiella pneumoniae, Staphylococcus saprophyticus. La résistance bactérienne (notamment aux fluoroquinolones et au TMP-SMX) augmente fortement, justifiant une refonte des recommandations IDSA en juillet 2025.

La nouvelle classification IDSA 2025

L'IDSA a simplifié la classification en se basant sur des éléments cliniques observables au point de soins, plutôt que sur des facteurs anatomiques :

TypeDéfinitionCliniquement
IU non compliquée (cystite simple)Infection limitée à la vessieBrûlures, pollakiurie, urgenturie
Sans fièvre, lombalgie, signe systémique
IU compliquéeInfection ayant dépassé la vessieFièvre, frissons, lombalgie, sepsis
Pyélonéphrite, présence de cathéter
!
Ce qui a changé. Auparavant, le diabète, l'immunodépression ou les anomalies anatomiques classaient automatiquement l'IU comme « compliquée ». L'IDSA 2025 considère ces éléments comme des facteurs de risque, mais pas comme des critères de classification. La distinction se fait maintenant sur les signes cliniques observables (fièvre, lombalgie, sepsis) ou la présence d'un cathéter.

Cas particuliers à connaître

  • Bactériurie asymptomatique : présence de bactéries sans symptôme. Ne se traite pas, sauf : grossesse, geste urologique invasif programmé.
  • Cystite récidivante : ≥ 2 épisodes/6 mois ou ≥ 3 épisodes/an. Bilan urologique.
  • IU homme : toujours faire un ECBU. Souvent associée à une atteinte prostatique.
  • IU sur sonde : très fréquente. Ne traiter que si symptomatique. Retirer ou changer la sonde.
  • Pyélonéphrite : forme typique d'IU compliquée. Fièvre + lombalgie + signes urinaires.

Cystite simple : diagnostic clinique

Chez la femme, devant des signes urinaires bas (brûlures, pollakiurie, impériosité) sans fièvre ni douleur lombaire, le diagnostic repose sur :

  1. L'interrogatoire et l'examen clinique (apyrétique, pas de douleur lombaire)
  2. La bandelette urinaire (BU) : leucocytes (+) et/ou nitrites (+) sur 1ʳᵉ miction du matin (ou ≥ 4 h après)

Interprétation BU : Leucocytes (+) ET nitrites (+) = très évocateur ; Leucocytes (+) seuls = possible ; BU complètement négative = très bonne valeur prédictive négative.

Quand faire un ECBU ?

L'ECBU n'est pas systématique pour une cystite simple chez la femme. Indications absolues :

  • Grossesse
  • Échec du traitement de 1ʳᵉ intention
  • Cystite récidivante (≥ 2/6 mois ou ≥ 3/an)
  • Terrain particulier (diabète déséquilibré, immunodépression sévère)
  • Toujours chez l'homme
  • Suspicion d'IU compliquée (fièvre, lombalgie)
  • Pyélonéphrite (avant antibiothérapie)
  • Sondage urinaire avec symptômes

Seuils de positivité ECBU : leucocyturie ≥ 10⁴/mL + bactériurie ≥ 10³/mL chez la femme symptomatique (E. coli) ; ≥ 10⁵/mL pour les autres germes.

Quand faire une imagerie ?

  • Cystite simple : aucune imagerie
  • Cystite récidivante : échographie rénale et vésicale
  • Pyélonéphrite simple : échographie dans les 24 h pour éliminer obstacle
  • Pyélonéphrite compliquée / sepsis : uroscanner
  • IU homme récidivante : échographie endo-rectale, uroscanner
Symptômes urinaires Fièvre / lombalgie ? NON OUI Cystite simple BU ± · Pas d'ECBU IU compliquée / PNA ECBU + bilan + écho
Démarche diagnostique simplifiée IDSA 2025

Cystite simple : 1ʳᵉ ligne

Les antibiotiques de 1ʳᵉ intention sont ceux qui combinent excellente efficacité, faible résistance, peu d'effets secondaires, et préservation des autres antibiotiques.

AntibiotiquePosologieDuréeCommentaire
Fosfomycine-trométamol3 g PODose unique1ʳᵉ ligne · Monuril® · à jeun, le soir, après miction
Nitrofurantoïne100 mg × 2/j PO5 jours1ʳᵉ ligne · CI si DFG < 30, fin de grossesse
Pivmécillinam400 mg × 3/j PO5 jours2ᵉ ligne · disponibilité variable
×
À éviter en 1ʳᵉ intention pour cystite simple.
  • Fluoroquinolones : risques d'EI graves (tendinopathies, anévrysmes aortiques, troubles psychiatriques, allongement QT).
  • Amoxicilline et amoxicilline-clavulanate : taux de résistance élevés (> 30 %).
  • TMP-SMX : utilisable seulement si résistance locale < 20 %.
  • C3G orales : sélection forte de BLSE.

Pyélonéphrite aiguë / IU compliquée sans gravité

Démarche en 4 étapes : (1) ECBU avant ATB, (2) bilan minimal, (3) ATB probabiliste, (4) imagerie selon contexte.

Antibiotique probabilistePosologieDurée totale
Ceftriaxone (C3G)1 g IM ou IV/j7 jours (avec relais PO)
Ciprofloxacine PO500 mg × 2/j5-7 jours
Lévofloxacine PO500-750 mg/j5-7 jours

Choix de la fluoroquinolone : uniquement si pas d'exposition aux FQ dans les 12 derniers mois. Vérifier l'antibiogramme dès qu'il est disponible.

IU compliquée avec sepsis

  • Hospitalisation
  • Antibiothérapie IV : C3G (ceftriaxone, céfépime) ± aminoside (gentamicine 5-7 mg/kg ×1/j pendant 48-72 h)
  • Si suspicion de BLSE : carbapénème (imipénème, méropénème, ertapénème)
  • Adaptation rapide selon l'antibiogramme

Switch IV → PO et durée

3 critères pour le switch IV → PO
  • Amélioration clinique (apyrexie depuis ≥ 24-48 h, hémodynamique stable)
  • Tolérance digestive de la voie orale
  • Disponibilité d'un antibiotique oral efficace selon l'antibiogramme

Durées raccourcies (IDSA 2025) : 5-7 jours si fluoroquinolone, 7 jours si non-fluoroquinolone. 7 jours si bactériémie associée. Cette durée s'applique même chez l'homme (avant on traitait 14-21 jours).

Cystite récidivante

Définition : ≥ 2 épisodes en 6 mois ou ≥ 3 épisodes/an. Démarche :

  1. ECBU à chaque épisode avec antibiogramme
  2. Bilan urologique : échographie rénale et vésicale (résidu post-mictionnel)
  3. Mesures préventives :
  • Hydratation abondante (≥ 1,5 L/j)
  • Mictions régulières, miction post-coïtale
  • Hygiène intime : essuyage d'avant en arrière
  • Lutter contre la constipation
  • Canneberge (cranberry) : niveau de preuve faible
  • Œstrogènes locaux chez la femme ménopausée (preuves modérées)
  • Antibioprophylaxie à discuter en dernier recours

IU et grossesse

Toute bactériurie doit être traitée, même asymptomatique.

  • BU systématique à chaque consultation prénatale, ECBU si BU positive
  • ECBU systématique au 4ᵉ mois
  • Antibiotiques utilisables : pivmécillinam, fosfomycine, nitrofurantoïne (sauf en fin de grossesse), C3G
  • Contre-indiqués : fluoroquinolones, tétracyclines, sulfamides au 3ᵉ trimestre
  • Durée : 7 jours pour cystite (pas de dose unique)

IU chez l'homme

Toute IU chez l'homme est considérée comme potentiellement compliquée (atteinte prostatique fréquente).

  • ECBU systématique avant antibiothérapie
  • Examen clinique : TR pour rechercher prostatite
  • Antibiothérapie : fluoroquinolone ou TMP-SMX (bonne diffusion prostatique) selon antibiogramme
  • Durée : 7 jours pour cystite simple (IDSA 2025), 14 jours si prostatite, jusqu'à 21-28 jours si prostatite chronique
  • Bilan urologique si récidive

IU sur sonde

  • Bactériurie asymptomatique sur sonde : ne pas traiter
  • Traiter uniquement si signes cliniques (fièvre, sepsis)
  • Retirer ou changer la sonde avant ECBU
  • Limiter l'usage des sondes au strict nécessaire

Critères de gravité imposant l'hospitalisation

Hospitaliser une IU si...
  • Sepsis ou choc septique
  • Vomissements empêchant la voie orale
  • Doute diagnostique
  • Immunodépression sévère
  • Obstacle urinaire (lithiase, tumeur)
  • Échec d'un traitement ambulatoire
  • Conditions sociales défavorables
  • Femme enceinte avec PNA
i

Le cas

Mme Amel T., 32 ans, sans antécédent particulier, vous consulte pour des brûlures mictionnelles évoluant depuis 48 h, associées à une pollakiurie et une impériosité. Pas de fièvre. Pas de douleur lombaire. Pas de grossesse en cours. C'est son premier épisode de l'année. Examen clinique : apyrétique (37,1°C), abdomen souple, pas de douleur lombaire, fosses lombaires libres. BU au cabinet : leucocytes ++, nitrites +.
Âge32 ans
SymptômesBrûlures, pollakiurie
FièvreAucune
LombalgieAucune
BULeuco ++ / Nit +
GrossesseNon
1

Classification

QCM 01
Selon la nouvelle classification IDSA 2025, comment classer l'infection de Mme Amel ?
2

Examens

QCM 02
Quel(s) examen(s) demander avant de traiter Mme Amel ?
3

Traitement 1ʳᵉ ligne

QCM 03
Quelle antibiothérapie probabiliste de 1ʳᵉ intention prescrire à Mme Amel ?
4

Évolution défavorable

QCM 04
3 jours après la fosfomycine, Mme Amel revient avec fièvre à 39°C, frissons, et douleur lombaire droite. La BU est positive. Quelle attitude ?
5

Durée et switch

QCM 05
Concernant la durée de traitement et le switch IV-PO d'une PNA / IU compliquée, que recommande l'IDSA 2025 ?

L'arbre décisionnel

Symptômes urinaires (brûlures, pollakiurie, urgence)
Fièvre / lombalgie / signes systémiques ?
NON
Cystite simple
BU positive ?
Fosfomycine 3 g dose unique
OU Nitrofurantoïne 100 mg ×2 × 5 j
Amélioration à J3 ?
OUI
Guérison
NON
ECBU + adapter ATB
OUI
PNA / IU compliquée
ECBU AVANT ATB + bilan + écho
Sepsis sévère ?
OUI
Hospitalisation
C3G IV ± aminoside
NON
Ceftriaxone 1 g IM/IV/j
OU Ciprofloxacine 500 ×2 PO
7 j total · switch PO précoce
Situation1ʳᵉ ligneDurée
Cystite simple femmeFosfomycine 3 g PODose unique
PNA sans gravitéCeftriaxone 1 g/j IM/IV → PO7 j total
IU compliquée + sepsisC3G IV ± aminoside7-10 j
IU hommeFQ ou TMP-SMX selon ECBU7 j (cystite) à 14 j (prostatite)
Module 02 · Infectiologie
0/5
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Module 03 · Pédiatrie · Pneumologie

Bronchiolite du nourrisson

D'après AAP Bronchiolitis Clinical Practice Guideline (Ralston 2014, réaffirmée 2024) + AAP RSV Prevention Policy 2025

📖

Le cours

Définition

La bronchiolite aiguë est une infection virale aiguë des voies respiratoires inférieures touchant le nourrisson de 1 à 23 mois, caractérisée par une obstruction des petites voies aériennes (bronchioles) entraînant une dyspnée expiratoire avec sibilants ou crépitants.

C'est la première cause d'hospitalisation du nourrisson de moins d'un an. Pic épidémique en saison froide (octobre-mars). En Tunisie, la saison s'étale d'octobre à février-mars.

Étiologie virale

VirusFréquenceParticularités
VRS (virus respiratoire syncytial)50-80 %Cause principale · Formes les plus sévères
Rhinovirus10-30 %Souvent associé à VRS · Risque accru d'asthme ultérieur
Métapneumovirus humain (hMPV)5-10 %Tableau clinique similaire au VRS
Parainfluenza, Influenza, Adénovirus, SARS-CoV-2ResteCo-infections fréquentes

Physiopathologie en bref

Le virus infecte l'épithélium des bronchioles, entraînant : (1) nécrose et desquamation épithéliale, (2) œdème et hypersécrétion de mucus, (3) obstruction luminale par bouchons muqueux et débris cellulaires. Conséquences : distension thoracique, hypoxémie, épuisement respiratoire.

L'inflammation est essentiellement virale et obstructive, pas bronchospastique — c'est pourquoi les bronchodilatateurs et les corticoïdes sont inefficaces.

Facteurs de risque de forme sévère

  • Âge < 3 mois (notamment < 6 semaines)
  • Prématurité < 32 SA
  • Cardiopathie congénitale hémodynamiquement significative
  • Dysplasie bronchopulmonaire
  • Immunodéficience
  • Maladie neuromusculaire
  • Trisomie 21
  • Tabagisme passif au domicile
  • Absence d'allaitement maternel
  • Précarité sociale

Diagnostic clinique

Le diagnostic est exclusivement clinique. Aucun examen complémentaire n'est utile en routine.

Tableau typique :

  1. Phase initiale (J1-J3) : rhinopharyngite (rhinorrhée, toux sèche, fébricule)
  2. Phase d'état (J3-J5, pic) : toux + dyspnée expiratoire avec polypnée, tirage, sibilants ± crépitants
  3. Phase de récupération (J5-J14) : amélioration progressive ; toux résiduelle 2-3 semaines

Évaluation de la sévérité

SévéritéFRTirageSpO₂ AAAlimentation
Légère< 60/minAbsent ou minime≥ 95 %Conservée
Modérée60-70/minModéré90-94 %Diminuée (50-75 %)
Sévère> 70/min ou apnéesMarqué (geignement, BAN)< 90 %Refus

Examens complémentaires : ce qu'il NE faut PAS faire en routine

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L'AAP recommande contre les examens systématiques :
  • Radiographie thoracique : n'améliore pas le pronostic, augmente les ATB inappropriés
  • Test viral (PCR, immunofluorescence VRS) : n'influence pas la prise en charge
  • NFS, CRP, procalcitonine : non discriminants
  • Gaz du sang : sauf forme grave

Indications de la radiographie thoracique :

  • Doute diagnostique (cardiopathie, corps étranger, pneumonie focale)
  • Aggravation clinique secondaire (suspicion de surinfection)
  • Forme sévère ne s'améliorant pas comme attendu
  • Foyer auscultatoire focalisé

Diagnostics différentiels à évoquer

  • Asthme du nourrisson (≥ 3 épisodes de dyspnée sifflante)
  • Pneumonie bactérienne (fièvre élevée, foyer focal)
  • Inhalation de corps étranger (début brutal, syndrome de pénétration)
  • Cardiopathie congénitale décompensée
  • Coqueluche (toux quinteuse, apnées chez le très jeune nourrisson)
  • Mucoviscidose ou autre pathologie pulmonaire chronique

Le principe : « Less is more »

La bronchiolite ne se traite pas médicamenteusement. Le mantra de l'AAP est moins en faire, mieux soigner. Les soins de support sont la pierre angulaire.

Ce qui marche : les soins de support

  • Désobstruction des voies aériennes supérieures : sérum salé physiologique 0,9 % en gouttes nasales + mouche-bébé, avant chaque biberon et au coucher.
  • Hydratation : maintenir un apport hydrique correct ; fractionner les biberons ; sonde gastrique ou voie IV si refus alimentaire majeur
  • Position proclive à 30°
  • Antipyrétique (paracétamol 15 mg/kg toutes les 6 h) si fièvre > 38,5°C
  • Aération de la chambre, hygiène des mains des soignants
  • Surveillance par les parents avec consignes de reconsultation claires

Ce qui ne marche pas (à NE PAS prescrire)

TraitementRecommandation AAPPourquoi ?
Salbutamol nébulisé / sprayNON recommandéPas de bénéfice démontré · Pas de bronchospasme
Épinéphrine nébuliséeNON recommandée en routineEffet temporaire · Ne réduit pas l'admission
Corticoïdes systémiquesNON recommandésAucun bénéfice (Cochrane)
AntibiotiquesNON sauf surinfection bactérienneOrigine virale · Sélection de résistance
Kinésithérapie respiratoireNON recommandéeInefficace · Stressante pour le nourrisson
Sérum salé hypertonique aux urgencesNONPas de réduction d'hospitalisation
Antitussifs, mucolytiquesNONInefficaces et potentiellement dangereux

Cas particuliers : prescriptions encadrées

  • Antibiotiques : uniquement si surinfection bactérienne documentée (pneumonie radiologique focale, OMA purulente, IU associée).
  • Salbutamol : un essai unique peut être tenté chez l'enfant > 6 mois avec terrain atopique fort, à interrompre si pas de réponse claire.

Oxygénothérapie

  • Indication : SpO₂ < 90 % persistante en air ambiant
  • Modalités : lunettes nasales basses ou Hood ; ajuster pour SpO₂ entre 92-96 %
  • Surveillance : oxymétrie continue en phase aiguë
  • HFNC ou VNI en cas d'échec de l'O₂ standard

Hydratation

  • Fractionner les biberons
  • Désobstruction nasale avant chaque tétée
  • Si refus / vomissements : sonde nasogastrique (préférée à la voie IV chez le nourrisson)
  • Voie IV si SNG mal tolérée ou contre-indiquée

Critères d'hospitalisation

Hospitaliser si...
  • SpO₂ < 90 % persistante en air ambiant
  • Détresse respiratoire sévère (FR > 70, tirage marqué, geignement, BAN, cyanose)
  • Apnées ou pauses respiratoires
  • Refus alimentaire ou hydratation impossible
  • Signes de déshydratation
  • Terrain à risque : âge < 3 mois, prématuré < 32 SA, cardiopathie, immunodéficience, DBP
  • Aggravation rapide ou doute diagnostique
  • Conditions sociales défavorables

Critères de sortie d'hospitalisation

  • Amélioration du travail respiratoire
  • SpO₂ ≥ 92 % en air ambiant pendant ≥ 6 h (y compris pendant le sommeil)
  • Hydratation et alimentation orale satisfaisantes
  • Parents formés à la surveillance et aux signes d'alerte
  • Suivi médical organisé (consultation à 48-72 h)

Conseils aux parents (à expliquer SYSTÉMATIQUEMENT)

Évolution attendue : pic des symptômes à J3-J5, amélioration progressive sur 7-14 jours, toux résiduelle possible 2-3 semaines.

Signes d'alerte imposant la reconsultation immédiate :

!
  • Aggravation de la gêne respiratoire (FR rapide, tirage marqué, geignement, cyanose)
  • Refus alimentaire majeur (< 50 % de la ration habituelle)
  • Déshydratation (couches sèches, fontanelle déprimée)
  • Fièvre > 39°C persistante ou apparition tardive
  • Somnolence inhabituelle, irritabilité, hypotonie
  • Pauses respiratoires (apnées) — surtout chez le nourrisson de moins de 3 mois

Prévention

Mesures non spécifiques :

  • Lavage des mains avec solution hydro-alcoolique avant tout contact avec le nourrisson
  • Éviter la fumée de tabac au domicile
  • Allaitement maternel exclusif jusqu'à 6 mois
  • Limiter l'exposition aux personnes enrhumées en saison épidémique
  • Aération régulière des pièces

Prévention spécifique du VRS (révolution 2023-2025) :

StratégieModalitésIndications
Nirsévimab (Beyfortus®)AC monoclonal IM
Dose unique
Protection ~5-6 mois
Tous nourrissons < 8 mois nés pendant ou avant la saison RSV
Vaccination maternelle RSVpreF (Abrysvo®)1 dose IM
32-36 SA
Femmes enceintes 32-36 SA en saison VRS
Palivizumab (ancien standard)15 mg/kg IM
1×/mois pendant la saison
Nourrissons à très haut risque, sans accès au nirsévimab
i
En Tunisie. Le nirsévimab et le vaccin RSVpreF maternel ne sont pas encore largement disponibles ni intégrés au calendrier vaccinal. La prévention reste essentiellement environnementale et éducative pour le moment.
i

Le cas

Une mère vous amène Adam, 8 mois, en consultation un soir de janvier. Toux et rhinorrhée depuis 4 jours, gêne respiratoire depuis hier soir. Pas d'antécédent particulier, né à terme, vacciné à jour, allaité jusqu'à 6 mois. À l'examen : FR 52/min, SpO₂ 95% en air ambiant, T° 37,8°C. Tirage sous-costal modéré. Auscultation : sibilants diffus + crépitants secs bilatéraux. Boit avec difficulté (refuse 1 biberon sur 3). Pas de cyanose, pas d'apnée constatée.
Âge8 mois
FR52/min
SpO₂95 %
TirageSous-costal
HydratationDiminuée
37,8 °C
1

Diagnostic

QCM 01
Comment poser le diagnostic de bronchiolite chez Adam ?
2

Traitement

QCM 02
Quel est le traitement de référence de la bronchiolite chez Adam ?
3

Hospitalisation

QCM 03
Adam doit-il être hospitalisé ? Quels sont les critères d'hospitalisation ?
4

Surveillance

QCM 04
Vous décidez de garder Adam à domicile. Quels signes d'alerte expliquer aux parents pour reconsulter immédiatement ?
5

Prévention RSV

QCM 05
Concernant la prévention de la bronchiolite à VRS, que recommande l'AAP en 2025 ?

L'arbre décisionnel

Nourrisson 1-23 mois · Toux + dyspnée + sibilants/crépitants
Diagnostic clinique de bronchiolite
Pas de radio, pas de test viral, pas de bilan
Évaluation de la sévérité
Légère
SpO₂ ≥ 90 %
Pas de DR sévère
Alimentation OK
Domicile
Désobstruction nasale + hydratation
Éducation parentale
Réévaluation à 24-48 h
Modérée
SpO₂ 90-94 %
Tirage modéré
Alimentation difficile
Surveillance prolongée aux urgences
Hospitalisation si pas d'amélioration
Sévère
SpO₂ < 90 %
DR sévère / apnées
Refus alimentaire
Terrain à risque
Hospitalisation
O₂ si SpO₂ < 90 %
Hydratation SNG ou IV
HFNC/VNI si échec O₂
À retenir absolument
  • Diagnostic clinique : pas de radio, pas de test viral, pas de bilan en routine
  • Less is more : pas de salbutamol, corticoïdes, antibio, kiné
  • Soins de support : désobstruction nasale, hydratation, paracétamol si fièvre
  • O₂ uniquement si SpO₂ < 90 % persistante
  • Critères d'hospitalisation : sévérité clinique > âge seul
  • Éducation parentale : signes d'alerte clairement expliqués
  • Prévention RSV : nirsévimab ± vaccination maternelle 32-36 SA
Module 03 · Pédiatrie
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