Avril 2026

MedCours & Pratique

Éd. №1 · Mix Clinique
« Cours, cas, QCM, algorithmes · Recommandations 2024-2025 · Pratique tunisienne »

Formation médicale, repensée.

Trois cours complets pour le médecin généraliste, fondés sur les recommandations les plus récentes et adaptés à la réalité du cabinet en Tunisie. Chaque module combine cours synthétique, cas clinique, QCM commenté et algorithme décisionnel.

03 modules 15 QCM commentés 03 algorithmes ~60 min par module

Sources de référence

  • 1. ESC 2024 — Management of elevated blood pressure and hypertension
  • 2. IDSA 2025 — Complicated Urinary Tract Infections
  • 3. AAP Bronchiolitis 2014 (réaffirmée 2024) + RSV Prevention 2025
  • 4. Adaptations CNAM Tunisie · médicaments locaux disponibles

Choisir un module

01
Module 1 · Cardio-métabolique

Hypertension artérielle : la révolution ESC 2024

Nouveaux seuils, nouvelle classification « PA élevée », bithérapie d'emblée, place des SGLT2i, dépistage de l'hyperaldostéronisme.

Cours · Cas · 5 QCM · Algo À commencer
02
Module 2 · Infectiologie

Infections urinaires : refonte IDSA 2025

Nouvelle classification, antibiothérapie de 1ʳᵉ ligne, durées raccourcies, place des fluoroquinolones, switch IV→PO.

Cours · Cas · 5 QCM · Algo À commencer
03
Module 3 · Pédiatrie

Bronchiolite : moins en faire, mieux soigner

Diagnostic clinique, soins de support, critères d'hospitalisation, place du nirsévimab et de la vaccination maternelle.

Cours · Cas · 5 QCM · Algo À commencer
04
Module 4 · Endocrinologie

Diabète type 2 : les standards ADA 2025

Cibles glycémiques, algorithme médicamenteux, place des SGLT2i et GLP-1 RA, prévention cardiovasculaire et rénale.

Cours · Cas · 5 QCM · AlgoÀ commencer
05
Module 5 · Pneumologie · Infectiologie

Pneumonie communautaire : stratification et traitement

Score CRB-65, antibiothérapie selon sévérité, durées raccourcies, critères d'hospitalisation, particularités tunisiennes.

Cours · Cas · 5 QCM · AlgoÀ commencer
06
Module 6 · Cardiologie · Prévention

Dyslipidémie : ESC 2024 et cibles LDL agressives

Nouvelles cibles LDL selon le risque CV, statines, ézétimibe, inhibiteurs PCSK9, traitement non-pharmacologique.

Cours · Cas · 5 QCM · AlgoÀ commencer
07
Module 7 · Cardiologie · Rythmologie

Fibrillation auriculaire : ABC de la prise en charge

Anticoagulation (AOD vs AVK), score CHA₂DS₂-VASc, contrôle de fréquence, cardioversion, ablation.

Cours · Cas · 5 QCM · AlgoÀ commencer
08
Module 8 · Oncologie · Médecine générale

Dépistage des cancers fréquents en MG

Cancer colorectal, sein, col utérin, prostate, poumon : recommandations 2024, rôle du MG, dépistage en Tunisie.

Cours · Cas · 5 QCM · AlgoÀ commencer
09
Module 9 · Cardiologie · Urgences

Douleur thoracique et SCA : triage au cabinet

Diagnostic différentiel, score HEART, ECG clés, prise en charge pré-hospitalière, délais door-to-balloon.

Cours · Cas · 5 QCM · AlgoÀ commencer
10
Module 10 · Cardiologie

Insuffisance cardiaque : les 4 piliers thérapeutiques

IEC/ARA2/ARNI, bêtabloquants, ARM, SGLT2i — indications, cibles de dose, suivi ambulatoire.

Cours · Cas · 5 QCM · AlgoÀ commencer
11
Module 11 · Endocrinologie

Hypothyroïdie : diagnostic et suivi en MG

Interprétation TSH, Hashimoto, traitement substitutif par lévothyroxine, populations particulières (grossesse, sujet âgé).

Cours · Cas · 5 QCM · AlgoÀ commencer
12
Module 12 · Pneumologie

BPCO et Asthme adulte : GOLD 2025 & GINA 2024

Diagnostic spirométrique, classification GOLD, bronchodilatateurs LAMA/LABA/CSI, exacerbations, plans d'action asthme.

Cours · Cas · 5 QCM · AlgoÀ commencer
i
Comment utiliser ce cours. Chaque module suit la même structure : (1) cours synthétique avec onglets (Définitions / Diagnostic / Traitement / Suivi) et schémas, (2) cas clinique d'application, (3) 5 QCM avec feedback immédiat, (4) algorithme décisionnel, (5) score et points-clés. Votre progression est sauvegardée localement.
Module 01 · Cardiologie · Médecine interne

Hypertension artérielle

D'après les ESC 2024 Guidelines for the management of elevated blood pressure and hypertension · Eur Heart J 2024

📖

Le cours

Définition et épidémiologie

L'hypertension artérielle (HTA) reste la première cause modifiable de mortalité cardiovasculaire mondiale. En Tunisie, sa prévalence est estimée à 30-35 % chez l'adulte, avec un taux de contrôle inférieur à 30 %. Le médecin généraliste est en première ligne pour son dépistage, son diagnostic et son suivi.

Les ESC 2024 ont introduit une nouvelle classification simplifiée en trois catégories, fondée sur la mesure de PA en cabinet (au moins deux mesures, à deux consultations distinctes, avec appareil validé).

CatégoriePAS (mmHg)PAD (mmHg)Conduite
PA non élevée< 120< 70Hygiène de vie, suivi à 5 ans
PA élevée (nouveau)120-13970-89Évaluation risque CV, traitement si haut risque
Hypertension≥ 140≥ 90Confirmation hors cabinet, traitement
!
Changement majeur 2024. La nouvelle catégorie « PA élevée » (120-139/70-89) reconnaît qu'un risque cardiovasculaire existe déjà dans cette zone. Pour les patients à haut risque CV (≥ 10 % à 10 ans selon SCORE2, diabète, IRC, ATCD CV), un traitement médicamenteux peut être justifié dès 130/80 mmHg.

Physiopathologie en bref

L'HTA résulte d'une interaction complexe entre facteurs génétiques, environnementaux (excès de sel, sédentarité, alcool, stress, obésité) et hormonaux (système rénine-angiotensine-aldostérone, catécholamines). 90-95 % des HTA sont essentielles ; 5-10 % sont secondaires (hyperaldostéronisme primaire +++, sténose des artères rénales, phéochromocytome, Cushing, SAOS).

PA non élevée PA élevée Hypertension < 120/70 120-139 / 70-89 ≥ 140/90 Hygiène de vie Tt si haut risque CV Tt systématique RISQUE CARDIOVASCULAIRE CROISSANT →
Classification ESC 2024 de la pression artérielle

Confirmer le diagnostic

La PA mesurée au cabinet est sujette à l'effet blouse blanche (PA cabinet élevée mais normale en ambulatoire) et à l'HTA masquée (PA cabinet normale mais élevée en ambulatoire). Les ESC 2024 renforcent fortement la place des mesures hors cabinet.

Méthode de mesure correcte au cabinet :

  • Patient au repos depuis 5 minutes, assis, dos calé, pieds au sol
  • Brassard adapté au tour de bras, posé sur peau nue
  • Bras à hauteur du cœur, au repos sur la table
  • Au moins 2 mesures espacées d'1-2 minutes ; faire la moyenne
  • Mesurer aux deux bras à la 1ʳᵉ consultation (retenir la valeur la plus élevée)
  • Pas de tabac, café, ou exercice dans les 30 minutes précédentes

Mesure ambulatoire (essentielle !)

MéthodeSeuils HTAAvantages
MAPA 24 hDiurne ≥ 135/85
Nocturne ≥ 120/70
24h ≥ 130/80
Référence, détection « non-dippers », HTA nocturne
Auto-mesure (HBPM)Moyenne ≥ 135/85Disponible, observance, suivi long terme

Protocole d'auto-mesure recommandé : appareil oscillométrique validé au bras, 3 mesures matin + 3 mesures soir pendant 7 jours consécutifs ; éliminer le 1ᵉʳ jour ; faire la moyenne des autres mesures.

Bilan initial du patient hypertendu

Le bilan vise à : (1) confirmer le diagnostic, (2) évaluer le retentissement (atteinte d'organes cibles), (3) chercher une cause secondaire, (4) stratifier le risque cardiovasculaire global.

ExamenRecherche
Ionogramme + créat + DFGIRC, hypokaliémie (orientation hyperaldo)
Glycémie à jeun + HbA1cDiabète associé
Bilan lipidique (EAL)Risque CV global
BU + microalbuminurieAtteinte rénale précoce
ECG 12 dérivationsHVG, ischémie, troubles du rythme
NFS · TSH · acide uriqueBilan général · comorbidités
Rapport aldostérone/rénine (nouveau)Hyperaldostéronisme primaire (5-10 % des HTA !)
!
Quand penser à une HTA secondaire ? HTA d'apparition brutale, sujet jeune (< 30 ans), HTA résistante, hypokaliémie spontanée, souffle abdominal, signes cliniques évocateurs (Cushing, phéochromocytome, SAOS).

Évaluation du risque cardiovasculaire

Utiliser SCORE2 (40-69 ans) ou SCORE2-OP (70-89 ans). Patients automatiquement haut risque : ATCD de maladie CV, diabète avec atteinte d'organe, IRC sévère, hypercholestérolémie familiale, HTA grade 3 (≥ 180/110).

Mesures hygiéno-diététiques (à TOUS les patients)

  • Réduction du sel : viser < 5 g/j (~ 2 g de sodium). Effet attendu : -4 à -5 mmHg de PAS
  • Augmentation du potassium alimentaire (fruits, légumes, légumineuses) sauf si IRC. Nouveauté ESC 2024
  • Activité physique : ≥ 150 min/sem aérobie modérée + renforcement 2-3 fois/sem
  • Perte de poids si IMC > 25 (1 kg perdu = ~1 mmHg de PAS en moins)
  • Réduction de l'alcool : < 100 g/sem ; l'abstinence est préférée selon ESC 2024
  • Arrêt du tabac : impact CV majeur
  • Régime DASH ou méditerranéen : -8 à -14 mmHg de PAS

Traitement médicamenteux : la stratégie 2024

Les ESC 2024 confirment le principe de bithérapie d'emblée chez la majorité des patients, en privilégiant la combinaison fixe (single-pill combination) pour améliorer l'observance.

Exceptions où monothérapie possible : sujet âgé fragile, HTA grade 1 à faible risque, certains effets indésirables anticipés.

Combinaison préféréeExemples (Tunisie)Indications
IEC ou ARA2 + Inhibiteur calciquePérindopril/Amlodipine, Valsartan/AmlodipinePremière intention chez la plupart
IEC ou ARA2 + Diurétique thiazidiquePérindopril/Indapamide, Losartan/HCTHTA + œdèmes, sujet âgé, IC
IEC/ARA2 + ICA + ThiazidiqueTriple combinaison fixeHTA non contrôlée sous bithérapie
+ Spironolactone25-50 mg/jHTA résistante (4ᵉ ligne)
×
À éviter absolument. La combinaison IEC + ARA2 n'apporte aucun bénéfice et augmente les EI (hyperkaliémie, IRA). Les β-bloquants ne sont plus en 1ʳᵉ intention sauf indication spécifique (post-IDM, IC, FA, angor).

Cible tensionnelle : la stratégie « opt-out »

Pour la plupart des patients, viser une PAS entre 120 et 129 mmHg si la cible est tolérée. Pour la PAD, < 80 mmHg.

PopulationCible PASCible PAD
Adulte général HTA120-129 mmHg< 80 mmHg
Sujet âgé robuste < 85 ans120-129 mmHg si toléré< 80 mmHg
Sujet âgé fragile ou ≥ 85 ans< 140 mmHg< 90 mmHg
Diabète, IRC, post-AVC120-129 mmHg< 80 mmHg
HTA + intolérance< 140 mmHg< 90 mmHg

SGLT2i et HTA : la nouveauté

Les inhibiteurs du SGLT2 (dapagliflozine, empagliflozine) sont désormais recommandés en cas d'HTA associée à : DT2, insuffisance cardiaque, IRC (DFG ≥ 20). Effet anti-HTA modéré (-3 à -5 mmHg) mais bénéfice cardio-rénal majeur.

Rythme du suivi

  • Initiation : contrôle PA à 2-4 semaines
  • Adaptation : contrôle à 4-8 semaines après chaque changement
  • Patient stable contrôlé : tous les 3-6 mois
  • Bilan annuel : ionogramme, créat, glycémie, EAL, BU, ECG si modifications
  • Auto-mesure : 1 série de 7 jours avant chaque consultation de suivi

HTA résistante

PA non contrôlée malgré ≥ 3 antihypertenseurs (dont un diurétique) à doses optimales. Démarche :

  1. Vérifier l'observance
  2. Éliminer une pseudo-résistance (effet blouse blanche)
  3. Rechercher une HTA secondaire (hyperaldostéronisme +++, SAOS, sténose A. rénale)
  4. Optimiser le traitement : ajout de spironolactone 25-50 mg
  5. Discuter une dénervation rénale (centre expert) — Classe IIb 2024
Chez le sujet âgé robuste (< 85 ans, autonome), viser 120-129 mmHg de PAS si toléré. Chez le sujet fragile ou ≥ 85 ans, cible plus souple (< 140 mmHg). Attention : hypotension orthostatique (mesurer PA debout après 1 et 3 min), risque de chutes, polymédication, IRC liée à l'âge. Privilégier IEC ou ARA2 + ICA. Démarrer à demi-dose. Surveillance étroite.
Définition : PA ≥ 140/90 sur 2 mesures à 4 h d'intervalle. HTA chronique : connue avant 20 SA. HTA gravidique : apparition après 20 SA. Pré-éclampsie : HTA + protéinurie ≥ 300 mg/24h. Traitement : α-méthyldopa, labétalol, nifédipine LP. Contre-indiqués : IEC, ARA2, diurétiques, spironolactone. Aspirine 75-150 mg dès 12 SA si haut risque de pré-éclampsie.
Cible 120-129 / < 80 mmHg. Privilégier IEC ou ARA2 (effet néphroprotecteur). Associer SGLT2i (dapagliflozine, empagliflozine). Surveillance microalbuminurie ≥ 1×/an. Statine systématique si LDL > 0,7 g/L.
Cible 120-129 / < 80 mmHg si toléré. IEC ou ARA2 en première intention même si DFG bas (jusqu'à 20-30 mL/min). Surveillance créat + K+ à 1-2 semaines après chaque modification. Une augmentation de créatinine ≤ 30 % est acceptable. SGLT2i (dapagliflozine) recommandé si DFG ≥ 20.
Urgence hypertensive vraie = PA très élevée + atteinte d'organe aiguë (encéphalopathie, OAP, SCA, dissection aortique, AVC, éclampsie) → hospitalisation immédiate, traitement IV, baisse contrôlée (-25 % en 1 h). Poussée hypertensive simple (PA très élevée sans atteinte d'organe) → repos, traitement oral progressif au cabinet, baisse en 24-48 h. Ne jamais faire de baisse brutale.
À retenir absolument
  • Confirmer l'HTA hors cabinet (MAPA / HBPM) avant de traiter
  • Nouvelle catégorie « PA élevée » 120-139/70-89 : à traiter si haut risque CV
  • Cible PAS 120-129 mmHg chez la majorité (stratégie opt-out)
  • Bithérapie d'emblée en combinaison fixe pour l'observance
  • Dépistage systématique de l'hyperaldostéronisme chez tout HTA
  • SGLT2i si HTA + DT2/IRC/IC
i

Le cas

M. Slim B., 58 ans, comptable, vous consulte pour un renouvellement d'ordonnance. Vous mesurez sa PA au cabinet : 156/92 mmHg (puis 152/90 après 5 minutes de repos). Il prend depuis 3 ans un IEC seul (énalapril 10 mg/j). Il signale une fatigue récente et des céphalées matinales. Antécédents : dyslipidémie traitée par atorvastatine, tabagisme actif (15 PA), pas d'antécédent cardiovasculaire personnel. BMI : 28,4 kg/m². Glycémie à jeun récente : 1,18 g/L.
Âge58 ans
PA cabinet156/92 mmHg
BMI28,4
Tabagisme15 PA actif
Glycémie1,18 g/L
TraitementÉnalapril 10 mg

Comment confirmer l'HTA non contrôlée ? Quel objectif viser ? Quelle stratégie thérapeutique ? Cinq questions pour structurer votre raisonnement.

1

Confirmer le diagnostic

QCM 01
Pour confirmer l'HTA chez M. Slim, quelle est l'attitude la plus conforme aux ESC 2024 ?
2

Nouvelle classification

QCM 02
La MAPA confirme une PA moyenne diurne de 148/91 mmHg. D'après la classification ESC 2024, comment classer cette PA ?
3

Objectif tensionnel

QCM 03
Quel est l'objectif de PA systolique cible pour M. Slim selon les ESC 2024 ?
4

Stratégie thérapeutique

QCM 04
Sous énalapril 10 mg seul, M. Slim n'est pas contrôlé. Quelle stratégie privilégier ?
5

Bilan associé

QCM 05
Devant cette HTA non contrôlée, quel dépistage spécifique recommandent désormais les ESC 2024 chez tous les hypertendus adultes ?

L'arbre décisionnel

PA cabinet ≥ 140/90 mmHg sur 2 mesures
Confirmation par MAPA ou auto-mesure
PAS ≥ 135 (MAPA diurne) ou ≥ 135/85 (HBPM) ?
OUI · HTA confirmée
Bilan : iono, créat, glycémie, NFS, ECG, BU, EAL, TSH, microalbuminurie, R aldo/rénine
Évaluation risque CV (SCORE2)
Bithérapie en combinaison fixe : IEC/ARA2 + ICA ou + Thiazidique
+ Mesures hygiéno-diététiques
Cible 120-129 atteinte à 1-3 mois ?
NON
Trithérapie : IEC + ICA + Thiazidique
puis + Spironolactone (HTA résistante)
OUI
Suivi 3-6 mois
Auto-mesure régulière
NON · Effet blouse blanche
Surveillance : auto-mesure 1×/an
Pas de traitement médicamenteux
Mesures hygiéno-diététiques
+
SGLT2i et HTA — la nouveauté 2024. Recommandés en cas d'HTA + comorbidité éligible : DT2, IRC (DFG ≥ 20), IC. Bénéfice cardio-rénal majeur en plus de l'effet anti-HTA modéré.
Module 01 · Cardio-métabolique
0/5
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Module 02 · Infectiologie · Médecine générale

Infections urinaires

D'après IDSA 2025 Clinical Practice Guideline · Complicated Urinary Tract Infections (Trautner et al.)

📖

Le cours

Épidémiologie

Les infections urinaires (IU) sont l'une des infections bactériennes les plus fréquentes en médecine générale. Une femme sur deux aura au moins un épisode au cours de sa vie ; chez l'homme, le risque est plus faible (~14 %) mais augmente nettement après 50 ans.

Le germe principal est Escherichia coli (70-90 % des cystites simples), suivi par Proteus mirabilis, Klebsiella pneumoniae, Staphylococcus saprophyticus. La résistance bactérienne (notamment aux fluoroquinolones et au TMP-SMX) augmente fortement, justifiant une refonte des recommandations IDSA en juillet 2025.

La nouvelle classification IDSA 2025

L'IDSA a simplifié la classification en se basant sur des éléments cliniques observables au point de soins, plutôt que sur des facteurs anatomiques :

TypeDéfinitionCliniquement
IU non compliquée (cystite simple)Infection limitée à la vessieBrûlures, pollakiurie, urgenturie
Sans fièvre, lombalgie, signe systémique
IU compliquéeInfection ayant dépassé la vessieFièvre, frissons, lombalgie, sepsis
Pyélonéphrite, présence de cathéter
!
Ce qui a changé. Auparavant, le diabète, l'immunodépression ou les anomalies anatomiques classaient automatiquement l'IU comme « compliquée ». L'IDSA 2025 considère ces éléments comme des facteurs de risque, mais pas comme des critères de classification. La distinction se fait maintenant sur les signes cliniques observables (fièvre, lombalgie, sepsis) ou la présence d'un cathéter.

Cas particuliers à connaître

  • Bactériurie asymptomatique : présence de bactéries sans symptôme. Ne se traite pas, sauf : grossesse, geste urologique invasif programmé.
  • Cystite récidivante : ≥ 2 épisodes/6 mois ou ≥ 3 épisodes/an. Bilan urologique.
  • IU homme : toujours faire un ECBU. Souvent associée à une atteinte prostatique.
  • IU sur sonde : très fréquente. Ne traiter que si symptomatique. Retirer ou changer la sonde.
  • Pyélonéphrite : forme typique d'IU compliquée. Fièvre + lombalgie + signes urinaires.

Cystite simple : diagnostic clinique

Chez la femme, devant des signes urinaires bas (brûlures, pollakiurie, impériosité) sans fièvre ni douleur lombaire, le diagnostic repose sur :

  1. L'interrogatoire et l'examen clinique (apyrétique, pas de douleur lombaire)
  2. La bandelette urinaire (BU) : leucocytes (+) et/ou nitrites (+) sur 1ʳᵉ miction du matin (ou ≥ 4 h après)

Interprétation BU : Leucocytes (+) ET nitrites (+) = très évocateur ; Leucocytes (+) seuls = possible ; BU complètement négative = très bonne valeur prédictive négative.

Quand faire un ECBU ?

L'ECBU n'est pas systématique pour une cystite simple chez la femme. Indications absolues :

  • Grossesse
  • Échec du traitement de 1ʳᵉ intention
  • Cystite récidivante (≥ 2/6 mois ou ≥ 3/an)
  • Terrain particulier (diabète déséquilibré, immunodépression sévère)
  • Toujours chez l'homme
  • Suspicion d'IU compliquée (fièvre, lombalgie)
  • Pyélonéphrite (avant antibiothérapie)
  • Sondage urinaire avec symptômes

Seuils de positivité ECBU : leucocyturie ≥ 10⁴/mL + bactériurie ≥ 10³/mL chez la femme symptomatique (E. coli) ; ≥ 10⁵/mL pour les autres germes.

Quand faire une imagerie ?

  • Cystite simple : aucune imagerie
  • Cystite récidivante : échographie rénale et vésicale
  • Pyélonéphrite simple : échographie dans les 24 h pour éliminer obstacle
  • Pyélonéphrite compliquée / sepsis : uroscanner
  • IU homme récidivante : échographie endo-rectale, uroscanner
Symptômes urinaires Fièvre / lombalgie ? NON OUI Cystite simple BU ± · Pas d'ECBU IU compliquée / PNA ECBU + bilan + écho
Démarche diagnostique simplifiée IDSA 2025

Cystite simple : 1ʳᵉ ligne

Les antibiotiques de 1ʳᵉ intention sont ceux qui combinent excellente efficacité, faible résistance, peu d'effets secondaires, et préservation des autres antibiotiques.

AntibiotiquePosologieDuréeCommentaire
Fosfomycine-trométamol3 g PODose unique1ʳᵉ ligne · Monuril® · à jeun, le soir, après miction
Nitrofurantoïne100 mg × 2/j PO5 jours1ʳᵉ ligne · CI si DFG < 30, fin de grossesse
Pivmécillinam400 mg × 3/j PO5 jours2ᵉ ligne · disponibilité variable
×
À éviter en 1ʳᵉ intention pour cystite simple.
  • Fluoroquinolones : risques d'EI graves (tendinopathies, anévrysmes aortiques, troubles psychiatriques, allongement QT).
  • Amoxicilline et amoxicilline-clavulanate : taux de résistance élevés (> 30 %).
  • TMP-SMX : utilisable seulement si résistance locale < 20 %.
  • C3G orales : sélection forte de BLSE.

Pyélonéphrite aiguë / IU compliquée sans gravité

Démarche en 4 étapes : (1) ECBU avant ATB, (2) bilan minimal, (3) ATB probabiliste, (4) imagerie selon contexte.

Antibiotique probabilistePosologieDurée totale
Ceftriaxone (C3G)1 g IM ou IV/j7 jours (avec relais PO)
Ciprofloxacine PO500 mg × 2/j5-7 jours
Lévofloxacine PO500-750 mg/j5-7 jours

Choix de la fluoroquinolone : uniquement si pas d'exposition aux FQ dans les 12 derniers mois. Vérifier l'antibiogramme dès qu'il est disponible.

IU compliquée avec sepsis

  • Hospitalisation
  • Antibiothérapie IV : C3G (ceftriaxone, céfépime) ± aminoside (gentamicine 5-7 mg/kg ×1/j pendant 48-72 h)
  • Si suspicion de BLSE : carbapénème (imipénème, méropénème, ertapénème)
  • Adaptation rapide selon l'antibiogramme

Switch IV → PO et durée

3 critères pour le switch IV → PO
  • Amélioration clinique (apyrexie depuis ≥ 24-48 h, hémodynamique stable)
  • Tolérance digestive de la voie orale
  • Disponibilité d'un antibiotique oral efficace selon l'antibiogramme

Durées raccourcies (IDSA 2025) : 5-7 jours si fluoroquinolone, 7 jours si non-fluoroquinolone. 7 jours si bactériémie associée. Cette durée s'applique même chez l'homme (avant on traitait 14-21 jours).

Cystite récidivante

Définition : ≥ 2 épisodes en 6 mois ou ≥ 3 épisodes/an. Démarche :

  1. ECBU à chaque épisode avec antibiogramme
  2. Bilan urologique : échographie rénale et vésicale (résidu post-mictionnel)
  3. Mesures préventives :
  • Hydratation abondante (≥ 1,5 L/j)
  • Mictions régulières, miction post-coïtale
  • Hygiène intime : essuyage d'avant en arrière
  • Lutter contre la constipation
  • Canneberge (cranberry) : niveau de preuve faible
  • Œstrogènes locaux chez la femme ménopausée (preuves modérées)
  • Antibioprophylaxie à discuter en dernier recours

IU et grossesse

Toute bactériurie doit être traitée, même asymptomatique.

  • BU systématique à chaque consultation prénatale, ECBU si BU positive
  • ECBU systématique au 4ᵉ mois
  • Antibiotiques utilisables : pivmécillinam, fosfomycine, nitrofurantoïne (sauf en fin de grossesse), C3G
  • Contre-indiqués : fluoroquinolones, tétracyclines, sulfamides au 3ᵉ trimestre
  • Durée : 7 jours pour cystite (pas de dose unique)

IU chez l'homme

Toute IU chez l'homme est considérée comme potentiellement compliquée (atteinte prostatique fréquente).

  • ECBU systématique avant antibiothérapie
  • Examen clinique : TR pour rechercher prostatite
  • Antibiothérapie : fluoroquinolone ou TMP-SMX (bonne diffusion prostatique) selon antibiogramme
  • Durée : 7 jours pour cystite simple (IDSA 2025), 14 jours si prostatite, jusqu'à 21-28 jours si prostatite chronique
  • Bilan urologique si récidive

IU sur sonde

  • Bactériurie asymptomatique sur sonde : ne pas traiter
  • Traiter uniquement si signes cliniques (fièvre, sepsis)
  • Retirer ou changer la sonde avant ECBU
  • Limiter l'usage des sondes au strict nécessaire

Critères de gravité imposant l'hospitalisation

Hospitaliser une IU si...
  • Sepsis ou choc septique
  • Vomissements empêchant la voie orale
  • Doute diagnostique
  • Immunodépression sévère
  • Obstacle urinaire (lithiase, tumeur)
  • Échec d'un traitement ambulatoire
  • Conditions sociales défavorables
  • Femme enceinte avec PNA
i

Le cas

Mme Amel T., 32 ans, sans antécédent particulier, vous consulte pour des brûlures mictionnelles évoluant depuis 48 h, associées à une pollakiurie et une impériosité. Pas de fièvre. Pas de douleur lombaire. Pas de grossesse en cours. C'est son premier épisode de l'année. Examen clinique : apyrétique (37,1°C), abdomen souple, pas de douleur lombaire, fosses lombaires libres. BU au cabinet : leucocytes ++, nitrites +.
Âge32 ans
SymptômesBrûlures, pollakiurie
FièvreAucune
LombalgieAucune
BULeuco ++ / Nit +
GrossesseNon
1

Classification

QCM 01
Selon la nouvelle classification IDSA 2025, comment classer l'infection de Mme Amel ?
2

Examens

QCM 02
Quel(s) examen(s) demander avant de traiter Mme Amel ?
3

Traitement 1ʳᵉ ligne

QCM 03
Quelle antibiothérapie probabiliste de 1ʳᵉ intention prescrire à Mme Amel ?
4

Évolution défavorable

QCM 04
3 jours après la fosfomycine, Mme Amel revient avec fièvre à 39°C, frissons, et douleur lombaire droite. La BU est positive. Quelle attitude ?
5

Durée et switch

QCM 05
Concernant la durée de traitement et le switch IV-PO d'une PNA / IU compliquée, que recommande l'IDSA 2025 ?

L'arbre décisionnel

Symptômes urinaires (brûlures, pollakiurie, urgence)
Fièvre / lombalgie / signes systémiques ?
NON
Cystite simple
BU positive ?
Fosfomycine 3 g dose unique
OU Nitrofurantoïne 100 mg ×2 × 5 j
Amélioration à J3 ?
OUI
Guérison
NON
ECBU + adapter ATB
OUI
PNA / IU compliquée
ECBU AVANT ATB + bilan + écho
Sepsis sévère ?
OUI
Hospitalisation
C3G IV ± aminoside
NON
Ceftriaxone 1 g IM/IV/j
OU Ciprofloxacine 500 ×2 PO
7 j total · switch PO précoce
Situation1ʳᵉ ligneDurée
Cystite simple femmeFosfomycine 3 g PODose unique
PNA sans gravitéCeftriaxone 1 g/j IM/IV → PO7 j total
IU compliquée + sepsisC3G IV ± aminoside7-10 j
IU hommeFQ ou TMP-SMX selon ECBU7 j (cystite) à 14 j (prostatite)
Module 02 · Infectiologie
0/5
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Module 03 · Pédiatrie · Pneumologie

Bronchiolite du nourrisson

D'après AAP Bronchiolitis Clinical Practice Guideline (Ralston 2014, réaffirmée 2024) + AAP RSV Prevention Policy 2025

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Le cours

Définition

La bronchiolite aiguë est une infection virale aiguë des voies respiratoires inférieures touchant le nourrisson de 1 à 23 mois, caractérisée par une obstruction des petites voies aériennes (bronchioles) entraînant une dyspnée expiratoire avec sibilants ou crépitants.

C'est la première cause d'hospitalisation du nourrisson de moins d'un an. Pic épidémique en saison froide (octobre-mars). En Tunisie, la saison s'étale d'octobre à février-mars.

Étiologie virale

VirusFréquenceParticularités
VRS (virus respiratoire syncytial)50-80 %Cause principale · Formes les plus sévères
Rhinovirus10-30 %Souvent associé à VRS · Risque accru d'asthme ultérieur
Métapneumovirus humain (hMPV)5-10 %Tableau clinique similaire au VRS
Parainfluenza, Influenza, Adénovirus, SARS-CoV-2ResteCo-infections fréquentes

Physiopathologie en bref

Le virus infecte l'épithélium des bronchioles, entraînant : (1) nécrose et desquamation épithéliale, (2) œdème et hypersécrétion de mucus, (3) obstruction luminale par bouchons muqueux et débris cellulaires. Conséquences : distension thoracique, hypoxémie, épuisement respiratoire.

L'inflammation est essentiellement virale et obstructive, pas bronchospastique — c'est pourquoi les bronchodilatateurs et les corticoïdes sont inefficaces.

Facteurs de risque de forme sévère

  • Âge < 3 mois (notamment < 6 semaines)
  • Prématurité < 32 SA
  • Cardiopathie congénitale hémodynamiquement significative
  • Dysplasie bronchopulmonaire
  • Immunodéficience
  • Maladie neuromusculaire
  • Trisomie 21
  • Tabagisme passif au domicile
  • Absence d'allaitement maternel
  • Précarité sociale

Diagnostic clinique

Le diagnostic est exclusivement clinique. Aucun examen complémentaire n'est utile en routine.

Tableau typique :

  1. Phase initiale (J1-J3) : rhinopharyngite (rhinorrhée, toux sèche, fébricule)
  2. Phase d'état (J3-J5, pic) : toux + dyspnée expiratoire avec polypnée, tirage, sibilants ± crépitants
  3. Phase de récupération (J5-J14) : amélioration progressive ; toux résiduelle 2-3 semaines

Évaluation de la sévérité

SévéritéFRTirageSpO₂ AAAlimentation
Légère< 60/minAbsent ou minime≥ 95 %Conservée
Modérée60-70/minModéré90-94 %Diminuée (50-75 %)
Sévère> 70/min ou apnéesMarqué (geignement, BAN)< 90 %Refus

Examens complémentaires : ce qu'il NE faut PAS faire en routine

×
L'AAP recommande contre les examens systématiques :
  • Radiographie thoracique : n'améliore pas le pronostic, augmente les ATB inappropriés
  • Test viral (PCR, immunofluorescence VRS) : n'influence pas la prise en charge
  • NFS, CRP, procalcitonine : non discriminants
  • Gaz du sang : sauf forme grave

Indications de la radiographie thoracique :

  • Doute diagnostique (cardiopathie, corps étranger, pneumonie focale)
  • Aggravation clinique secondaire (suspicion de surinfection)
  • Forme sévère ne s'améliorant pas comme attendu
  • Foyer auscultatoire focalisé

Diagnostics différentiels à évoquer

  • Asthme du nourrisson (≥ 3 épisodes de dyspnée sifflante)
  • Pneumonie bactérienne (fièvre élevée, foyer focal)
  • Inhalation de corps étranger (début brutal, syndrome de pénétration)
  • Cardiopathie congénitale décompensée
  • Coqueluche (toux quinteuse, apnées chez le très jeune nourrisson)
  • Mucoviscidose ou autre pathologie pulmonaire chronique

Le principe : « Less is more »

La bronchiolite ne se traite pas médicamenteusement. Le mantra de l'AAP est moins en faire, mieux soigner. Les soins de support sont la pierre angulaire.

Ce qui marche : les soins de support

  • Désobstruction des voies aériennes supérieures : sérum salé physiologique 0,9 % en gouttes nasales + mouche-bébé, avant chaque biberon et au coucher.
  • Hydratation : maintenir un apport hydrique correct ; fractionner les biberons ; sonde gastrique ou voie IV si refus alimentaire majeur
  • Position proclive à 30°
  • Antipyrétique (paracétamol 15 mg/kg toutes les 6 h) si fièvre > 38,5°C
  • Aération de la chambre, hygiène des mains des soignants
  • Surveillance par les parents avec consignes de reconsultation claires

Ce qui ne marche pas (à NE PAS prescrire)

TraitementRecommandation AAPPourquoi ?
Salbutamol nébulisé / sprayNON recommandéPas de bénéfice démontré · Pas de bronchospasme
Épinéphrine nébuliséeNON recommandée en routineEffet temporaire · Ne réduit pas l'admission
Corticoïdes systémiquesNON recommandésAucun bénéfice (Cochrane)
AntibiotiquesNON sauf surinfection bactérienneOrigine virale · Sélection de résistance
Kinésithérapie respiratoireNON recommandéeInefficace · Stressante pour le nourrisson
Sérum salé hypertonique aux urgencesNONPas de réduction d'hospitalisation
Antitussifs, mucolytiquesNONInefficaces et potentiellement dangereux

Cas particuliers : prescriptions encadrées

  • Antibiotiques : uniquement si surinfection bactérienne documentée (pneumonie radiologique focale, OMA purulente, IU associée).
  • Salbutamol : un essai unique peut être tenté chez l'enfant > 6 mois avec terrain atopique fort, à interrompre si pas de réponse claire.

Oxygénothérapie

  • Indication : SpO₂ < 90 % persistante en air ambiant
  • Modalités : lunettes nasales basses ou Hood ; ajuster pour SpO₂ entre 92-96 %
  • Surveillance : oxymétrie continue en phase aiguë
  • HFNC ou VNI en cas d'échec de l'O₂ standard

Hydratation

  • Fractionner les biberons
  • Désobstruction nasale avant chaque tétée
  • Si refus / vomissements : sonde nasogastrique (préférée à la voie IV chez le nourrisson)
  • Voie IV si SNG mal tolérée ou contre-indiquée

Critères d'hospitalisation

Hospitaliser si...
  • SpO₂ < 90 % persistante en air ambiant
  • Détresse respiratoire sévère (FR > 70, tirage marqué, geignement, BAN, cyanose)
  • Apnées ou pauses respiratoires
  • Refus alimentaire ou hydratation impossible
  • Signes de déshydratation
  • Terrain à risque : âge < 3 mois, prématuré < 32 SA, cardiopathie, immunodéficience, DBP
  • Aggravation rapide ou doute diagnostique
  • Conditions sociales défavorables

Critères de sortie d'hospitalisation

  • Amélioration du travail respiratoire
  • SpO₂ ≥ 92 % en air ambiant pendant ≥ 6 h (y compris pendant le sommeil)
  • Hydratation et alimentation orale satisfaisantes
  • Parents formés à la surveillance et aux signes d'alerte
  • Suivi médical organisé (consultation à 48-72 h)

Conseils aux parents (à expliquer SYSTÉMATIQUEMENT)

Évolution attendue : pic des symptômes à J3-J5, amélioration progressive sur 7-14 jours, toux résiduelle possible 2-3 semaines.

Signes d'alerte imposant la reconsultation immédiate :

!
  • Aggravation de la gêne respiratoire (FR rapide, tirage marqué, geignement, cyanose)
  • Refus alimentaire majeur (< 50 % de la ration habituelle)
  • Déshydratation (couches sèches, fontanelle déprimée)
  • Fièvre > 39°C persistante ou apparition tardive
  • Somnolence inhabituelle, irritabilité, hypotonie
  • Pauses respiratoires (apnées) — surtout chez le nourrisson de moins de 3 mois

Prévention

Mesures non spécifiques :

  • Lavage des mains avec solution hydro-alcoolique avant tout contact avec le nourrisson
  • Éviter la fumée de tabac au domicile
  • Allaitement maternel exclusif jusqu'à 6 mois
  • Limiter l'exposition aux personnes enrhumées en saison épidémique
  • Aération régulière des pièces

Prévention spécifique du VRS (révolution 2023-2025) :

StratégieModalitésIndications
Nirsévimab (Beyfortus®)AC monoclonal IM
Dose unique
Protection ~5-6 mois
Tous nourrissons < 8 mois nés pendant ou avant la saison RSV
Vaccination maternelle RSVpreF (Abrysvo®)1 dose IM
32-36 SA
Femmes enceintes 32-36 SA en saison VRS
Palivizumab (ancien standard)15 mg/kg IM
1×/mois pendant la saison
Nourrissons à très haut risque, sans accès au nirsévimab
i
En Tunisie. Le nirsévimab et le vaccin RSVpreF maternel ne sont pas encore largement disponibles ni intégrés au calendrier vaccinal. La prévention reste essentiellement environnementale et éducative pour le moment.
i

Le cas

Une mère vous amène Adam, 8 mois, en consultation un soir de janvier. Toux et rhinorrhée depuis 4 jours, gêne respiratoire depuis hier soir. Pas d'antécédent particulier, né à terme, vacciné à jour, allaité jusqu'à 6 mois. À l'examen : FR 52/min, SpO₂ 95% en air ambiant, T° 37,8°C. Tirage sous-costal modéré. Auscultation : sibilants diffus + crépitants secs bilatéraux. Boit avec difficulté (refuse 1 biberon sur 3). Pas de cyanose, pas d'apnée constatée.
Âge8 mois
FR52/min
SpO₂95 %
TirageSous-costal
HydratationDiminuée
37,8 °C
1

Diagnostic

QCM 01
Comment poser le diagnostic de bronchiolite chez Adam ?
2

Traitement

QCM 02
Quel est le traitement de référence de la bronchiolite chez Adam ?
3

Hospitalisation

QCM 03
Adam doit-il être hospitalisé ? Quels sont les critères d'hospitalisation ?
4

Surveillance

QCM 04
Vous décidez de garder Adam à domicile. Quels signes d'alerte expliquer aux parents pour reconsulter immédiatement ?
5

Prévention RSV

QCM 05
Concernant la prévention de la bronchiolite à VRS, que recommande l'AAP en 2025 ?

L'arbre décisionnel

Nourrisson 1-23 mois · Toux + dyspnée + sibilants/crépitants
Diagnostic clinique de bronchiolite
Pas de radio, pas de test viral, pas de bilan
Évaluation de la sévérité
Légère
SpO₂ ≥ 90 %
Pas de DR sévère
Alimentation OK
Domicile
Désobstruction nasale + hydratation
Éducation parentale
Réévaluation à 24-48 h
Modérée
SpO₂ 90-94 %
Tirage modéré
Alimentation difficile
Surveillance prolongée aux urgences
Hospitalisation si pas d'amélioration
Sévère
SpO₂ < 90 %
DR sévère / apnées
Refus alimentaire
Terrain à risque
Hospitalisation
O₂ si SpO₂ < 90 %
Hydratation SNG ou IV
HFNC/VNI si échec O₂
À retenir absolument
  • Diagnostic clinique : pas de radio, pas de test viral, pas de bilan en routine
  • Less is more : pas de salbutamol, corticoïdes, antibio, kiné
  • Soins de support : désobstruction nasale, hydratation, paracétamol si fièvre
  • O₂ uniquement si SpO₂ < 90 % persistante
  • Critères d'hospitalisation : sévérité clinique > âge seul
  • Éducation parentale : signes d'alerte clairement expliqués
  • Prévention RSV : nirsévimab ± vaccination maternelle 32-36 SA
Module 03 · Pédiatrie
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Module 04 · Endocrinologie · Médecine interne

Diabète type 2

D'après ADA Standards of Care in Diabetes 2025 · Diabetes Care 2025;48(Suppl.1)

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Le cours

Épidémiologie

Le DT2 touche 537 millions de personnes dans le monde (IDF 2021) et représente 90-95 % des cas de diabète. En Tunisie, sa prévalence est estimée à 15,4 % chez l'adulte. C'est la première cause d'insuffisance rénale terminale, de cécité et d'amputation non traumatique dans les pays développés.

Physiopathologie

Le DT2 résulte d'une insulinorésistance progressive (muscle, foie, tissu adipeux) combinée à une insuffisance sécrétoire des cellules β. Les « ominous octet » de DeFronzo décrivent 8 organes impliqués : foie, muscle, graisse, pancréas (β et α), rein, cerveau, intestin.

!
Nouveauté ADA 2025. Renforcement du concept de « remission » du DT2 : HbA1c < 6,5 % maintenue ≥ 3 mois SANS traitement pharmacologique, après chirurgie bariatrique ou intervention intensive sur le mode de vie.

Critères diagnostiques

TestSeuil diagnostiqueRemarque
Glycémie à jeun≥ 1,26 g/L (7,0 mmol/L)À confirmer sur 2 prélèvements
HGPO 2h≥ 2,0 g/L (11,1 mmol/L)Après 75 g de glucose
HbA1c≥ 6,5 %Méthode certifiée NGSP/DCCT
Glycémie aléatoire + symptômes≥ 2,0 g/LPas de confirmation nécessaire si symptômes

Dépistage

Dépister tout adulte à risque : IMC ≥ 25 + 1 facteur de risque (ATCD familial, HTA, dyslipidémie, SAOS, sédentarité, ethnie à risque), ou tout adulte ≥ 45 ans. Si normal : redépistage tous les 3 ans.

Évaluation initiale du patient diabétique

ExamenButRythme
HbA1cÉquilibre glycémique3-6 mois (1×/an si stable)
Ionogramme + créat + DFGNéphropathie, IRC1×/an
Microalbuminurie (RAC)Atteinte rénale précoce1×/an
Bilan lipidiqueRisque CV global1×/an
ECG de reposCardiopathie ischémique silencieuseInitial puis selon risque
Fond d'œilRétinopathieTous les 1-2 ans
Examen des piedsNeuropathie, artériopathie1×/an (monofilament, pouls)
PA + poids + tour de tailleSyndrome métaboliqueChaque consultation

Cibles glycémiques ADA 2025

PopulationHbA1c cibleGlycémie à jeunGlycémie post-prandiale (2h)
Adulte général< 7 %0,80-1,30 g/L< 1,80 g/L
Jeune, longue espérance de vie< 6,5 %0,70-1,20 g/L< 1,60 g/L
Sujet âgé fragile, comorbidités< 8 % (8,5 %)1,00-1,80 g/L< 2,00 g/L
Insuffisance rénale terminale7-8 %IndividualiserIndividualiser

Pilier 1 : hygiène de vie (base incontournable)

  • Perte de poids ≥ 5-10 % si surpoids — effet majeur sur HbA1c (-0,5 à -1 %)
  • Activité physique : ≥ 150 min/semaine d'aérobie + renforcement 2-3×/sem
  • Régime méditerranéen ou DASH, pauvre en sucres raffinés et graisses saturées
  • Arrêt du tabac et limitation de l'alcool

Pilier 2 : traitement pharmacologique — algorithme ADA 2025

Priorités de prescription ADA 2025
  • Si ATCD CV, IC ou IRC : commencer par SGLT2i (dapagliflozine, empagliflozine) ou GLP-1 RA (sémaglutide, liraglutide) indépendamment de l'HbA1c
  • Si obésité prédominante : privilégier GLP-1 RA (effet poids -5 à -15 kg) ± SGLT2i
  • Si coût/tolérance limitants : metformine en 1ʳᵉ ligne reste acceptable
  • Intensification si HbA1c non contrôlée à 3 mois
ClasseMolécules (Tunisie)Effet HbA1cAvantagesPrécautions
Metformine500-2000 mg/j-0,9 à -1,2 %Neutre poids, faible coût, CNAMCI si DFG < 30, arrêt si contraste IV
SGLT2iDapagliflozine 10 mg, Empagliflozine 10-25 mg-0,5 à -0,9 %Cardio-rénal, poids ↓, PA ↓Mycoses génitales, DKA euglycémique
GLP-1 RASémaglutide SC/PO, Liraglutide-0,8 à -1,5 %Poids ↓↓, CV bénéficeNausées, coût élevé, CI si gastroparésie
SulfamidesGlimépiride 1-6 mg, Glibenclamide-0,8 à -1,2 %Faible coût, CNAMHypoglycémie, prise de poids
Inhibiteurs DPP-4Sitagliptine 100 mg, Saxagliptine-0,5 à -0,8 %Neutres CV, bien tolérésPancréatite rare, adapter si IRC
InsulineBasale (glargine, détémir), rapide-1 à -2 %Efficacité maximaleHypoglycémie, prise de poids

Insulinothérapie : quand et comment ?

  • HbA1c très élevée (> 10 %) avec symptômes ou catabolisme
  • Échec combinaison orale bien conduite
  • Commencer par insuline basale (glargine) au coucher : 10 UI puis titrer +2 UI tous les 3 j si Gaj > 1,30 g/L
  • Ajouter insuline rapide aux repas si glycémies post-prandiales non contrôlées

Prévention des complications

ComplicationDépistagePrévention/Traitement
NéphropathieRAC + DFG 1×/anIEC/ARA2 + SGLT2i si RAC > 30 mg/g
RétinopathieFond d'œil 1-2×/anContrôle glycémique + HTA, laser si proliférante
NeuropathieMonofilament + pouls annuelsSoins de pied, duloxétine/prégabaline si algique
Maladie CVECG, selon symptômesStatine + aspirine si ATCD CV, SGLT2i/GLP-1 RA
Pied diabétiqueInspection chaque consultationÉducation ++ , référence podologie si plaie
DFG 30-60 : adapter metformine (CI si <30), SGLT2i jusqu'à DFG ≥ 20, réduire dose SU. DFG < 30 : arrêt metformine, SU courte durée avec précaution, GLP-1 RA certains (sémaglutide SC possible jusqu'à DFG 15), insuline reste l'option sûre. Surveillance rapprochée kaliémie sous IEC+SGLT2i.
Cibles strictes : Gaj < 0,95 g/L, post-prandiale 1h < 1,40 g/L, HbA1c < 6 %. Arrêt metformine (données insuffisantes), SGLT2i, GLP-1 RA. Insuline ± metformine si insuffisant. Surveillance accrue malformations, macrosomie. Dépistage DG à 24-28 SA chez femme à risque.
Cible HbA1c < 8 % (voire < 8,5 % si très fragile). Éviter les hypoglycémies (risque chute, démence). Privilégier DPP-4i (bien tolérés). Arrêter sulfamides ou réduire dose. Simplifier le schéma d'insuline. Évaluation gériatrique si doute sur capacité d'autogestion.
À retenir absolument
  • SGLT2i ou GLP-1 RA en 1ʳᵉ ligne si ATCD CV, IC ou IRC
  • Cible HbA1c < 7 % pour la majorité, individualisée
  • Dépistage annuel des complications (rein, œil, pied, cœur)
  • Fond d'œil + examen des pieds à chaque suivi annuel
  • Statine si LDL > 0,7 g/L ou risque CV élevé
i

Le cas

M. Karim S., 52 ans, chauffeur, consulte pour bilan. Glycémie à jeun à 1,72 g/L, HbA1c 8,4 %. Poids 94 kg, taille 1,74 m (IMC 31). PA 142/86. ATCD : HTA traitée (amlodipine/périndopril 5/5), tabagisme sevré il y a 2 ans. Pas d'ATCD CV personnel. Pas de traitement antidiabétique. Bilan lipidique : LDL 1,52 g/L, TG 2,1 g/L. Créatinine : 102 µmol/L (DFG 68). RAC : 42 mg/g.
HbA1c8,4 %
IMC31 kg/m²
PA142/86 mmHg
DFG68 mL/min
RAC42 mg/g
LDL1,52 g/L
1

1ʳᵉ ligne thérapeutique

QCM 01
M. Karim a un DT2 nouvellement diagnostiqué avec microalbuminurie (RAC 42 mg/g) et DFG 68. Quelle stratégie médicamenteuse initier en priorité selon l'ADA 2025 ?
2

Cible HbA1c

QCM 02
Quelle est la cible HbA1c pour M. Karim, 52 ans, sans comorbidité sévère ni fragilité ?
3

Surveillance annuelle

QCM 03
Parmi les bilans suivants, lequel n'est PAS inclus dans le suivi annuel recommandé du DT2 selon l'ADA 2025 ?
4

Statine et DT2

QCM 04
M. Karim a un LDL à 1,52 g/L. Quelle est l'attitude correcte selon l'ADA 2025 concernant la statinothérapie ?
5

SGLT2i et rein

QCM 05
M. Karim démarre la dapagliflozine 10 mg/j. À quel DFG doit-on envisager d'arrêter cet inhibiteur du SGLT2 ?

L'arbre décisionnel

DT2 confirmé (HbA1c ≥ 6,5 %)
ATCD CV, IC ou IRC (DFG < 60 ou RAC > 30) ?
OUI
SGLT2i (dapagliflozine/empagliflozine)
+ Metformine si DFG ≥ 30
± GLP-1 RA si obésité
NON
Obésité prédominante ?
OUI
GLP-1 RA (sémaglutide)
+ Metformine
NON
Metformine 500→2000 mg/j
± SGLT2i ou DPP4i selon tolérance
HbA1c > cible à 3 mois ?
OUI
Intensifier : ajouter 2ᵉ puis 3ᵉ agent
Insuline basale si HbA1c > 10 %
NON
Maintenir + suivi 6 mois
Bilan annuel complications
Module 04 · Diabète type 2
0/5
Bravo !
Module 05 · Pneumologie · Infectiologie

Pneumonie communautaire

D'après ATS/IDSA CAP Guidelines 2019 + ERS/ESCMID 2023 + adaptations ATBVAC Tunisie

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Le cours

Définition

La pneumonie aiguë communautaire (PAC) est une infection du parenchyme pulmonaire acquise en dehors de l'hôpital (ou dans les 48 h suivant l'admission). C'est la première cause de décès par infection dans les pays développés et une cause majeure de mortalité en Tunisie.

Agents responsables

AgentFréquenceTableau typique
Streptococcus pneumoniae30-40 %Fièvre brutale, frissons, point de côté, expectoration rouillée
Mycoplasma pneumoniae15-20 %Début progressif, toux sèche, sujet jeune, forme atypique
Legionella pneumophila5-10 %Fièvre élevée, diarrhée, hyponatrémie, Legionella Ag urinaire +
Chlamydia pneumoniae5-10 %Forme atypique, toux persistante
Virus (Grippe, COVID-19, RSV)VariableContexte épidémique, début brutal
Germes gram-négatifs< 5 % ambulatoireTerrain fragilisé, BPCO, alcoolisme

Score CRB-65 (triage ambulatoire)

CritèreValeurPoints
ConfusionNouveau trouble de la conscience1
Respiratory rateFR ≥ 30/min1
Blood pressurePAS < 90 mmHg ou PAD ≤ 60 mmHg1
65Âge ≥ 65 ans1

Score 0 : traitement ambulatoire. Score 1-2 : hospitalisation à discuter. Score ≥ 3 : hospitalisation urgente (mortalité ~30 %).

Diagnostic clinique

La PAC associe : signes fonctionnels respiratoires (toux ± expectoration, dyspnée, douleur thoracique) + fièvre + foyer auscultatoire (crépitants, souffle tubaire) + syndrome interstitiel ou alvéolaire radiologique.

Examens paracliniques

ExamenIndicationApport
Radiographie thoraciqueSystématique si diagnostic suspectéConfirmation, étendue, complications (pleurésie, abcès)
NFS + CRP + PCTSi hospitalisation ou douteSévérité, orientation étiologique (PCT élevée → bactérien)
ECBCForme sévère ou hospitalisationIdentification du germe avant ATB
Hémocultures × 2Forme sévère, fièvre élevéeBactériémie (20-30 % des PAC sévères)
Ag urinaire LegionellaForme sévère, Legionella suspectéeSensibilité 70-80 %, spécificité > 97 %
PCR respiratoire multiplexContexte épidémique (grippe, COVID)Orientation étiologique virale

Critères d'hospitalisation

Hospitaliser si...
  • Score CRB-65 ≥ 1 (hospitalisation à discuter), ≥ 3 (urgente)
  • SpO₂ < 92 % en air ambiant
  • Épanchement pleural, abcès, atteinte bilatérale étendue
  • Terrain immunodéprimé, comorbidités sévères décompensées
  • Conditions sociales défavorables, inobservance prévisible
  • Absence d'amélioration à 48-72 h de traitement ambulatoire

Antibiothérapie : stratégie par niveau de sévérité

Situation1ʳᵉ intentionAlternativeDurée
PAC légère, ambulatoire, CRB-65=0
Sujet sain, pas de comorbidité
Amoxicilline 1 g × 3/j POPristinamycine 1 g × 3/j
ou Télithromycine
5 jours
PAC légère ambulatoire avec comorbidité
(BPCO, DT2, IRC, alcoolisme)
Amoxicilline-clavulanate 1 g × 3/j POLévofloxacine 500 mg/j5-7 jours
PAC atypique suspectée
(Mycoplasme, Chlamydia — sujet jeune, début progressif)
Macrolide (azithromycine 500 mg J1 puis 250 mg) PODoxycycline 100 mg × 2/j5 jours
PAC hospitalisée (non-sévère)Amoxicilline-clavulanate IV + Macrolide PO
ou C3G IV (céfotaxime, ceftriaxone)
Lévofloxacine 500 mg IV/j7 jours
PAC sévère (USI)C3G IV + Macrolide IV
ou C3G IV + Lévofloxacine IV
Si Legionella : + Azithromycine IV7-10 jours
!
Ne pas utiliser les macrolides seuls si suspicion de pneumocoque (résistance ~25 % en Tunisie). Ne pas utiliser amoxicilline seule si facteurs de risque de germes atypiques ou Gram-négatifs. Durée raccourcie à 5 jours si bonne réponse initiale dans les formes légères à modérées.

Réévaluation à 48-72 h (obligatoire en ambulatoire)

Si pas d'amélioration ou aggravation : hospitalisation, changer d'antibiothérapie, élargir le bilan (scanner thoracique, AG Legionella).

Germes plus fréquents : H. influenzae, M. catarrhalis, Gram-négatifs. Préférer amoxicilline-clavulanate ou lévofloxacine. Risque d'exacerbation grave. Réhospitalisation fréquente. Vérifier vaccination antigrippale et anti-pneumococcique.
Germes opportunistes à évoquer : Pneumocystis jirovecii (PCP), CMV, Aspergillus. Bilan étiologique exhaustif avant ATB. Hospitalisation systématique. TMP-SMX si PCP suspectée. Antifongique si Aspergillus probable. Scanner thoracique systématique.
Vaccin anti-pneumococcique : PCV20 ou PCV15 + PPSV23 recommandé chez : adulte ≥ 65 ans, adulte avec comorbidités (BPCO, DT2, asplénique, IRC, IC, immunodéprimé). En Tunisie : PCV13 disponible (remboursé pour enfants), PPSV23 disponible pour adultes.

Vaccin antigrippal : 1×/an en octobre-novembre. Recommandé chez > 65 ans, grossesse, comorbidités chroniques, soignants. Prévient les PAC grippales et surinfections bactériennes.
À retenir absolument
  • Score CRB-65 pour orienter vers ambulatoire ou hospitalisation
  • Radiographie thoracique systématique si suspicion de PAC
  • Amoxicilline seule si sujet sain sans comorbidité
  • Réévaluation à 48-72 h obligatoire
  • Durée 5 jours si bonne réponse initiale (forme légère)
  • Vaccination anti-pneumococcique et antigrippale des sujets à risque
i

Le cas

M. Hedi B., 71 ans, retraité, consulte pour fièvre à 38,8°C depuis 3 jours, toux productive verdâtre, et douleur basi-thoracique droite à l'inspiration. Légère confusion signalée par la famille. FR 26/min. PA 110/70 mmHg. SpO₂ 93 %. Auscultation : crépitants en base droite. Pas d'hospitalisation récente.
Âge71 ans
FR26/min
PA110/70 mmHg
SpO₂93 %
ConfusionOui
AuscultationCrépitants B droite
1

Score CRB-65

QCM 01
Quel est le score CRB-65 de M. Hedi et quelle est la conduite à tenir ?
2

Antibiothérapie

QCM 02
M. Hedi est hospitalisé. Quelle antibiothérapie initier en probabiliste ?
3

Durée du traitement

QCM 03
M. Hedi s'améliore nettement à J3 : apyrexie, SpO₂ 97 % AA, tolère bien l'alimentation. Quelle est la durée totale recommandée de l'antibiothérapie ?
4

Legionella

QCM 04
Dans quel contexte faut-il rechercher une légionellose en priorité ?
5

Prévention

QCM 05
M. Hedi, 71 ans, n'a jamais été vacciné contre le pneumocoque. Quelle stratégie vaccino-préventive lui proposer à la sortie ?

L'arbre décisionnel

Suspicion de PAC : fièvre + toux + foyer auscultatoire
Radio thoracique (confirme le foyer)
Score CRB-65 ?
Score 0
Ambulatoire
Amoxicilline 1g×3/j × 5j
Réévaluation à 48-72 h
Score 1-2
Hospitalisation discutée
Selon terrain, SpO₂, contexte social
C3G IV + Macrolide PO/IV
7 j total
Score ≥ 3
Hospitalisation urgente
Bilan complet + hémocultures
Ag Legionella + ECBC
C3G IV + Macrolide IV
Module 05 · Pneumonie communautaire
0/5
Bravo !
Module 06 · Cardiologie · Prévention cardiovasculaire

Dyslipidémie & cibles LDL

D'après ESC/EAS Guidelines for Dyslipidaemias 2024 · Eur Heart J 2024

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Le cours

Définitions

La dyslipidémie désigne toute anomalie quantitative ou qualitative des lipoprotéines : hypercholestérolémie (LDL élevé), hypertriglycéridémie, hypo-HDLémie, ou une combinaison. Le LDL-cholestérol est la cible thérapeutique principale, avec un rôle causal prouvé dans l'athérosclérose.

Physiopathologie simplifiée

Le LDL transporte le cholestérol vers les tissus. Son excès entraîne une accumulation dans la paroi artérielle → formation de plaques athéromateuses → ischémie, rupture de plaque, événements cardiovasculaires. La réduction du LDL (-50 % du LDL réduit le risque CV de ~15-25 % selon les essais).

Stratification du risque CV selon ESC 2024

Catégorie de risqueDéfinitionCible LDL
Très haut risqueATCD CV (IDM, AVC, AIT, SCA, revascularisation)
DT2 avec atteinte d'organe
IRC sévère (DFG < 30)
SCORE2 ≥ 10 %
< 0,55 g/L ET réduction ≥ 50 %
Haut risqueSCORE2 5-9,9 %
DT2 sans atteinte d'organe
HTA sévère, IRC modérée
< 0,70 g/L ET réduction ≥ 50 %
Risque modéréSCORE2 1-4,9 %< 1,00 g/L
Risque faibleSCORE2 < 1 %< 1,16 g/L
!
Double objectif ESC 2024. Pour les patients à haut et très haut risque, il faut atteindre à la fois la cible LDL absolue ET une réduction relative ≥ 50 % par rapport au LDL de base. Si LDL initial = 1,80 g/L chez un patient à très haut risque : cible = 0,55 g/L ET réduction ≥ 50 % (= 0,90 g/L) → prendre le seuil le plus bas.

Évaluation initiale

Bilan lipidique complet (à jeun 12 h) : CT, LDL, HDL, TG. Si TG > 4 g/L : mesurer LDL directement (calcul de Friedewald invalide). Calculer le risque CV global avec SCORE2 (adultes 40-69 ans de haut risque comme la Tunisie).

Dépistage

  • Homme ≥ 40 ans, femme ≥ 50 ans ou ménopausée
  • Tout patient avec FRCV (HTA, DT2, tabagisme)
  • Antécédent familial de dyslipidémie ou maladie CV précoce
  • IMC ≥ 30 ou syndrome métabolique

Hypercholestérolémie familiale (HF) — ne pas manquer

Évoquer si LDL > 1,90 g/L + ATCD familial de maladie CV précoce + xanthomes. Score de Dutch Lipid Clinic Network. Référence en centre spécialisé. Traitement systématique dès le diagnostic.

Hypertriglycéridémie

  • TG > 1,50 g/L : modifier le mode de vie (alcool, sucres, poids)
  • TG > 5 g/L : risque de pancréatite aiguë → fibrate (fénofibrate) ou oméga-3 à forte dose en urgence

Étape 1 : mesures hygiéno-diététiques (base de tout traitement)

  • Réduire les graisses saturées (< 7 % AET) : viandes rouges grasses, fromages, charcuterie, huile de palme
  • Augmenter les fibres solubles (avoine, légumineuses, pomme), oméga-3 (poisson gras)
  • Phytostérols (margarine enrichie) : réduction LDL ~10 %
  • Perte de poids, activité physique régulière : HDL ↑, TG ↓
  • Arrêt du tabac : augmente le HDL

Étape 2 : traitement médicamenteux

ClasseMolécules (Tunisie)Réduction LDLIndication
Statines forte intensitéAtorvastatine 40-80 mg
Rosuvastatine 20-40 mg
40-55 %1ʳᵉ ligne tous risques, sauf intolérance
Statines modérée intensitéAtorvastatine 10-20 mg
Simvastatine 20-40 mg
25-40 %Risque modéré ou intolérance forte dose
Ézétimibe10 mg/j15-20 %Ajout si cible non atteinte sous statine
Inhibiteurs PCSK9Alirocumab SC, Évolocumab SC50-65 %Très haut risque non contrôlé, HF, intolérance totale aux statines
InclisiranInjection SC 2×/an50 %Alternative iPCSK9, 2 injections/an
Fénofibrate200 mg/jPeu sur LDL
TG ↓ 25-40 %
Hypertriglycéridémie sévère (> 5 g/L)
!
Intolérance aux statines. Myalgie sans élévation de CPK : changer de statine (rosuvastatine est mieux tolérée) ou réduire la dose. CPK > 5N : arrêt temporaire. CPK > 10N : arrêt définitif. En cas d'intolérance vraie : ézétimibe seul ou iPCSK9. Ne jamais arrêter sans chercher une alternative.

Suivi biologique

  • Bilan lipidique à 4-12 semaines après initiation/changement pour vérifier l'efficacité
  • ASAT/ALAT à 3 mois si symptômes hépatiques (surveillance systématique non recommandée)
  • CPK uniquement si myalgies
  • Une fois la cible atteinte : bilan lipidique annuel
Arrêt obligatoire des statines pendant toute la grossesse et l'allaitement (tératogènes). Arrêt de l'ézétimibe. La cholestyramine peut être utilisée si hypercholestérolémie sévère. Reprendre la statine après l'accouchement et la fin de l'allaitement.
Statines recommandées jusqu'à la dialyse (réduction du risque CV). Dose à adapter si DFG < 30 (simvastatine, rosuvastatine : demi-dose). Prudence avec fénofibrate si DFG < 30 (risque de rhabdomyolyse). LDL-cible < 0,70 g/L (haut risque).
À retenir absolument
  • Cible LDL selon le risque CV (très haut risque = < 0,55 g/L)
  • Statine forte intensité en 1ʳᵉ ligne
  • Ajouter ézétimibe si cible non atteinte
  • iPCSK9 si très haut risque non contrôlé sous statine + ézétimibe
  • Ne jamais arrêter les statines sans chercher une alternative
  • Mesures hygiéno-diététiques toujours associées
i

Le cas

Mme Sana M., 55 ans, ménopausée, consulte pour bilan. ATCD : IDM antérieur à 50 ans, stent coronarien en 2021 (ATCD de très haut risque CV). Traitement actuel : aspirine 100 mg, bisoprolol 5 mg, ramipril 5 mg. LDL actuel : 1,18 g/L sous atorvastatine 20 mg. Pas de myalgies. ASAT/ALAT normaux. Question : la patiente est-elle au but thérapeutique ?
Risque CVTrès haut risque
LDL actuel1,18 g/L
StatineAtorvastatine 20 mg
MyalgiesNon
1

Cible LDL atteinte ?

QCM 01
Mme Sana a un LDL à 1,18 g/L sous atorvastatine 20 mg. Est-elle au but thérapeutique selon les ESC 2024 ?
2

Intensification du traitement

QCM 02
Quelle stratégie d'escalade thérapeutique adopter pour Mme Sana ?
3

Intolérance aux statines

QCM 03
Un patient sous simvastatine 40 mg présente des myalgies sans élévation des CPK. Quelle conduite à tenir ?
4

Hypertriglycéridémie

QCM 04
Un patient présente des TG à 7,2 g/L, sans douleur abdominale. Que faire en urgence ?
5

Hypercholestérolémie familiale

QCM 05
Un homme de 38 ans présente un LDL à 2,40 g/L, un père décédé d'un IDM à 45 ans, et des xanthomes tendineux. Quel diagnostic évoquer et quelle cible ?

L'arbre décisionnel

Dyslipidémie diagnostiquée
Stratification du risque CV (SCORE2, ATCD, comorbidités)
Mesures hygiéno-diététiques (base de tout traitement)
Risque CV ?
Très haut · LDL cible < 0,55
Statine forte intensité
(Atorvastatine 40-80 mg)
Haut · LDL cible < 0,70
Statine forte intensité
(Atorvastatine 20-40 mg)
Modéré/Faible
Statine modérée ou faible dose
si LDL > cible
LDL à cible à 4-12 semaines ?
NON
Ajouter ézétimibe 10 mg
puis iPCSK9 si insuffisant
OUI
Bilan lipidique annuel
Suivi à vie
Module 06 · Dyslipidémie
0/5
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Module 07 · Cardiologie · Rythmologie

Fibrillation auriculaire

D'après ESC 2023 FA Guidelines · Eur Heart J 2023

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Le cours

Définition et épidémiologie

La fibrillation auriculaire (FA) est l'arythmie cardiaque soutenue la plus fréquente. Elle touche 2-4 % de la population adulte, avec une prévalence croissante avec l'âge (≥ 10 % après 75 ans). C'est la principale cause d'AVC cardio-embolique (30 % des AVC).

Classification ESC 2023

TypeDuréeCaractéristiques
FA primo-diagnostiquée1ᵉʳ épisodeTout type
FA paroxystique< 7 joursTerminaison spontanée
FA persistante> 7 joursNécessite cardioversion
FA persistante longue durée> 12 moisCardioversion envisagée
FA permanenteAcceptéePas de cardioversion

Score CHA₂DS₂-VASc

CritèrePoints
C — Insuffisance cardiaque / FEVG ≤ 40 %1
H — Hypertension artérielle1
A₂ — Âge ≥ 75 ans2
D — Diabète type 21
S₂ — AVC / AIT / embolie systémique2
V — Maladie vasculaire (IDM, AOMI)1
A — Âge 65-74 ans1
Sc — Sexe féminin1

Anticoagulation recommandée : score ≥ 2 chez l'homme, ≥ 3 chez la femme.

Diagnostic ECG

Absence d'ondes P + rythme irrégulier (intervalles RR variables) + trémulations auriculaires 350-600/min. Fréquence ventriculaire variable selon la conduction AV.

Bilan initial

ExamenBut
ECG 12 dérivationsConfirmer FA, ischémie, WPW
ÉchocardiographieFEVG, valvulopathie, thrombus OG
TSHHyperthyroïdie (cause curable)
NFS + iono + créat + bilan hépatiqueBilan général, adaptation AOD
Holter ECG 24 h / 7 jFA paroxystique (palpitations intermittentes)

Score HAS-BLED

Score ≥ 3 = haut risque hémorragique → ne contre-indique pas l'anticoagulation mais impose correction des facteurs modifiables (HTA non contrôlée, AINS, alcool).

Approche ABC (ESC 2023)

ABC de la FA
  • A — Anticoagulation : prévention du risque thrombo-embolique
  • B — Better symptom management : fréquence OU rythme
  • C — Comorbidity management : HTA, IC, DT2, SAOS, obésité

A — Anticoagulation : AOD en 1ʳᵉ intention

AODDose standardDose réduite
Apixaban5 mg × 2/j2,5 mg × 2/j (≥ 2 critères : âge ≥ 80, poids ≤ 60 kg, créat ≥ 133)
Rivaroxaban20 mg/j (au dîner)15 mg/j si DFG 15-50
Dabigatran150 mg × 2/j110 mg × 2/j si ≥ 80 ans
×
AOD contre-indiqués si : valve mécanique ou RM rhumatismal → AVK obligatoire. Aspirine seule = inefficace pour prévention AVC en FA.

B — Contrôle de fréquence

Cible FC repos < 110/min. 1ʳᵉ ligne : β-bloquant (bisoprolol, métoprolol). Alternative : inhibiteur calcique non-DHP (vérapamil, diltiazem — CI si FEVG < 40 %). 2ᵉ ligne : digoxine (sédentaire, IC).

B — Contrôle de rythme

Cardioversion électrique ou médicamenteuse (amiodarone, flécaïnide — CI si cardiopathie). Ablation par cathéter en centre spécialisé pour FA paroxystique symptomatique.

FA et cardioversion : règles d'anticoagulation

FA > 48 h ou durée inconnue : anticoagulation ≥ 3 semaines avant cardioversion (ou ETO sans thrombus), puis ≥ 4 semaines après. FA < 48 h documentée : cardioversion possible avec anticoagulation immédiate + 4 semaines après.

CI aux inhibiteurs calciques non-DHP. Utiliser β-bloquant + digoxine si FC non contrôlée. Amiodarone pour contrôle de rythme. L'ablation peut améliorer la FEVG si la FA est le facteur déclenchant de la cardiomyopathie.
Ne pas anticoaguler dans les 24 premières heures si AVC ischémique étendu. Règle 1-3-6-12 : AIT → AOD dans 1 j, infarctus lacunaire → 3 j, infarctus modéré → 6 j, infarctus étendu → 12 j.
À retenir absolument
  • CHA₂DS₂-VASc ≥ 2 (H) / ≥ 3 (F) → anticoagulation par AOD
  • FA valvulaire (valve mécanique, RM) → AVK obligatoire
  • Aspirine seule = inefficace pour prévention AVC
  • Contrôle de fréquence : cible FC < 110/min, β-bloquant 1ʳᵉ ligne
  • Approche ABC : Anticoagulation + symptômes + comorbidités
i

Le cas

M. Tahar B., 72 ans, consulte pour palpitations depuis 48 h. ECG au cabinet : FA à 118/min, pas de signe d'ischémie. PA 148/84 mmHg. Pas d'ATCD CV sauf HTA traitée (amlodipine). Pas de diabète. Pas d'IC connue.
Âge72 ans
ECGFA à 118/min
PA148/84 mmHg
ATCDHTA traitée
ICNon
Durée FA48 h
1

Score CHA₂DS₂-VASc

QCM 01
Quel est le score CHA₂DS₂-VASc de M. Tahar et quelle est la recommandation ?
2

Choix de l'anticoagulant

QCM 02
Quel anticoagulant prescrire à M. Tahar ?
3

Contrôle de fréquence

QCM 03
Pour contrôler la fréquence cardiaque de M. Tahar (118/min), quel traitement utiliser ?
4

Cardioversion

QCM 04
M. Tahar est en FA depuis 48 h. La cardioversion est-elle possible d'emblée ?
5

FA valvulaire vs non-valvulaire

QCM 05
Quelle situation impose l'utilisation d'un AVK plutôt qu'un AOD dans la FA ?

L'arbre décisionnel

FA diagnostiquée (ECG)
Score CHA₂DS₂-VASc ?
Score ≥ 2 (H) / ≥ 3 (F)
AOD (apixaban, rivaroxaban, dabigatran)
sauf FA valvulaire → AVK
Score 0-1
Pas d'anticoagulation
Réévaluer annuellement
Contrôle de fréquence ou rythme ?
Fréquence (FA permanente)
β-bloquant (bisoprolol)
Cible FC < 110/min repos
Rythme (FA sympomatique)
Cardioversion + Amiodarone
± Ablation (centre expert)
Module 07 · Cardiologie · Rythmologie
0/5
Module terminé !
Module 08 · Oncologie · Médecine générale

Dépistage des cancers

D'après HAS 2024 · USPSTF 2024 · INCa 2024

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Le cours

Rôle du MG dans le dépistage

Le médecin généraliste est l'acteur central du dépistage des cancers. Il identifie les patients éligibles, propose et coordonne le dépistage, interprète les résultats et oriente vers le spécialiste. En Tunisie, les cancers les plus fréquents sont : sein (femme), colorectal, poumon, col utérin, prostate.

Cancer colorectal (CCR) — dépistage de référence

PopulationMéthodeRythme
Risque moyen (50-74 ans)Test immunologique fécal (FIT/Hémocult II)Tous les 2 ans
Risque élevé (ATCD personnel, parent 1ᵉʳ degré < 60 ans)ColoscopieTous les 5 ans
Risque très élevé (PAF, Lynch)Coloscopie ± oncogénétiqueAnnuel ou selon protocole

Cancer du sein — dépistage

PopulationMéthodeRythme
Femme 50-74 ans (risque moyen)Mammographie bilatérale ± échographieTous les 2 ans
Risque élevé (ATCD familial 1ᵉʳ degré, mutation BRCA1/2)IRM mammaire + mammographieAnnuel dès 30 ans
Femme 40-49 ans (risque moyen)Mammographie si demande informéeTous les 2 ans (à discuter)

Cancer du col utérin — dépistage

ÂgeMéthodeRythme
25-30 ansCytologie cervicale (frottis)Annuel, puis tous les 3 ans si 2 négatifs
30-65 ansTest HPV co-test ou seulTous les 5 ans

En Tunisie : frottis disponible, test HPV en cours de déploiement. Vaccination HPV recommandée filles 11-14 ans (rattrapage jusqu'à 19 ans).

Cancer de la prostate — dépistage controversé

Pas de dépistage systématique recommandé. PSA sur demande informée : homme 50-70 ans avec espérance de vie > 10 ans, après discussion des bénéfices/risques (surdiagnostic, surtraitement). Homme à haut risque (origine africaine, ATCD familial) : discussion à 40-45 ans. Valeur seuil PSA > 4 ng/mL (variable selon âge).

Cancer du poumon — dépistage par scanner faible dose

Recommandé (USPSTF 2021, HAS 2022) pour : tabagisme actif ou sevré < 15 ans, ≥ 20 PA, âge 50-80 ans. Scanner thoracique faible dose annuel. En Tunisie : non encore organisé, à proposer aux patients éligibles en centre spécialisé.

Signaux d'alarme — ne pas manquer

!
Signes nécessitant une orientation urgente (délai < 2 semaines) :
  • Digestif : rectorragie inexpliquée, modification du transit > 4 sem, masse abdominale
  • Sein : masse palpable, écoulement mamelonnaire, rétraction cutanée
  • Poumon : toux persistante > 3 sem chez fumeur, hémoptysie, AEG
  • Prostate : dysurie + PSA > 10 ng/mL, métastases osseuses
  • Col utérin : saignements post-coïtaux, métrorragies

Anémie ferriprive inexpliquée chez l'adulte

Toujours évoquer un cancer digestif occulte. Coloscopie + FOGD selon le contexte. Bilan complet avant de conclure à une cause fonctionnelle.

Rôle du MG dans l'annonce

Le MG est souvent le premier médecin contacté après l'annonce d'un cancer. Il coordonne le parcours de soins, soutient le patient et sa famille, gère les complications du traitement (mucite, neutropénie, effets des immunothérapies).

Vaccination et prévention primaire

  • HPV : filles + garçons 11-14 ans (schéma 2 doses), rattrapage jusqu'à 19 ans (3 doses). Prévient 90 % des cancers du col utérin
  • Hépatite B : prévient le carcinome hépatocellulaire
  • Arrêt du tabac : réduit de 90 % le risque de cancer du poumon et de nombreux autres
  • Alimentation : régime méditerranéen, limiter charcuteries et alcool
  • Obésité : facteur de risque de 13 types de cancers
ATCD personnel de polype > 10 mm ou adénome villeux → coloscopie de surveillance tous les 3-5 ans. ATCD de CCR chez un parent 1ᵉʳ degré < 60 ans → coloscopie à 40-45 ans. Syndrome de Lynch (MLH1, MSH2, MSH6, PMS2) → coloscopie annuelle dès 20-25 ans. PAF (APC) → coloscopie annuelle dès la puberté.
À retenir absolument
  • CCR : FIT tous les 2 ans (50-74 ans)
  • Sein : mammographie tous les 2 ans (50-74 ans)
  • Col utérin : frottis puis test HPV (25-65 ans)
  • Prostate : PSA sur demande informée — pas de dépistage systématique
  • Poumon : scanner faible dose si tabagisme ≥ 20 PA, 50-80 ans
  • Tout signal d'alarme → orientation urgente < 2 semaines
i

Le cas

Mme Fatma K., 58 ans, vient pour une consultation de routine. Tabagisme sevré il y a 5 ans (25 PA). Pas d'ATCD familial de cancer. Son dernier frottis date de 2018. Pas de mammographie récente. Elle demande votre avis sur les dépistages auxquels elle devrait participer.
Âge58 ans
TabagismeSevré 5 ans / 25 PA
Dernier frottis2018 (6 ans)
MammographieJamais
FIT CCRJamais fait
ATCD familiauxAucun
1

Dépistage du CCR

QCM 01
Quel dépistage du cancer colorectal proposer à Mme Fatma, 58 ans, sans ATCD familial ?
2

Dépistage du sein

QCM 02
Quel dépistage du cancer du sein proposer à Mme Fatma, 58 ans, sans ATCD familial ?
3

Dépistage du col utérin

QCM 03
Le dernier frottis de Mme Fatma date de 2018. Que faire ?
4

Dépistage du poumon

QCM 04
Mme Fatma a fumé 25 PA et a arrêté il y a 5 ans. Quel dépistage pulmonaire lui proposer ?
5

Signal d'alarme

QCM 05
Mme Fatma signale des rectorragies depuis 3 semaines. Son FIT est positif. Quelle est la conduite à tenir ?

L'arbre décisionnel

Patient en consultation — Dépistage cancer ?
Âge + sexe + facteurs de risque ?
Homme + femme 50-74 ans
CCR : Hémocult II/FIT tous les 2 ans
Coloscopie si positif
Femme 50-74 ans
Sein : Mammographie tous les 2 ans
Femme 25-65 ans
Col utérin : Frottis / HPV test tous les 3-5 ans
Résultat positif → référence spécialiste
Module 08 · Oncologie · Médecine générale
0/5
Module terminé !
Module 09 · Cardiologie · Urgences

Douleur thoracique & SCA

D'après ESC ACS Guidelines 2023 · Eur Heart J 2023

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Le cours

Définitions et classification

Le syndrome coronarien aigu (SCA) désigne un spectre de pathologies dues à une ischémie myocardique aiguë :

TypeECGTroponinePrise en charge
STEMISus-décalage ST ≥ 1 mm (≥ 2 dérivations)ÉlevéeAngioplastie en urgence (< 90 min)
NSTEMISous-décalage ST, onde T négative, ou normalÉlevéeHospitalisation + coronarographie dans 72 h
Angor instableSous-décalage ST ou normalNormaleHospitalisation + évaluation

Physiopathologie

Rupture ou érosion d'une plaque athéromateuse instable → activation plaquettaire → thrombus → occlusion coronaire partielle ou totale → ischémie/nécrose myocardique. Le délai de revascularisation est le principal déterminant du pronostic.

Score HEART (triage de la douleur thoracique)

Critère012
HistoryNon évocatriceModérément évocatriceTrès évocatrice
ECGNormalBBG, repolarisationSus/sous-décalage ST significatif
Age< 45 ans45-64 ans≥ 65 ans
Risk factorsAucun1-2 FRCV≥ 3 FRCV, ATCD CV, diabète
TroponinNormale1-3× la normale> 3× la normale

Score ≤ 3 : faible risque (sortie possible si troponines négatives à 0 et 2 h). Score 4-6 : risque intermédiaire (surveillance). Score ≥ 7 : haut risque (coronarographie dans 72 h).

Diagnostic différentiel de la douleur thoracique

DiagnosticSignes clésExamen clé
SCAOppression, irradiation bras/mâchoire, sueurs, facteurs de risque CVECG + Troponine
Embolie pulmonaireDyspnée, tachycardie, signes TVP, facteurs de risqueD-dimères + Angio-scanner
Dissection aortiqueDouleur déchirante, migration, différence PA entre brasAngio-scanner thoracique
PéricarditeDouleur positionnelle, frottement, sus-décalage diffus concaveECG + Échocardiographie
PneumothoraxDouleur unilatérale, asymétrie auscultatoire, dyspnéeRadiographie thoracique
Douleur musculo-squelettiqueDouleur à la palpation, posturale, tachycardie absenteClinique

ECG clés à connaître

  • STEMI antérieur : sus-décalage V1-V4 (occlusion IVA)
  • STEMI inférieur : sus-décalage D2, D3, aVF (occlusion coronaire droite)
  • STEMI latéral : sus-décalage D1, aVL, V5-V6
  • NSTEMI/angor instable : sous-décalage ST, onde T négative, ou ECG normal
  • Péricardite : sus-décalage concave diffus + sous-décalage PR

STEMI : prise en charge pré-hospitalière (chaque minute compte)

STEMI au cabinet — actions immédiates
  • ECG confirmant le STEMI → SAMU 15 IMMÉDIATEMENT
  • Aspirine 250-500 mg PO à mâcher (si pas d'allergie)
  • Ticagrélor 180 mg ou Clopidogrel 600 mg (selon protocole local)
  • Dérivé nitré sublinguale si PA systolique > 90 mmHg et pas de STEMI inférieur avec bradycardie
  • O₂ si SpO₂ < 90 %
  • Accès veineux, monitoring, défibrillateur prêt
  • Délai door-to-balloon < 90 min

NSTEMI / Angor instable

  • Hospitalisation urgente en unité de soins coronaires
  • Aspirine 250 mg + Ticagrélor 180 mg (ou Clopidogrel 300 mg)
  • Anticoagulation : fondaparinux 2,5 mg SC ou HBPM (énoxaparine)
  • Coronarographie dans les 72 h (24 h si haut risque)

Traitement de fond post-SCA

MédicamentDuréeBut
Aspirine 75-100 mg/jÀ vieAntiplaquettaire
Ticagrélor 90 mg × 2/j ou Clopidogrel 75 mg/j12 moisDouble antiplaquettaire
Statine forte dose (Atorvastatine 40-80 mg)À vieLDL < 0,55 g/L
IEC ou ARA2À vie (surtout si FEVG réduite)Remodelage ventriculaire
β-bloquantÀ vie si FEVG réduiteProtection myocardique

Suivi post-SCA en MG

  • Consultation 1-2 semaines après la sortie
  • Vérifier la tolérance et l'observance de la double antiplaquettaire
  • Contrôle du bilan lipidique à 4-6 semaines (cible LDL < 0,55 g/L)
  • Surveillance de la créatinine et de la kaliémie sous IEC
  • Réhabilitation cardiaque (programme supervisé de 8-12 semaines)
  • Arrêt du tabac définitif — aide au sevrage
  • Déclaration à l'assurance si conduite d'un véhicule (délai variable selon les pays)
Douleur déchirante à début brutal, irradiant dans le dos, différence de PA entre les deux bras > 20 mmHg, insuffisance aortique aiguë. Si suspicion → angio-scanner thoracique en urgence. Ne pas donner d'anticoagulant ni de thrombolyse. SAMU immédiat. La thrombolyse d'un STEMI sur dissection peut être fatale.
À retenir absolument
  • ECG immédiat (dans les 10 min) devant toute douleur thoracique
  • STEMI → SAMU + Aspirine + Ticagrélor → angioplastie < 90 min
  • Score HEART pour triage du NSTEMI/angor instable
  • Post-SCA : double antiplaquettaire 12 mois + statine forte dose + IEC
  • Ne jamais manquer une dissection aortique
i

Le cas

M. Amine C., 62 ans, comptable, appelle le cabinet pour une douleur thoracique constrictive depuis 30 min, irradiant dans le bras gauche, accompagnée de sueurs. Il arrive au cabinet à pied, ATCD : HTA + tabagisme actif 30 PA + dyslipidémie. PA 148/90, FC 92/min, SpO₂ 97 %. Vous réalisez un ECG.
Âge62 ans
SymptômesDouleur constrictive + irradiation bras
PA148/90 mmHg
FC92/min
FRCVHTA + tabac 30 PA + dyslipidémie
SpO₂97 %
1

Geste prioritaire

QCM 01
M. Amine arrive avec une douleur thoracique typique. Quel est VOTRE premier geste ?
2

STEMI identifié

QCM 02
L'ECG montre un sus-décalage ST de 3 mm en V1-V4 (STEMI antérieur). Quelle est l'action IMMÉDIATE ?
3

Score HEART

QCM 03
Différent cas : douleur thoracique atypique chez un homme de 55 ans, ECG normal, troponine normale à 0 h. Score HEART = 3. Quelle conduite à tenir ?
4

Traitement post-SCA

QCM 04
M. Amine est sorti après angioplastie avec pose de stent actif. Quel traitement de fond est obligatoire à la sortie ?
5

Dissection aortique — diagnostic différentiel

QCM 05
Un patient de 48 ans présente une douleur thoracique déchirante, irradiant dans le dos, PA bras droit 160 mmHg, PA bras gauche 120 mmHg. L'ECG est normal. Quelle urgence évoquer ?

L'arbre décisionnel

Douleur thoracique au cabinet
ECG immédiat (dans les 10 min)
Sus-décalage ST ≥ 1 mm (≥ 2 dérivations) ?
OUI — STEMI
SAMU 15 immédiat
Aspirine 250 mg PO
Héparine selon protocole
Délai door-to-balloon < 90 min
NON — NSTEMI / Angor instable
Score HEART ≥ 4 ?
OUI
Hospitalisation urgente
Troponine sériée
Coronarographie dans 72 h
NON
Surveillance 2 h
Troponine à 0 et 2 h
Sortie si troponines négatives
Module 09 · Cardiologie · Urgences
0/5
Module terminé !
Module 10 · Cardiologie · Médecine interne

Insuffisance cardiaque

D'après ESC Heart Failure Guidelines 2023 · Eur Heart J 2023

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Le cours

Définition et classification

L'insuffisance cardiaque (IC) est un syndrome clinique caractérisé par des symptômes et/ou signes typiques associés à une anomalie structurelle ou fonctionnelle du cœur. Prévalence : 1-2 % de la population adulte, 10 % après 70 ans. Mortalité à 5 ans ~50 %. Première cause d'hospitalisation après 65 ans.

Classification selon la FEVG (ESC 2023)

TypeFEVGParticularités
IC à FEVG réduite (IC-FEr)< 40 %Pronostic le plus sévère, traitement le mieux codifié
IC à FEVG légèrement réduite (IC-FEmr)41-49 %Entité intermédiaire, traitement similaire à IC-FEr
IC à FEVG préservée (IC-FEp)≥ 50 %Fréquente (50 %), traitement surtout symptomatique

Causes principales

  • Cardiopathie ischémique (40-50 %) — coronaropathie, post-IDM
  • Cardiomyopathie dilatée — idiopathique, alcoolique, virale
  • HTA chronique — cardiomyopathie hypertrophique évoluée
  • Valvulopathies — RA, IM, IA
  • FA chronique — cardiomyopathie rythmique

Critères diagnostiques

Symptômes typiques (dyspnée, orthopnée, œdèmes des chevilles, fatigue) + signes (crépitants, turgescence jugulaire, reflux hépato-jugulaire) + anomalie structurelle/fonctionnelle documentée à l'échocardiographie.

Bilan initial

ExamenBut
ECG 12 dérivationsHVG, ischémie, FA, BBG (éligibilité CRT)
ÉchocardiographieFEVG, volume cavitaire, valvulopathie, HTAP
BNP ou NT-proBNPConfirmation diagnostic, pronostic, suivi
NFS + ionogramme + créat + glycémieComorbidités, adaptation des médicaments
Bilan hépatique + TSHCauses curables (hypothyroïdie, hémochromatose)
Radiographie thoraciqueCardiomégalie, OAP, épanchement pleural

Classification NYHA (symptômes)

ClasseSymptômes
NYHA IPas de limitation — activité physique ordinaire sans symptôme
NYHA IILégère limitation — gêne à l'effort soutenu
NYHA IIILimitation marquée — gêne à l'effort modéré (marche à plat)
NYHA IVGêne au repos ou au moindre effort

Les 4 piliers du traitement de l'IC-FEr (ESC 2023)

4 médicaments qui sauvent des vies dans l'IC-FEr
  • IEC (ou ARA2 si intolérance, ou ARNI si persistance des symptômes) : réduction mortalité 20-25 %
  • β-bloquant cardiosélectif (bisoprolol, carvédilol, succinate de métoprolol) : réduction mortalité 30-35 %
  • ARM (antagoniste des récepteurs minéralocorticoïdes : spironolactone, éplérénone) : réduction mortalité 15-30 %
  • SGLT2i (dapagliflozine, empagliflozine) : réduction hospitalisations et mortalité CV

Posologies cibles (à atteindre progressivement)

MédicamentDose initialeDose cible
Énalapril (IEC)2,5 mg × 2/j10 mg × 2/j
Bisoprolol (β-bloquant)1,25 mg/j10 mg/j
Spironolactone (ARM)25 mg/j50 mg/j
Dapagliflozine (SGLT2i)10 mg/j10 mg/j (dose fixe)
Sacubitril/Valsartan (ARNI)24/26 mg × 2/j97/103 mg × 2/j
!
Surveillance sous traitement. IEC/ARA2/ARNI + ARM → surveiller kaliémie et créatinine à 1-2 semaines après chaque augmentation de dose. β-bloquant : ne jamais arrêter brutalement (risque de rebond). SGLT2i : arrêter si chirurgie, jeûne prolongé, déshydratation sévère.

Traitements additionnels

  • Diurétiques de l'anse (furosémide, bumétanide) : soulagement des symptômes de congestion (dyspnée, œdèmes). Pas d'effet sur la mortalité
  • Digoxine : en cas de FA associée pour contrôle de la fréquence + réduction des hospitalisations
  • Défibrillateur (DAI) : FEVG ≤ 35 % malgré 3 mois de traitement optimal, espérance de vie > 1 an
  • Resynchronisation (CRT) : FEVG ≤ 35 % + BBG + QRS ≥ 130 ms malgré traitement optimal

Suivi ambulatoire

  • Consultation toutes les 3-6 semaines lors de la phase d'initiation et de titration
  • Puis tous les 3-6 mois si stable
  • Surveillance systématique : PA, FC, poids (même heure, même balance), œdèmes, ionogramme, créatinine, BNP/NT-proBNP
  • Échocardiographie 3-6 mois après optimisation du traitement (évaluation FEVG)

Signes d'alerte d'aggravation

!
Prise de poids > 2 kg en 3 jours, orthopnée aggravée, œdèmes croissants, dyspnée de repos, syncope → consultation urgente ou hospitalisation.
Dyspnée de repos ou orthopnée, SpO₂ < 90 % AA, signes d'hypoperfusion (extrémités froides, oligurie, confusion), OAP clinique ou radiologique, hyponatrémie < 130 mmol/L, hyperkaliémie > 6 mmol/L, bradycardie symptomatique, IC sur valvulopathie corrigeable.
Fréquente association (cardiorenal syndrome). IEC/ARA2 maintenus même si DFG bas (bénéfice démontré). Tolérer une augmentation de créatinine ≤ 30 % + stabilisation. SGLT2i : bénéfice rénal + IC démontré jusqu'à DFG 20. Furosémide : adapter la dose selon la diurèse et la congestion.
À retenir absolument
  • IC-FEr : 4 piliers simultanés — IEC + β-bloquant + ARM + SGLT2i
  • Titration progressive jusqu'aux doses cibles
  • Surveillance kaliémie + créatinine après chaque modification
  • DAI si FEVG ≤ 35 % malgré 3 mois de traitement optimal
  • Furosémide = soulagement des symptômes, pas de bénéfice sur la mortalité
i

Le cas

M. Riadh M., 67 ans, diabétique sous metformine, consulte pour dyspnée d'effort progressive depuis 6 mois, orthopnée (dort sur 2 oreillers), œdèmes des membres inférieurs bilatéraux. ATCD : IDM antérieur il y a 3 ans, HTA. Traitement actuel : ramipril 5 mg, bisoprolol 2,5 mg, aspirine. PA 132/78 mmHg, FC 78/min, SpO₂ 94 %. Crépitants bibasaux. Jugulaires turgescentes.
NYHAClasse III
ATCDIDM + HTA + DT2
PA132/78 mmHg
SpO₂94 %
SignesCrépitants + Œdèmes + JT
TraitementRamipril 5 mg + Bisoprolol 2,5 mg
1

Bilan prioritaire

QCM 01
Quel examen demander en priorité pour confirmer le diagnostic et évaluer la sévérité chez M. Riadh ?
2

Traitement à optimiser

QCM 02
L'ETT confirme une FEVG à 35 %. M. Riadh est sous ramipril 5 mg + bisoprolol 2,5 mg. Que manque-t-il selon l'ESC 2023 ?
3

Surveillance sous ARM

QCM 03
Vous initiez la spironolactone 25 mg chez M. Riadh. Quel risque surveiller en priorité à 1-2 semaines ?
4

SGLT2i et IC

QCM 04
La dapagliflozine est initiée chez M. Riadh (DFG 52, DT2). Quelle est la particularité de ce traitement dans l'IC ?
5

Critères de DAI

QCM 05
Après 3 mois de traitement optimal, l'ETT de contrôle montre une FEVG à 33 %. Quelle est la conduite à tenir ?

L'arbre décisionnel

Insuffisance cardiaque à FEVG réduite (≤ 40 %)
4 piliers à initier simultanément (ESC 2023)
IEC/ARA2/ARNI + β-bloquant + ARM + SGLT2i
Titration progressive jusqu'aux doses cibles
Contrôle tension + FC + kaliémie + créat
FEVG ≤ 35 % malgré 3 mois de traitement optimal ?
OUI + BBG + QRS ≥ 130 ms
Resynchronisation cardiaque (CRT)
Défibrillateur (DAI) si FEVG ≤ 35 %
FEVG contrôlée
Maintenir les 4 piliers
Suivi tous les 3-6 mois
Module 10 · Cardiologie · Médecine interne
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Module 11 · Endocrinologie · Médecine générale

Hypothyroïdie & thyroïde

D'après ETA Guidelines 2023 · European Thyroid J 2023

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Le cours

Définition et épidémiologie

L'hypothyroïdie est une production insuffisante d'hormones thyroïdiennes par la glande thyroïde. Prévalence : 4-10 % des femmes, 1-3 % des hommes. La maladie de Hashimoto (thyroïdite auto-immune) est la cause la plus fréquente dans les pays développés. En Tunisie, la carence en iode reste une cause à évoquer dans certaines régions.

Classification

TypeTSHT4LParticularités
Hypothyroïdie franche↑↑Symptomatique, traitement obligatoire
Hypothyroïdie fruste (subclinique)↑ (4,5-10 mUI/L)NormaleSouvent asymptomatique, traitement discuté
Hypothyroïdie centraleBasse ou normalePathologie hypophysaire ou hypothalamique

Causes principales

  • Hashimoto : thyroïdite auto-immune (Ac anti-TPO +++)
  • Post-thérapeutique : après chirurgie thyroïdienne ou iode radioactif
  • Médicaments : amiodarone, lithium, interférons, immunothérapies (anti-PD1)
  • Carence en iode (goitre endémique)
  • Thyroïdite du post-partum (transitoire)

Symptômes de l'hypothyroïdie

Les symptômes sont polymorphes et souvent insidieux. Ils regroupent : asthénie chronique, prise de poids, constipation, frilosité, sécheresse de la peau, bradycardie, ralentissement psychomoteur, myxœdème, troubles du cycle menstruel (chez la femme), infertilité, hypercholestérolémie. La thyroïde peut être goitreuse ou atrophique.

Interprétation de la TSH

TSH (mUI/L)InterprétationConduite
< 0,4Freinée → hyperthyroïdieT4L + T3L + scintigraphie
0,4-4,0NormalePas de traitement thyroïdien
4,0-10,0Hypothyroïdie frusteT4L + Ac anti-TPO, décision individualisée
> 10,0Hypothyroïdie francheT4L + lévothyroxine
!
Pièges dans l'interprétation de la TSH. La TSH peut être faussement élevée en cas de maladie générale sévère, de stress, d'insuffisance surrénale. La TSH peut être faussement normale en cas de pathologie hypothalamo-hypophysaire (hypothyroïdie centrale). Toujours confirmer une anomalie de TSH par une deuxième mesure et T4L avant de traiter.

Bilan étiologique

  • Ac anti-TPO : marqueur de la thyroïdite de Hashimoto (positifs dans 90 % des cas)
  • Ac anti-thyroglobuline : moins spécifiques, peuvent compléter
  • Échographie thyroïdienne : évalue la morphologie (goitre, nodule, atrophie), utile si suspicion de nodule mais non indispensable pour le diagnostic d'hypothyroïdie simple

Traitement : la lévothyroxine (LT4)

La lévothyroxine est le traitement de référence. Prise à jeun, 30-60 min avant le petit-déjeuner, ou au coucher (au moins 2 h après le dernier repas).

Doses initiales

  • Adulte jeune sans cardiopathie : 1,6 µg/kg/j d'emblée
  • Sujet âgé ou cardiopathie connue : 12,5-25 µg/j avec augmentation de 12,5-25 µg toutes les 4-6 semaines
  • Hypothyroïdie fruste : démarrer à 25-50 µg/j

Cible thérapeutique

TSH dans les normes du laboratoire (généralement 0,5-2,5 mUI/L). Contrôle TSH 4-6 semaines après chaque changement de dose. Une fois stabilisé : contrôle TSH annuel.

!
Interactions médicamenteuses. La LT4 peut être perturbée par : inhibiteurs de pompe à protons (réduire l'absorption), carbonate de calcium, sels de fer (prendre LT4 2 h avant), cholestyramine. Amiodarone et contrastes iodés peuvent déclencher une hypothyroïdie ou une hyperthyroïdie.

Hypothyroïdie fruste : traiter ou surveiller ?

SituationDécision
TSH > 10 mUI/LTraiter (même si asymptomatique)
TSH 4,5-10 + symptômes évocateursTraiter (essai thérapeutique)
TSH 4,5-10 + grossesse ou désir de grossesseTraiter obligatoirement
TSH 4,5-10 + Ac anti-TPO positifsTraiter ou surveiller rapproché
TSH 4,5-10 + sujet > 70 ans asymptomatiqueSurveiller (risque iatrogène élevé)

Populations particulières

L'hypothyroïdie non traitée pendant la grossesse augmente le risque de fausse couche, de prééclampsie et de troubles du développement neurologique de l'enfant. Cible TSH : < 2,5 mUI/L au 1ᵉʳ trimestre, < 3 mUI/L aux 2ᵉ et 3ᵉ trimestres. Augmenter la dose de LT4 de 25-30 % dès le diagnostic de grossesse. Contrôle TSH toutes les 4-6 semaines. Après l'accouchement, revenir à la dose pré-grossesse.
Risque de surdosage (arythmies, ostéoporose, chutes). Démarrer à très faible dose (12,5-25 µg/j). Cible TSH parfois plus haute (1-4 mUI/L). Prudence si cardiopathie ischémique (la LT4 augmente la consommation myocardique en O₂). Vérifier régulièrement la TSH (tendance à l'augmentation des besoins avec l'âge).
Nodule découvert sur échographie ou palpation : évaluation par TSH + échographie. Indications de cytoponction (FNAC) : nodule > 1 cm avec caractères suspects (hypoéchogène, contours irréguliers, calcifications microcalcifications, rapport hauteur/largeur > 1), ATCD d'irradiation cervicale, ATCD familial de cancer thyroïdien. Classification EU-TIRADS 1-5 guide l'indication de ponction.
À retenir absolument
  • Hypothyroïdie franche (TSH > 10 ou T4L basse) → traiter
  • Lévothyroxine à jeun, 30-60 min avant le petit-déjeuner
  • Contrôle TSH à 4-6 semaines après chaque modification de dose
  • Grossesse : cible TSH < 2,5 mUI/L au 1ᵉʳ trimestre
  • Sujet âgé : démarrer à faible dose, cible TSH plus haute
i

Le cas

Mme Najla B., 38 ans, institutrice, consulte pour une asthénie chronique, une prise de poids de 5 kg en 6 mois, une frilosité et des troubles de la concentration. Pas de grossesse en cours. Pas de médicaments. Examen clinique : goitre ferme diffus, peau sèche, réflexes achilléens légèrement diminués. FC 58/min, PA normale. TSH revenue : 18,2 mUI/L.
Âge38 ans
SymptômesAsthénie + prise de poids
TSH18,2 mUI/L
GoitreFerme diffus
FC58/min
MédicamentsAucun
1

Diagnostic

QCM 01
Quelle est l'hypothèse diagnostique principale chez Mme Najla (TSH 18,2 mUI/L) ?
2

Bilan complémentaire

QCM 02
Quel bilan complémentaire demander pour l'étiologie chez Mme Najla ?
3

Traitement initial

QCM 03
Quel traitement initier chez Mme Najla, 38 ans, sans cardiopathie ?
4

Contrôle TSH

QCM 04
Quand contrôler la TSH après l'initiation de la lévothyroxine ?
5

Hypothyroïdie et désir de grossesse

QCM 05
Mme Najla annonce qu'elle désire une grossesse. Quel ajustement du traitement est nécessaire ?

L'arbre décisionnel

TSH demandée (dépistage ou symptômes)
TSH élevée ?
TSH élevée
T4L + Ac anti-TPO
T4L basse
Hypothyroïdie franche
→ Lévothyroxine d'emblée
T4L normale
TSH > 10 ou symptômes ?
OUI
Lévothyroxine
NON
Surveiller 6 mois
TSH normale/basse
Autre diagnostic
(hyperthyroïdie si basse)
Module 11 · Endocrinologie · Médecine générale
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Module 12 · Pneumologie · Médecine générale

BPCO & Asthme adulte

D'après GOLD 2025 · GINA 2024

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Le cours

BPCO : définition et épidémiologie

La BPCO (Bronchopneumopathie Chronique Obstructive) est une maladie pulmonaire caractérisée par une obstruction bronchique non complètement réversible, progressive, associée à une réaction inflammatoire des voies aériennes et du poumon à des particules ou gaz nocifs (tabac +++). Prévalence : 5-10 % des adultes > 40 ans. 5ème cause de mortalité mondiale (3ème en 2030).

Asthme : définition

L'asthme est une maladie inflammatoire chronique des voies aériennes caractérisée par une obstruction bronchique variable et réversible, avec hyperréactivité bronchique. Prévalence : 5-10 % en population générale.

BPCO vs Asthme — différences clés

CaractéristiqueBPCOAsthme
Âge de début≥ 40 ans (fumeur)Souvent enfance/jeune adulte
Cause principaleTabac (90 %)Allergie / atopie
ObstructionFixée (VEMS/CVF < 0,70 post-BD)Réversible (VEMS ↑ > 12 % post-BD)
ProgressionProgressiveVariable, épisodique
Réponse aux corticoïdesPartielle (seulement si éosinophiles élevés)Excellente

Classification GOLD 2025 (sévérité spirométrique)

Grade GOLDVEMS % prédit (post-BD)
GOLD 1 — Légère≥ 80 %
GOLD 2 — Modérée50-79 %
GOLD 3 — Sévère30-49 %
GOLD 4 — Très sévère< 30 %

Diagnostic de la BPCO — la spirométrie est obligatoire

Le diagnostic de BPCO repose sur la spirométrie post-bronchodilatateur : VEMS/CVF < 0,70 confirme l'obstruction fixée. La spirométrie est souvent insuffisamment prescrite en MG — penser à la demander devant tout fumeur > 40 ans avec dyspnée ou toux chronique.

Évaluation des symptômes — mMRC et CAT

  • Score mMRC (dyspnée) : de 0 (essoufflement seulement à l'effort intense) à 4 (essoufflement pour s'habiller). Score ≥ 2 = impact significatif
  • CAT (COPD Assessment Test) : 8 questions, score 0-40. Score ≥ 10 = impact significatif

Groupe ABCD (GOLD 2025)

GroupeSymptômesExacerbations
Groupe APeu (mMRC < 2, CAT < 10)0-1 (sans hospitalisation)
Groupe BImportants (mMRC ≥ 2, CAT ≥ 10)0-1 (sans hospitalisation)
Groupe EPeu ou importants≥ 2 ou ≥ 1 avec hospitalisation

Diagnostic de l'asthme

Spirométrie avec test de réversibilité : augmentation du VEMS ≥ 12 % ET ≥ 200 mL après salbutamol → confirme la réversibilité. Test de provocation à la métacholine si spirométrie normale mais clinique évocatrice. Hyperéosinophilie sanguine et IgE totales orientent vers l'allergie.

BPCO — traitement pharmacologique (GOLD 2025)

Groupe GOLDTraitement initialSi insuffisant
Groupe ABronchodilatateur longue durée (LAMA ou LABA)Ajouter 2ᵉ bronchodilatateur
Groupe BLAMA + LABA (double bronchodilatation)Ajouter CSI si éosinophiles ≥ 300
Groupe E (exacerbations)LAMA + LABA ± CSI si éosinophiles ≥ 300Azithromycine hebdomadaire, roflumilast
ClasseExemplesMécanisme
LAMA (anticholinergique longue durée)Tiotropium (Spiriva®), Uméclidinium, AclidiniumBronchodilatation via blocage muscarinique M3
LABA (β2-agoniste longue durée)Salmétérol, Formotérol, IndacatérolBronchodilatation via récepteurs β2
CSI (corticoïde inhalé)Fluticasone, Budésonide, BéclométhasoneAnti-inflammatoire — uniquement si éosinophiles élevés
SABD (courte durée, de secours)Salbutamol (Ventolin®)Bronchodilatation de secours
!
CSI et BPCO. Les CSI ne sont plus recommandés en routine dans la BPCO (GOLD 2025). Indiqués uniquement si éosinophiles sanguins ≥ 300/µL (indication de réponse probable). À éviter si éosinophiles < 100/µL (risque accru de pneumonies). Ne jamais prescrire un CSI seul sans bronchodilatateur dans la BPCO.

Asthme adulte — traitement par paliers (GINA 2024)

PalierTraitement de fondTraitement de secours
Palier 1 (léger intermittent)Aucun ou CSI faible dose à la demandeSABA (salbutamol) ou CSI-Formotérol à la demande
Palier 2 (léger persistant)CSI faible dose quotidienSABA ou CSI-Formotérol à la demande
Palier 3 (modéré persistant)CSI dose faible-modérée + LABACSI-Formotérol à la demande
Palier 4-5 (sévère)CSI forte dose + LABA ± LAMA ± biothérapiesCSI-Formotérol à la demande

Exacerbation de BPCO — prise en charge

Définition : aggravation aiguë des symptômes (dyspnée, toux, expectorations) au-delà des variations quotidiennes habituelles.

SévéritéDéfinitionTraitement
LégèreTraitée à domicileSABD augmenté + corticoïde oral 5 j (prednisone 40 mg) + ATB si expectoration purulente
ModéréeUrgences mais pas USISABD nébulisé + corticoïde IV + O₂ (cible SpO₂ 88-92 %)
SévèreInsuffisance respiratoire / USIVNI (si acidose pH < 7,35) ± intubation
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O₂ et BPCO. Cible SpO₂ 88-92 % (pas 95-98 %) pour éviter la dépression du centre respiratoire chez les hypercapniques chroniques. Ne jamais administrer de l'O₂ à haut débit sans surveillance gazométrique chez un BPCO sévère.

Mesures non pharmacologiques indispensables

  • Arrêt du tabac : seul traitement modifiant la progression de la BPCO
  • Vaccination : antigrippale annuelle, antipneumococcique, COVID-19, coqueluche
  • Réhabilitation respiratoire : améliore la dyspnée et la tolérance à l'effort (si mMRC ≥ 2)
  • Oxygénothérapie longue durée (OLD) : si PaO₂ ≤ 55 mmHg ou SpO₂ ≤ 88 % au repos — améliore la survie
  • Éducation thérapeutique : technique d'inhalation, reconnaître les signes d'exacerbation
À retenir absolument
  • BPCO = VEMS/CVF < 0,70 post-BD (spirométrie obligatoire)
  • Arrêt du tabac = seul traitement modifiant la progression
  • LAMA en 1ʳᵉ ligne (Groupe A/B), LAMA+LABA (Groupe B/E)
  • CSI uniquement si éosinophiles ≥ 300/µL
  • O₂ si exacerbation : cible SpO₂ 88-92 % (pas plus !)
  • Asthme : CSI-Formotérol à la demande dès le palier 1
i

Le cas

M. Moncef L., 63 ans, mécanicien, fumeur actif (40 PA), vous consulte pour une dyspnée d'effort progressive depuis 2 ans, avec une toux matinale productive. Il utilise du salbutamol spray plusieurs fois par semaine. Il a eu 2 exacerbations traitées aux urgences l'année dernière. Spirométrie : VEMS 52 %, VEMS/CVF 0,61, test de réversibilité négatif. mMRC 2. CAT 16.
Tabagisme40 PA actif
VEMS52 % — GOLD 2
VEMS/CVF0,61 (post-BD)
mMRC2
CAT16
Exacerbations2 / an (aux urgences)
1

Classification GOLD

QCM 01
Comment classer M. Moncef selon GOLD 2025 ?
2

Traitement de fond

QCM 02
Quel traitement de fond initier chez M. Moncef (Groupe E, BPCO GOLD 2) ?
3

Oxygénothérapie lors d'exacerbation

QCM 03
M. Moncef est vu aux urgences pour une exacerbation. SpO₂ 84 % en air ambiant. Quelle est la cible d'oxygénation ?
4

Arrêt du tabac

QCM 04
Quelle est la mesure thérapeutique la plus importante pour modifier la progression de la BPCO chez M. Moncef ?
5

Asthme vs BPCO

QCM 05
Un patient de 25 ans sans tabagisme présente une dyspnée sifflante nocturne et à l'effort, soulagée par le salbutamol. Spirométrie : VEMS/CVF 0,68, VEMS +18 % après bronchodilatateur. Quel diagnostic ?

L'arbre décisionnel

Dyspnée / toux chronique > 40 ans + tabac
Spirométrie : VEMS/CVF < 70 % post-bronchodilatateur
GOLD Grade (VEMS %) + mMRC/CAT
GOLD A/B (peu de symptômes)
LAMA (uméclidinium, tiotropium)
ou LABA si préféré
GOLD E (exacerbations fréquentes)
LAMA + LABA
± CSI si éosinophiles ≥ 300
Arrêt tabac + vaccins (grippe, pneumocoque, COVID)
Réhabilitation respiratoire si MRC ≥ 2
Module 12 · Pneumologie · Médecine générale
0/5
Module terminé !